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28 décembre Eragon.Rooh que c'est facile ! Que c'est facile de démolir un film adapté d'un ersatz de livre que j'ai ici personnellement voué aux gémonies...
Hyper fastoche même...
Seulement, il faudrait un max de mauvaise volonté pour écrire ici que le film est encore pire que le livre, déjà archi mauvais.
Comme quoi un livre médiocre peut donner un film acceptable, regardable et aisement consommable. Sans qu'il reste dans les annales. Il ne faut pas rigoler non plus.
Premier point, on dégraisse l'histoire. Exit les longs palabres sur la mère d'Eragon, les étapes de la croissance de Saphira. Ici, on est archi pressé de boucler l'histoire en moins de deux heures, pour que les Kevin au fond de la salle puissent fixent leurs neurones sur les images qui bougent suffisament longtemps.
Deuxième point, comme on part d'un livre qui plagie éhontément qui Tolkien, qui George Lucas, qui Anne Mac Caffrey, ici, on choisit d'assumer les références et on les affiche. Ainsi on cramera le cadavre de l'oncle dans sa ferme, comme dans Star Wars, on collera au héros blondinet et coupe au bol un plan de méditation face soleil couchant et on lui fera porter un manteau de jedi vers le milieu du film.
Troisième point, on nappe le tout d'une esthétique kitsch qui rapelle davantage "Willow" que le "Seigneur des Anneaux", ce qui a le mérite de ne pas faire d'"Eragon" une piètre décalque. En fait ici, on n'a pas l'ambition dévorante, on fait juste un film de dragon et on se donne les moyens pour que cela marche.
Les moyens tiennent dans un casting prétendument première classe, où Jeremy Irons campe un honnête Obi Wan Ken... euh, Brom, le vieux et sage instructeur du héros, où John Malkovitch ne fait rien de bon dans le rôle du roi, se contentant d'être là, comme si c'était déjà pas mal.
Sorti de là, on frise l'indigence, voir le ridicule, pas tant la faute aux acteurs, allant de médiocre à mauvais, qu'à des rôles nullos inssauvables, même par des membres de l'Actor Studio.
Dans le rôle titre, Ed Speller semble avoir davantage besoin d'une bonne paire de lunette que d'un dragon (sic les plissements d'yeux dès qu'il faut regarder au loin), mais s'en sort plutôt bien, sans doute parce qu'il s'amuse sincèrement à jouer ce rôle. On est super content pour lui...
Comme dans le livre, Arya ne sert à rien d'autre qu'à frétiller de la cuisse et à attirer des ennuis, l'interprète tenant la palme de la plus mauvaise composition du film avec celui de Murtagh.
Mais un mot sur celle qui fait déplacer ls foules, celle pour qui tout le monde vient voir Eragon, à savoir Saphira, la dragonne.
Toute choupinette étant petite, elle devient franchement laide en grandissant, avec ses ailes à plume et son museau rond, pas franchement aidée par une voix off qui lui donne des airs de cagole draconique... On fait ce que l'on peut...
Sans être un navet, sans être totalement mauvais, sans être totalement réussi, "Eragon" reste regardable (malgré une réalisation franchement médiocre), peut être pas non plus au cinéma (il y a des gens qui payent...), sauf si comme moi, vous êtes fous de dragons. Dans ce cas, si vous n'avez pas peur de vous frotter à la première dragonne pétasse de l'histoire... 27 décembre Coucou, c'est encore moi !Alors quoi, on se croyait débarrassé ? On se disait que l'on aurait plus de billets de trois mètres de long à lire ?
Pas de bol, la reine des de retour, et elle est très motivée.
Bon, mot d'excuse d'abord pour le silence radio prolongé, mais les fêtes de Noël et tout ce que cela comporte d'achat de cadeau, de repas de famille et tout le reste, cela ne me fait pas beaucoup de temps pour aller au cinéma.
Mais ne vous en faites pas, sachant que ma carte UGC arrive à échéance le 30 décembre à minuit, je compte bien lui accorder une enterrement de première classe. Et sachant tout ce qui sort et est sorti en ce moment, il y a du boulot !
Bon autre excuse, deux phénomènes conjugués m'empêchent d'accéder normalement à MSN en ce moment, à savoir l'acquisition d'un nouveau PC et l'installation de Internet Explorer 7 qui bloquent mon accès neuf fois sur dix.
En espérant régler le problème au plus vite, je vous dis à bientôt, parce que maintenant je file, j'ai un tas de chocolat qui m'attend ! ;)
18 décembre Arthur et les Minimoys.Ecrit avec deux mains gauches et réalisé avec les pieds, "Arthur et les Minimoys" réussit l'exploit de faire passer le reste de la filmgraphie de Luc Besson pour du grand art, et confirme le sentiment de soulagement que l'on avait ressenti lorsque le réalisateur avait annoncé que ce film serait son dernier.
On commencera donc par parler du scénario, insultant l'intelligence de tout enfant de plus de trois ans.
Simpliste et, visez un peu le paradoxe, tellement embrouillé et bourré d'incohérences que l'on se demande si justement, ce n'est pas un enfant de moins de trois ans qui l'a écrit, il plante, d'emblée, une sévère épine dans le pied d'Arthur avec son salmigondi de n'importe quoi, de pistes non exploitées, de références mal employées et d'humour foireux tout juste bo à faire marrer un chiard saturé de vapeurs pop-corn/coca.
Ainsi, entre autres choses, on se demande quoi sert la fameuse épée magique, sinon à un petit clin d'oeil à la légende arthuriene (d'où le nom du personnage, parce que Luc Besson a de la culture ! Z'avez vu ?), ou comment une porte en bois peu retenir les trombes d'eau qui se déversent sur le royaume des Minimoys.
Et on continue par une réalisation qui visiblement a confondu effet stroboscopique et cinéma à tel point que l'on frise le décollement de rétine, les scènes d'action étant bien souvent aussi traumatisantes de que "Domino" de Tony Scott. Ceux qui s'en souviennent et pansent encore leurs plaies occulaires comprendront.
Entre les couleurs criardes de notre monde, les images saccadées dès que le rythme du scénario passe la seconde, l'infortuné spectateur passe un moment bien pénible à tenter de comprendre ce qu'il voit à l'écran. Lisibilité zéro, cohérence nulle, virtuosité aux abonnés absents, on frise de degré ultime de l'incompétence.
Un petit mot sur le casting tout de même, où il ne me viendra pas à l'idée de critiquer ce pauvre Freddy Highmore qui dans le rôle titre fait ce qu'il peut, mais on reviendra sur la grand mère, incarnée par Mia Farrow, pour une raison que l'on a du mal saisir tant son visage figé a botox jure avec ses robes fleurs campagnardo-authentiques.
Passons aussi sur les parents, inutiles et ridicules, dont les rôles auraient aussi bien pu être supprimés, histoire d'accentuer un peu plus sur les aventures dans le monde des Minimoys, et de prendre ainsi plus de temps pour poser les actions.
Un fait étrange signaler : pour la première fois chez Besson, les policiers ne sont ni abrutis congénitaux, ni salauds finis (alors Luc, c'est le film de la maturité ? Z'avez vu ?).
Restent bien entendu les Minimoys et la belle recherche visuelle que constitue leur univers, entièrement "nature". Dommage que l'on ne puisse apprécier tout cela sereinement.
Note : * (pour le travail sur les Minimoys.) 10 décembre Mauvaise Foi.Clara, psychomotricienne, vit avec Ismael, professeur de piano, depuis quatre ans. Pour couronner le tout, le petit couple modèle vient d'apprendre que mademoiselle attend un enfant.
Seulement voilà, maintenant que leur relation devient particulièrement sérieuse, l'un comme l'autre réalise que le moment est venu de présenter son conjoint à sa famille.
Et c'est bien là le hic car si Ismael est musulman, Clara, elle, est juive haschkenaze. Forcement le cocktail sera détonant...
Roschdy Zem, que l'on sait bon, voir très bon acteur depuis longtemps, passe donc de l'autra côté de la caméra, secondé par son ami, Pascal Elbé, co scénariste de cette "Mauvaise Foi". Rajoutons qu'en prime, il se paye le luxe de réunir Cécile de France et Jean Pierre Cassel, sans compter une foule d'autres, pas aussi connu, mais non moins talentueux (toujours aussi géniale, la petite Leila Bekhti).
L'histoire, basique, est traitée de façon légère, pour un sujet tout de même grave, mais justement assez dédramatisé par passer comme une lettre à la poste. On comprend très vite que les problèmes d'Ismael et de Clara, s'ils sont intimement liés à l'actualité et à l'histoire, sont avant tout totalement artificiels, crées par un contexte où tout le monde regarde tout le monde non pas comme ce qu'il est, mais comme ce qu'il représente.
Cela dit, le film n'élude pas non plus les vrais problèmes, comme ces scènes où l'un comme l'autre campent sur leurs positions et leurs religions, ce qui provoque immanquablement des conflits insurmontables.
On s'attache très vite à ses personnages embarrassés de superflu au point d'oublier l'essentiel, grâce au talent des acteurs, mais aussi à des dialogues qui font mouches, des situations cocasses sans être outrées.
En bref, un moment de cinéma agréable et raffraichissant, souffrant malheureusement d'une fin un peu faiblarde et convenue. Pas bien grave malgré tout.
Note : ** 4 décembre Les Infiltrés.Ce qu'il y a de bien quand on s'appelle Martin Scorcese, c'est que cela fait maintenant des lustres que l'on a plus rien à prouver à personne. Cela dit, quand on s'appelle Martin Scorcese, on n'est pas non plus du genre à se reposer sur ses lauriers, et c'est tant mieux.
Au départ, "Les Infiltrés" sonnait un peu comme une mauvaise blague. Le film, annoncé depuis longtemps, se présentait comme un remake de "Infernal Affairs", excellent polar hong kongais qui mettait en quelques scène au recard toutes les productions hollywoodiennes de l'époque (d'ailleurs, cela dit en passant, qui donne encore aujourd'hui une bonne claque à l'immense majorité). Certes, savoir Martin Scorcese aux commandes rassurait le péquin moyen, mais la perspective de voir Matt Damon et surtout Leonardo Di Caprio dans les rôles principaux n'enchantait pas vraiment.
C'était avant "Aviator".
Depuis, on a appris à respirer un grand coup de soulagement en voyant le nom de l'ex "roi du monde" apparaitre dans un générique.
Transposée à Boston, l'intrigue suit plus ou moins scrupuleusement la trame de l'original, à savoir l'histoire nerveuse et angoissante de deux sous marins, l'un truand inflitré dans la police, l'autre policier infiltré dans la mafia, qui prennent peu à peu conscience de l'existence de l'autre et doivent jouer serrer afin de se coincer sans compromettre leurs couvertures.
Un tel sujet, on le sent tout de suite, trimballe un énorme potentiel qui ne peut en contrepartie souffrir une réalisation approximative ou un casting bancal.
Scorcese évite avec son brio habituel les deux écueils. Le premier, par une caméra nerveuse, un montage déboussolant, brouillant les repères temporels (on saute facilement deux jours en arrière, pour revenir le plan d'après quatre jours plus tard), totalement au service de ses personnages, tous particulièrement savoureux et servis par des interprètes de premier choix.
Si Matt Damon inspire toujours autant une grosse envie de tarte dans sa figure, il travaille au cordeau un rôle de mafieux chez les flics, tout en assurance, en épate et en melon hypertrophié, basculant peu à peu dans une schizophrénie inquiétante.
Leonardo Di Caprio, quant à lui, a définitivement noyé Jack Dawson quelque part entre "Gangs of New York" et "Les Inflitrés". Constamment sur la brêche, la peur au ventre et un taux d'adrénaline à faire exploser tous les andrénalinomètres, sa composition sur Billy Costigan est une pierre angulaire dans son jardin pour laquelle il mériterait des deux pieds et des deux mains un oscar. A l'opposé du personnage de Matt Damon, le sien n'est que failles, paradoxalement salvatrices, car elles seules lui permettent de ne pas oublier qui il est.
Face à lui, le grand, très grand jeu de sourcil de Jack Nicholson, savoureux en parrain multi facette, parfois peut être proche du cabotinage, mais toujours bien recadré, les excès de l'interprête servant finalement les traits du personnage.
Ajoutez une galerie de rôles secondaires truculents (les mafieux, les flics pas piqués des vers...Mark Walberg en tête...), qui achèvent de donner à ce film des allures d'original tant Scorcese s'approprie le matériau et le transforme en pur produit américain très haut de gamme.
Comparer "Les Infiltrés" à "Infernal Affairs" n'a donc absolument aucun sens, chacun ayant sa personnalité, son univers, sa patte, l'un comme l'autre élevé au rang de chef d'oeuvre.
Note : *** 1 décembre Black Book.Il était temps, après vingt ans d'absence, Paul Verhoeven revient en Hollande. Exilé volontaire aux USA pour cause de contrôle excessif de l'état sur l'industrise cinématographique, il aura tout de même eut le loisir de prouver en quelques films, d'une son talent, de l'autre la cruelle perte que la Hollande a donc subi (mais ce pays n'a pas de chance avec ses réalisateurs, décidement...).
Nanti d'une filmographie hétéroclyte ("Robocop" y cotoyant gaiement "Basic Instinct" et "Starship Troopers"), le voilà donc de retour dans la mère patrie, s'attaquand cette fois à une histoire vraie, celle d'un avocat hollandais qui tenta de faire aboutir les négociations entre le haut commandement allemand et la Résistance de La Haye, afin d'éviter les exécutions sommaires que provoquaient immanquablement les attentats. L'avocat possédait, entre autre, un petit carnet noir dans lequel était noté les noms de traites et de collaborateurs, qui fit découvert juste après son assassinat, quelques jours après la Libération.
La fiction rejoint donc l'Histoire par le biais de Rachel, jeune hollandaise forcée de se cacher parce qu'elle est juive et qui, à la suite d'un concours de circonstances pas si hasardeux que cela, verra toute sa famille assassinée devant ses yeux. Ce massacre la conduira à entrer dans la Résistance où elle deviendra informatrice, en devenant la maîtresse du chef de la Gestapo.
D'un point de vue purement basique, Black Book est une demi réussite. La distribution, en demie teinte n'emballe pas vraiment, le scénario, saturé de rebondissement et de complots à quadruple détente pèche par quelques incohérences malvenues (fusillades dans les rues désertes de La Haye en pleine journée ??? Rachel vivant séparée de sa famille pour qui pour quoi ??? Fuites imprudentes en pleine rue totalement hostile ???), et si la réalisation est particulièrement efficace, elle ne semblera pas non plus transcendante.
Seulement, Verhoeven cache bien son jeu en imposant au milieu de son film mené tambour battant, une vision de la guerre renouvelée et destabilisante. A travers quelques personnages clés, on découvre non pas un conflit entre gentils résistants et méchants nazis mais entre hommes, les craintes et les motivations de chacun exacerbées par l'issue proche de la guerre. La galerie de portraits se trouble donc bien vite, au dela des idées reçues, instillant un certain malaise tout d'abord, puis un profond sentiment d'empathie, motivé par l'humanité des personnages, cette détestable humanité qui vous faire dire tout et son contraire. Ainsi Verhoeven met face à face et sans leurs oripaux officiers SS et résistants, filme les prisons d'après la libération sans concession, en fin de compte n'hésitant pas à mettre l'homme devant ses horreurs, et l'imbécilité de ses justifications.
Au final, on pourra dire de "Black Book" qu'il est un film ambitieux et sans doute aussi anticonformiste, à rapprocher de "La Chute", en tant que précurseurs d'une nouvelle tendance à désormais pouvoir parler de cette guerre sans s'encombrer des fantômes du passé, avec une objectivité naissante permettant de replacer l'humain dans l'horreur et l'absurde, là même où on a si facilement tendance à le nier.
Mais il est difficile de se voir renvoyer l'image de nos propres paradoxes...
Note : **/* (le scénario est trop souvent patraque pour être totalement convainquant...) |
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