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1月28日 Pars vite et reviens tard.Ah...Les adaptations... Exercice difficile consistant à faire d'un bon livre ou d'un livre à succès un blockbuster ou du moins un film dont la réussite à l'écran sera proportionnelle aux nombres d'exemplaires vendus en kiosques...
Pour mémoire, l'histoire des adaptations est pourtant pavée d'échecs comme autant de bonnes intentions. D'échecs comme de succès retentissants tels "Autant en emporte le vent", ou "Diamant sur canapé", soit, lorsque le septième art restaure sur image l'esprit et non la lettre.
Car là est le hic de toute adaptations, savoir comment traduire sur un support différent les émotions, l'atmosphère, bref, la substatifique moëlle, ce qui fait que le lecteur aime un livre, quitte à sacrifier l'évènement au profit du sentiment.
Là réussissait "Le Parfum", là échoue "Pars vite et reviens tard". Et je prend "Le Parfum" comme exemple à dessein car dans l'oeuvre de Süskind comme de Vargas l'ambience prime et les personnages sont au centre du récit.
L'erreur de Régis Wargnier dans son adaptation est d'avoir cru que les faits chez Vargas avaient un sens.
Grossière bévue quand on travaille sur la traduction en image d'un roman où l'intuition, le passé et le monde évanescent des rêves et des esprits prime sur tout le reste.
Cette boulette s'ajoute à un casting peu homogène, où l'on va du grand numéro (José Garcia, impeccable, Olivier Gourmet, l'homme aux 1000 visages) au cabotinage (Michel Serrault, Marie Gillain), en passant passant par le mauvais (Lucas Belvaux, minable).
Non seulement Wargier privilégie les effets de mise en scène et l'action, mais en plus il décide de modifier l'intrigue en y greffant une sombre histoire de trafic en Afrique, sans doute placée pour rationaliser l'intrigue principale telle que l'avait conçue Vargas : un comble.
Hérétique et improbable, ce film ne saurait se conseiller, au contraire du livre, à consulter de toute urgence. Néanmoins, pour les fans de José Garcia, sa performance vaut le détour et permet de se rendre compte à quel point Jean Baptiste Adamsberg n'a rien à envier à un certain Sherlock Holmes, bien au contraire.
1月15日 Les Entonnoirs 2007.L'année 2006 des Entonnoirs en quelques chiffres :
- 71 films vu entre janvier et décembre.
- un nombre de tickets de cinéma incalculable (comment çà il devrait y en avoir 71 ? Ben non, j'en ai vu en double et d'autre en triple et certains en dvd...)
- environ une soixantaine de café crême super méga bon avant et/ou après la séance (comment çà "on ne se refuse rien" ? Et alors ?)
- des litres et des litres de salive après visionnage pour causer, comparer, argumenter.
- 8 bouts de doigts endoloris par le tapotage sur le clavier (oui, je ne tape qu'aec huit doigts. Ceux qui savent faire du traitement de texte avec 10 plus les orteils sont priés de ranger leurs sarcasmes dans leur poche. Mais en comptant mes doigts pendant que j'écris là, je constate qu'en fait, j'en utilise surtout 4 de la main gauche et un de la main droite. Et pourtant, je suis droitière...Mystère...)
- 6 films ayant récolté 4 étoiles.
- trop de bons réalisateurs.
- Trop de bons acteurs.
- pas assez d'actrices (encore...).
- un navet.
- des commentaires toujours plus nombreux (mais ce n'est pas une raison pour se reposer sur ses lauriers. Bougez vous bon sang !)
Bref, l'année cinéma 2006, se ne fut que du bonheur ou presque. Après un début d'année fulgurant (Jarhead, Lord of War, Brokeback Moutain, Le Nouveau Monde...), nous avons tout de suite enchainé sur un festival de Cannes plein de choses plus ou moins bonnes, suivit d'un été d'une médiocrité affligeante. Heureusement que le rentrée fut riche et bigarrée (Le Parfum, le Labyrinthe de Pan, Je vais bien ne t'en fais pas, Indigènes), et la fin d'année du même acabit (Les Inflitrés, Casino Royale, The Fountain...).
Bref, un cru excellent, mais surtout prétexte à des arrachages de cheveux afin de définir qui aura été le meilleur.
J'annonce donc la mise en ligne prochaine des nominations, dès que je trouverai le temps de me plonger là dedans (genre en pleine nuit, c'est bien çà...).
Sachez seulement que pour l'instant, postulant à l'Entonnoir du meilleur film, il y a pas moins de 7 films...
On va se marrer, c'est moi qui vous le dis... 1月14日 Apocalypto.Encore une fois, je ne peux que me poser cette question : les critiques cinéma voient ils le même film que les gens normaux ?
La réponse me semble encore une fois non...
Encensé par les uns, démoli par les autres, Apocalypto souffre, à n'en pas douter, de l'aura sulfureuse dont s'entoure désormais Mel Gibson.
Pourtant ici, pas de quoi crier au chef d'oeuvre. Oh, bien sûr, il y a l'emploi de la fameuse Genesis, une caméra numérique permettant d'accentuer l'impression de vitesse, et quelques morceaux de bravoure question mise en scène, mais le tout ne va pas chercher plus loin qu'une simple course poursuite dans la verdure aux faux airs de Predator (si si...). De même, le scénario est d'une banalité affligeante, ou d'une simplicité évangélique (je préfère la seconde option...), selon le degré de tolérance du spectateur :
Patte de Jaguar est un jeune chasseur au cuissot alerte et à l'oeil vite, dont la vie dans une petite tribu maya de la jungle se déroule entre les parties de saute-tapir, les plaisanteries grivoises avec les copains, son fils et sa femme enceinte jusqu'aux yeux. Bref, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, jusqu'au jour où d'autres mayas déboulent obsidienne au clair pour rafler tout le monde dans le village.
La suite propose un long voyage clôt par une vision apocalyptique d'une cité état maya au moment de l'effondrement de leur civilisation, une scène de sacrifice dantesque, une variante du tir au pigeon, et la fameuse course poursuite dans la jungle souvent halletante, mais jamais vraiment angoissante.
Vous l'avez compris, jusqu'ici, pas de quoi s'affoler. Et pourtant, Apocalypto se sauve tout seul du naufrage de part son traitement de la civilisation maya exempt de tout kitsch, et proposant dans une séquence longue et délirante, un panorama d'une cité sur le déclin et d'un peuple aux abois, suppliant ses dirigeants aussi manipulateurs qu'inquiets de leur avenir.
Ajoutez à cela un vrai casting de gueule bien aidé par des costumes et maquillages somptueux, et vous obtiendrez un film à l'esthétique presque impeccable, même si Mel Gibson massacre allègrement la jungle qu'il ne sait pas filmer comme Malick (cf. la perfection visuelle de La Ligne Rouge).
Dommage cependant que les imperfections, maldresses et autres incohérences viennent encombrer un film qui aurait sans doute gagné à davantage de rigueur. On ne peut en effet s'empêcher de faire le parrallèle entre Apocalypto et Gladiator, deux films à prétexte historique contant des intrigues toutes simples censées être sublimées par la patte de réalisateur.
Essai loupé pour Gibson, malheureusement, car le projet avait une vraie belle ambition et l'immersion totale dans le monde maya aurait pu être vraiment réussie (l'emploi exclusif du yucatèque y est pour beaucoup).
L'impression de gachis est accentuée par cette intervention "cheveu sur la soupe" des Espagnols à la fin, infligeant à l'histoire un grand écart de 600 ans et quelques entre leur arrivée et la chute de l'empire maya.
Note : **
(ps : à tous nos amis qui aiment les animaux, on a retrouvé une cousine du lion Clarence de Daktari, la panthère d'Apocalypto louche presque autant que lui...) 1月10日 Hollywoodland.Lorsque le héros déchu de la série télévisée Superman meurt d'une balle qu'il se serait lui même logé dans la tempe, la police, le commun des mortels et les médias concluent immédiatement à un suicide, la faute au système hollywoodien qui fait et défait les carrières au gré des fluctuations de marché.
Seulement, pour la mère de George Reeves, les choses ne sont pas aussi simples et il ne fait pour elle aucun doute que son fils ait été assasiné, ce qui la pousse à faire appel aux services d'un détective privé chargé de démêler l'écheveau de cette affaire.
Sans avoir l'air d'y toucher, Hollywoodland bouscule en finesse tous les clichés du genre, à savoir l'enquête policière comme une plongée en apnée dans ce miroir aux alouettes.
Tout d'abord, en s'intéressant au destin et à la mort tragique d'un simple acteur de série et non pas aux stars et starlettes habituelles. La vie de George Reeves a ceci de bouleversant qu'elle est l'illustration parfaite de la méthode de broyage et de mise au rencard pratiquée à Hollywood, moins soucieuse des hommes que des dollars à amasser
Au fil de l'enquête, on entre par la petite porte dans cet univers de la seconde zone, où les vedettes du petit écran sont payées à coup de lance pierre et cantonnées à un seul et unique rôle. Bienvenue aux marges du système, à la périphérie des pailettes, là où l'on rêve d'être celui qui pose au premier plan avec Rita Hayworth alors que l'on occupe que le fond de l'image.
Soutenu par un bon casting (oui, même Ben Affleck), le scénario mélancolique joue les faux semblants, les fausses pistes, avec toujours un pied dans la fiction et le rêve, tandis que l'autre reste fermement campé dans la réalité.
Libre au spectateur de croire ensuite ce qu'il veut.
Note : ***
1月2日 Et pourquoi il n'y aurait que Première à pouvoir faire un Top 15 pourri ?Sans doute mon magazine ciné préféré, Première cultive avec art la compilation d'articles de fond, de critiques érudites, de scoops top classe, et de classements des meilleurs films de...(l'année, la décénnie, le siècle, le millénaire...) totalement stupides.
Sans vouloir jouer les reines du bon goût en matière de cinéma, il y a des jours où, il faut admettre, non, c'est non... Ainsi, si "Les Inflitrés" est loin d'être un mauvais film, je ne vois pas trop ce qui en ferait comme çà d'office, le film de l'année 2006, tel que l'on peut le découvrir sur le dernier numéro du magazine étalant sur deux pages un Top 15 délirant. Jugez plutôt :
1/ Les Inflitrés.
2/ Good night and good luck.
3/ Munich.
4/ Le Nouveau Monde (quatrième, mais çà va pas la tête ? quoi, comment çà je ne suis pas objective?).
5/ Borat.
6/ The Host.
7/ Little Miss Sunshine.
8 /Les Fils de l'Homme.
9/ Le Secret de Brokeback Mountain.
10/ Black Book.
11/ Volver.
12/ Babel (c'est une blague, c'est bien çà?).
13/ Enfermés Dehors.
14/ Coeurs.
15/ The Fountain.
Bon, vous l'aurez remarqué, la survalorisation des films de la fin de l'année qui n'ont pas grand chose à faire ici : Black Book est certes bon, mais franchement, de là à le mettre dans la liste des tous meilleurs...Faut pas pousser mémé... Babel n'est qu'une vaste escroquerie sur laquelle je ne reviendrai pas... Coeurs semble davantage une caution "on n'a pas assez mis de films français !!!".
Vous aussi çà vous agace ? (vous pourriez dire oui quand même ?) Alors voilà mon classement à moi, mon Top 15 un chouia plus juste (si si vous allez voir ! faites comme si vous étiez convaincus...), et en plus, avec les raisons de mon choix.
1/Le Nouveau Monde : ceux qui ne sont pas d'accord n'ont qu'à sortir.
2/The Fountain : parce que le fond sert la forme et vice versa, et que l'ensemble est magistral.
3/Marie Antoinette : une réalisation délicate, une interprète fabuleuse, une biographie très personnelle de la reine d'une grâce absolue. Ou comment, en détournant la réalité, on peut plus facilement toucher la vérité.
4/Le Secret de Brokeback Mountain : le mélo magnifique de l'année.
5/Vol 93 : l'acte de bravoure de l'année, terriblement intense et parfaitement réussi.
6/Le Parfum : l'adaptation impossible qui a su respecter l'esprit en contournant la lettre. Le résultat, une oeuvre hypnotique et ambitieuse résolument magique.
7/ex aequo
Jarhead : interprétation, réalisation, scénario, tout fusionne en un cocktail explosif pour cet anti film de guerre jouissif.
Mémoires de nos pères : parce que faire un film SUR la guerre n'est pas facile et que Clint Eastwood s'en tire avec une intelligence et une grâce qui n'appartiennent qu'à lui.
8/Le Labyrinthe de Pan : la mécanique du conte dévoilée avec pudeur, poésie, magie et une beauté peu commune. Le film le plus enchanteur de l'année.
9/ex aequo
Romanzo Criminale : des accents de tragédie grecque pour ce drame italien noir, intense (comme un expresso...Ouais çà va, je sais....) très joliment interprété.
Lord of War : sans doute le meilleur film politique de l'année, avec ce ton cynique inimitable et irrésistible (un peu comme Nicholas Cage).
10/V pour Vendetta : l'adaptation de comics de l'année, fine, profonde et riche.
11/ex aequo
Quand j'étais chanteur : parce que faire passer cette romance sur fond de baloche avec autant de finesse et de grâce relève de l'exploit, et parce que le tandem Gérard Depardieu Cécile de France est tout simplement magique.
The Queen : scénario intelligent et équilibré, actrice vraiment bluffante, réalisation à la hauteur de son sujet...
12/Borat : la comédie de l'année, sachant lier bidonnage et critique de fond (si si).
13/Azur et Asmar : parce que même les enfants en ont marre qu'on les prenne pour des cons (suivez mon regard insistant sur Dreamworks), Michel Ocelot sort un bijou aussi beau que riche en contenu, sans perdre un instant son jeune public des yeux. Et de nos jours, c'est rare...
14/Inside Man : réalisation nerveuse et virtuose, casting et personnages vraiment truculents, sans plus de cérémonie, mesdames, messieurs, le polar de l'année !
15/ex aequo
Casino Royale : le divertissement est de très grande classe, et la franchise James Bond se réinvente. Que demander de plus ?
Miami Vice : le grand film malade de l'année prendra sa valeur avec le temps qui passe. De défauts qui rendent l'ensemble encore plus attachant. The Fountain.Alors que son épouse Izzie meurt à petit feu d'une tumeur au cerveau, Tommy se perd dans ses recherches et expérimentations sur les animaux pour tenter de la sauver. Pendant ce temps, sa femme écrit un roman, "The Foutain" où elle conte la quête d'un conquistador dela reine Isabelle de Castille au XVIème siècle, vers l'arbre de vie. Dans un futur lointain, Tommy cherche encore et toujours des réponses à ses questions en flottant dans une bulle qui dérive dans l'espace...
Non, je n'ai pas abusé pendant le réveillon au point de délirer à plein régime sur le résumé de ce film. Darren Aronofsky en revanche, oui.
Cela dit, si délire il y a, un n'est qu'apparent, et surtout totalement éphémère, tant la puissance, la maturité et la clarté de "The Fountain" écrasent tout sur leur passage, y compris les quelques doutes carressés à la vue d'un Hugh Jackman chauve en train de méditer en position du lotus dans une bulle spatiale voguant vers une nébuleuse.
Pourtant, quoi de plus casse gueule que les thèmes de l'amour et de la mort, sujets à fort potentiel niaiseux et tire larme ?
Voilà justement autant d'écueil que Aronofsky évite avec un talent aussi rare que précieux, en s'appuyant avec confiance sur ses deux interprètes, Hugh Jackman et Rachel Weisz, cadrés à hauteur de regard, totalement investis par leurs personnages et parfaits de bout en bout. Facile, celà dit, de faire confiance face à un scénario si bien écrit que les bizarreries de la narration deviennent au final de nécessaires miroirs donnant aux personnages les clés de l'histoire.
Facilement comparé à "2001, Odyssée de l'espace" de Kubrick, "The Fountain" se rapproche pourtant plus aisement du "Nouveau Monde" de Malick, peut être même encore davantage de "La Ligne Rouge" de part le thème abordé et le message final. Avec une forme bien moi allégorique et plus directe, Aronofsky disserte sans en avoir l'air de l'acceptation de la mort et de sa nature profonde, risquant le tout pour le tout à avancer une réponse audacieuse mais logique et rassurante.
L'emploi habile des deux personnages centraux et leurs cheminements respectifs est une force incontestable du scénario. Si Izzie accepte et se prépare à partir sereinement, Tom lutte et refuse, se rendant ainsi incapable de comprendre son épouse, laquelle ne trouve d'autre moyen pour s'exprimer que d'écrire son livre, exortant son mari à y ajouter le final libérateur.
Visuellement époustouflant, d'une profondeur et d'une richesse rares, "The Fountain" est sans doute un des plus grands films de cette année 2006, ce qui n'est pas peu dire vue la richesse de ce millésime.
Tout simplement magistral.
Note : **** |
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