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29 mai Volver.Si Pedro Almodovar s'inventait, son double réaliserait sans doute "Volver".
Archétype de ses productions, son dernier film semble réinventer son style, réaffirmer ses codes.
Prenez donc deux soeurs, Raimuda et Solé, la fille de la première, Paula, la mère des deux frangines morte dans un incendie, des secrets de famille et des situations un peu tirées par les cheveux, pour se sortir de pétrins pas possibles.
Rajoutez un réalisteur au sommet de son art de filmer, habillant la pellicule de couleurs éclatantes, et filmant les femmes comme personne.
Seulement voilà, dans ce joli plat manque un ingrédient : le sel.
Eh oh, Pedro ? Tu t'es endormi sur le scénario ?
L'histoire de "Volver" part d'un très bon pied. Comme toujours les personnages sont particulièrement bien travaillés, mais l'intrigue sonne creux. Alors que le récit s'annonce comme comportant de nombreux tiroirs, chacun des ressorts se retrouve grillé avec une rapidité confondante. Il n'est aucune des révélations que l'on ne sente venir à 3 kilomètres.
Et cela laisse une impression de vide, voir de râté, fort dommage, d'autant plus que le film est admirable de bout en bout, tant par l'esthétique, que par un casting incroyable.
Penelope Cruz est lumineuse, multiple, incroyable. Parfaitement dirigée, elle livre le meilleur d'elle même sous la caméra d'un réalisateur qui, c'est manifeste, l'aime. De quoi faire oublier ses prestations hollywoodiennes qui ne rendent absolument pas justice à son talent.
Alors comment qualifier autrement "Volver" que de film académique ? Sans être, à mon avis, une oeuvre majeure, il contient tout ce qui fait le cinéma d'Almodovar, mais n'atteient pas un "Talons Aiguille" ou un "Tout sur ma mère".
28 mai Cannes 2006 : le plamarès.La cérémonie, impeccablement présentée par Vincent Cassel (il faut le dire), vient de s'achever, et dans le cas où vous ne l'auriez pas regardée, et avant que la nouvelle n'arrive à vos oreillles par d'autres voies, je vous livre donc l'information du jour :
La Palme d'Or vient d'être attribuée à Ken Loach, pour "Quand le vent se lève", un film évoquant la guerre civile en Irlande dans les années 20, et le destin bouleversé de deux frères.
C'est la troisième fois que Ken Loach est primé à Cannes, puisqu'il avait déjà obtenu deux prix spéciaux du jury auparavant. Grand habitué de la Croisette, il lui aura fallu attendre sa 15ème présentation de film pour enfin accéder à la récompense suprême.
Concernant les autres résultats, les archi favoris ne partent pas les mains vides mais peut être un peu déçus.
"Flandres", de Bruno Dumont, reçoit le prix spécial du jury.
Le prix du scénario va à Pedro Almodovar pour "Volver"qui récolte aussi le prix d'interprétation féminine pour l'ensemble de son casting.
C'est Innaritu et "Babel" qui raflent le prix de la mise en scène, unique récompense pour le favori des sondages.
Quand au prix d'interprétation masculine, il va vu récompenser l'ensemble du casting de "Indigènes" de Rachid Bouchareb, ce qui, avec la récompense chorale de "Volver", constitue un fait sans précédent dans l'histoire du festival.
Un palmarès un peu prévisible pour ce qui est des noms des lauréats, même si le tiercé semble arriver dans le désordre. On attendait par exemple d'avantage Innaritu au scénario et Almodovar à la réalisation. Quand aux prix d'interprétation, si on voyait bien Penelope Cruz repartir seule avec sa mini palme, on ne prévoyait pas trop celui d' "Indigènes", agréable surprise de la soirée.
Je serais un peu méchante, je dirais que le jury a eu quelques difficultés à départager "Volver" et "Babel" et que, en leur attribuant une gros prix chacun, a coupé la poire en deux, et décidé de calmer tout le monde en choisissant le film de Ken Loach, qui avait laissé une belle impression au début du festival mais que l'on avait un peu oublié entre temps.
Un syndrôme Oscar 2006, en somme...
Ce qui n'enlève rien à la qualité de "Quand le vent se lève", qui dirigé par un tel réalisateur, peut difficilement être mauvais.
Aux coppolistes les larmes de déception, celles ci annoncées par l'absence de la réalisatrice de "Marie Antoinette", dont la tête aura donc une seconde fois roulée (voir une troisième, si l'on compte la cabale à l'issue de la projection mercredi dernier). Je me joins donc au concert des pleurs et des cris (et je vais de ce pas me consoler devant "Virgin Suicide", tiens...) 27 mai "Remboursez nos invitations !"Voilà, Cannes, c'est presque fini. Après une semaine et un peu plus de projections, réceptions, petits fours, starlettes, pétasses, crâneurs et blaireaux en tout poils, c'est le dur retour à la réalité, matérialisé par la cérémonie de clôture.
Car oui, lundi matin, pour certains, se sera la gueule de bois.
Qui noyera son chagrin dans des litres de champagne ?
Qui essuyera ses larmes dans les jupes de Monica Bellucci ?
Qui se mouchera dans les branches des palmiers de la Croisette ?
Qui devra adopter le look Wong Kar Waï (les lunette noires, même la nuit) pour cacher ses petits yeux bouffis ?
Réponse demain soir, aux environs de 18h30-19h, pour la dernière montée des marches, suivie de la cérémonie qui sacrera .... chut, chut ! Pas de marques !
26 mai Croisette, bronzette, Marie Antoinette...Pour mon grand malheur, les festivaliers ne semblent toujours pas vouloir faire remonter l'Autrichienne dans le classement.
A 3 jours de la cloture du festival, c'est encore et toujours "Babel" qui joue les favoris, suivi par "Volver" (j'ai l'impression de me répèter...), avec "MA" en embuscade.
La grande question est maintenant, qui des deux repartira avec la palme en chocolat, à avoir le prix spécial du jury ? Qui se mouchera le soir de la cérémonie dans son parchemin entouré d'un ruban de satin rouge ? Qui maudira Wog Kar Waï et ses Raybans ? Marie Antoinette.Et voilà, c'est toujours comme çà. Quand on doit critiquer un chef d'oeuvre, on ne sait jamais comment commencer.
Alors je pourrais entamer mon billet en disant que Sofia Coppola est un génie qui en une seule réalisation parvient à renouveler totalement le genre du film historique.
Et je pourrais continuer en écrivant que "Marie Antoinette" n'est justement pas un film historique.
Si l'on doit effectuer une comparaison, se ne sera pas du côté d'un "Révolution" ou encore de "L'Allée du Roi", mais plutôt aux alentours du "Portrait de femme" de Jane Campion. Encore que.
"Marie Antoinette" n'appartient qu'à Sofia Coppola. Qu'à sa caméra gracieuse et son génie scénaristique.
Le film navigue dans les eaux connues de la réalisatrice, celles du passage de l'état d'adolescente à celui de femme. Le tout en milieu hostile.
Les vierges suicidées se trouvaient mises en danger par leurs propres parents, l'héroïne de "Lost in Translation" par un univers qui lui est totalement étranger.
Marie Antoinette est à cheval entre ces deux histoires.
Mariée à 14 ans au dauphin de France, elle abandonne, trop jeune, le cocon rassurant de la famille impériale autrichienne pour le monde froid et codifié de Versailles.
Si l'enfant est pleine de bonnes volontés, la femme s'ennuiera bien vite au milieu des rituels quotidiens, des courtisans (dépeints de façon admirable), et surtout dans le lit conjugal où pendant 6 ans, il ne se passera rien.
Marie Antoinette se nourrit de patisseries et de paradoxes. Elle qui aspire tant à devenir mère, se complait dans l'enfance et l'adolescence par des jeux frivoles et des fêtes interminables.
Elle qui a un sens si aigu de sa fonction, se plait à désacraliser celle-ci en applaudissant à l'opéra et en dénigrant l'étiquette de Versailles.
De même pour Sofia Coppola qui tout en évitant presque soigneusement le sujet, parvient à glisser habilement des bribes de l'histoire de France éclairant le fameux contexte historique. Et l'on comprend mieux l'entreprise de démolotion d'une jeune fille certes dépensière, que l'on accuse de grêver le budjet de la nation, alors qu'en réalité, les finances fondent comme neige au soleil dans la lointaine guerre d'indépendance américaine.
Et l'on voit combien sa frivolité la dessert lorsque la révolte gronde et que le moindre de ses mots se retrouve déformé.
L'histoire n'interessait pas franchement Sofia Coppola. Seul le portrait comptait, un portrait largement interprété par la réalisatrice, qui assume parfaitement sa vision partiale.
Le spectateur n'est à aucun moment trompé sur la marchandise.
Le ton est donné dès le début du film par la musique pop que l'on retrouvera jusqu'au bout. Une manière de dire que Sofia Coppola se réapproprie non pas l'histoire, mais une histoire.
Lorsque l'on a son talent, tout est permi, même les anachronismes qui ne font qu'ajouter au film cette patte inimitable, lui conférant une âme et une fragilité touchante.
Et dans le même temps, la façon dont elle montre la vie de la souveraine est terriblement juste, et sans doute réaliste.
Il n'est rien de plus énervant que de lire à longueur de critique que Marie Antoinette était une fashion victim accro au shopping avant la lettre. Comme si le XXIème siècle avait inventé la frivolité chez les jeunes filles.
Le choc chez les critiques et autres journalistes avides de démonter ce qu'ils ne veulent pas comprendre, nait de cette idée préconsue selon laquelle l'ancien temps se doit d'être ampoulé et prisonnier de codes confinant à l'ascèse morale et à la déprime chronique. Inutile d'être grand clerc pour justement saisir que notre Marie Antoinette cherchait refuge dans les déluges de tissus, chaussures et perruques, histoire de tromper son ennui et son spleen.
Pour conclure, un mot de l'interprête principale, Kirsten Dunst, déjà épatante dans "Virgin Suicide" et qui trouve en Sofia Coppola son meilleur révélateur. Tour à tour, enfant, mère, légère et grave, elle livre une composition saisissante, émouvante, prenant de temps à autre le spectateur à partie. Incroyablement bien mise en valeur, elle évolue avec grâce dans un rôle complexe, trouvant l'apogée de sa splendeur dans les scènes du Petit Trianon, où elle ressemblerait presque à une héroïne malickienne.
Les dernières années, celles de la Révolution, sont évoquées par ellipses, par touches évoquatrices parfaitement suffisantes pour comprendre les enjeux de la crise dont on perçoit les échos lointains, puis une foule hurlante, anonyme et violente, devant laquelle la reine, comme si elle avait déjà conscience de son funeste destin, n'a plus qu'à s'incliner, vaincue et lucide.
Et lorsqu'elle dit adieu à ses jardins de Versailles, il n'est pas besoin d'aller plus loin.
Tout est dit. 24 mai X-Men 3 : l'affrontement final.Mutera bien qui mutera le dernier...
Vous mourrez d'envie de savoir si s'est bien Jean Grey qui fait trempette sous forme de grosse raie fluorescente à la fin de "X-Men 2" ?
Vous n'avez aucune idée de quoi je parle dans le paragraphe précédent ?
Dans le cas numéro 2, vous pouvez allègrement vous passez de "X-Men 3". Vous n'en mourrez pas.
Dans le cas numéro 1, il se peut que ce qui suit vous intéresse. Mais si vous avez commencé à suivre la saga, je doute que mon avis change votre résolution de voir, un jour ou l'autre, la fin des aventures de nos mutants mal coiffés.
Quelques années après la mort de Jean Grey (Famke Janssen), les X-Men vivent désormais paisiblement dans le manoir-école du professeur Xavier. Soutenus par le président, nantis d'un ministre préposé aux mutants ressemblant étrangement à un très gros shtroumpf poilu, ils coulent des jours heureux, ou presque, certains toujours hantés par le souvenir de Jean.
Alors que les autorités recherchent Magneto (Ian Mac Kellen, qui cachetonne à mort ces temps ci), Scott, alias Cyclope (James Marsden) de rend sur les lieux de la mort de Jean où il assiste à une étrange apparition.
Comme ci cela ne suffisait pas, un laboratoire pharmaceutique lance un antidote capable de débarrasser les mutants de leurs particularités. Inutile de dire que cette nouvelle achève de mettre le feu aux poudres...
La saga X-Men fait parti de ces divertissement intelligents, qui, au delà d'en mettre plein la vue à un spectateur venu avant tout voir un spectacle, parvient à glisser entre deux bastons un peu de matière à réfléchir. Bon, evidemment, çà ne va pas très loin, la preuve, même Wolverine peut disserter sur ces thèmes...
Mais tout de même...
Ce troisième volet se trouve enrichi de quelques nouveaux personnages, dont le fameux ministre, mais aussi d'un ange blond, d'une passe muraille, et de quelques autres bizarreries.
Enrichies aussi, certaines facettes de la personnalité des héros, je pense en particulier à Magneto, dont les actions du présent ne sont guidées que par les traumatismes du passé.
Mais globalement, on ne peut pas dire que les personnages gagnent vraiment en profondeur, contrairement à ce qui était annoncé.
Même Jean Grey (oui, elle n'est pas morte) pourtant prétendument placée au centre des enjeux, ne s'étoffe pas réellement, si ce n'est pour dévoiler son côté obscur.
Difficile cependant de blâmer un scénario forcé de jongler entre une dizaine de personnages principaux, une histoire à faire avancer, et la durée maximum de 2h30 d' un film pop-corn.
Par contre, il est aisé de jeter la pierre sur Brett Ratner, remplaçant au pied levé de Brian Singer, échappé sur le tournage de "Superman". Si le second volet savait faire la part belle aux scènes de combat, le troisième est qualifiable de "mou du genou" de ce point de vue.
La faute à un manque total d'innovation et à l'absence critique de scènes d'anthologie.
"X-Men 2" s'ouvrait en fanfare sur un combat d'une virtuosité incroyable dans la réalisation et le traitement des images de synthèse, le tout sur du Mozart, alors que le 3 échoue à renouveler l'exploit.
Pourtant la scène où Magneto et sa clique se rendent sur l'île d'Alcatraz, contenait en germe de nombreuses promesses, malheureusement avortées.
Et puis la succession des plans larges et des gros plans fait penser à du Peter Jackson, le sens esthétique en moins (c'est dire si il ne reste rien...)
Je renonce toutefois à classer "X-Men 3" dans la catégorie des mauvais films, parce qu'il est sauvé par son scénario, et ses personnages.
Par contre, les copains (je m'adresse aux mutants), faites pas ce que vous avez l'air de vouloir faire à la fin.
Je prie pour que le fou n'ait pas bougé.....
ATTENTION, JE DECONSEILLE FORTEMENT LA LECTURE DES COMMENTAIRES POUR CEUX QUI N ONT PAS VU LE FILM. SPOILERS EN VUE... Orgueil et préjugés.Bienvenue dans un univers où tout le monde est charmant, ou tout le monde est beau, et où ceux qui ne sont pas beaux, sont gentils.
Bienvenue dans un monde où l'on prend le thé pile à 5h (Pm, bien entendu), où l'on se promène en calèche et où l'on se divertie au bal.
Bienvenue dans le monde de Jane Austen, le monde des apparences, des façades et des faux semblants.
Ecrit dans ses années de jeunesse, "Orgueil et Préjugés" dépeint une atmosphère qui ne peut appartenir qu'à l'Angleterre de ce début de XIXème siècle, et qui a pour cadre restreint, la bourgeoisie rentière des campagnes.
Jugez plutôt :
Lorsque le jeune, riche et célibataire Mr. Bingley vient emménager dans le village, Mrs Bennet, mère de 5 filles, décide de tout faire pour en marier au moins une avec ce très beau parti. A l'occasion d'un bal organisé par le nouveau venu, les deux aînées, Jane et Elizabeth, rencontrent le gentleman de toutes les attentions, mais aussi le meilleur ami de celui-ci, le prétentieux et arrogant Mr. Darcy.
Voici à peu de choses près le point de départ du récit, riche de nombreuses intrigues secondaires, et nanti d'une impressionnante galerie de personnages.
Se croisent :
-Mrs Bennet, obsédée par le mariage à tout prix de sa prégéniture, tout juste bonne à se faire passer la bague au doigt par le premier parti convenable venu.
-Mr. Collins, le cousin des soeurs Bennet, pasteur de son état, mais surtout préoccupé à rentrer dans les bonnes grâces de sa bienfaitrice, lady Catherine, devant laquelle il s'étale comme une carpette.
-Caroline Bingley, l'archétype de la peste arrogante et fausse, telle que l'on en fait plus.
-Mr. Wickham, le chéri de ces dames, soldat de son état et jouant beaucoup sur l'uniforme.
-Lydia Bennet, tête creuse et vaniteuse.
...
Au dela de ces caractères et de la simple comédie dont il s'agit, on plonge littéralement dans une époque aux codes presque révolus, mais pas si lointains en somme.
Les temps ne sont pas propices aux femmes, élevées dans le seul et unique but d'en faire de parfaites épouses. Rien d'autre dans leur existence ne compte à part réaliser le bon mariage, avec un rentier de préférence, de bonne famille si possible, pas trop laid au mieux, et qu'elles soient succeptibles d'aimer assez pour le supporter jusqu'à ce que la mort les séparent.
Si l'on reste un peu pantois devant ces jeunes filles qui ne rêvent que de se faire passer la bague au doigt, l'auteur (elle même restée vieille fille, ce qui peut expliquer sa fascination pour le mariage, indépendamment du contexte de son époque) fournit les justifications nécessaires.
Le monde décrit est lui aussi dépaysant, incroyablement codifié, policé, maniéré. De quoi se persuader que ces héros qui n'ont jamais exercé la moindre activité professionelle de leur vie, ont trouvé dans ce monde de la représentation permanente, un travail à temps plein.
Il faut pour tout cela reconnaître l'incroyable talent de Jane Austen, qui vivant dans ce monde qu'elle dépeint, parvient à prendre le recul nécessaire pour l'analyser, et ce malgré son jeune âge au moment de la rédaction (elle devait avoir aux alentours de 20 ans).
Et si vous pensez que ces histoires de jeunes anglaises en quête d'un mari ne sont décidemment pas votre tasse de thé, il me reste à ajouter que "Orgueil et Préjugés" est un livre terriblement drôle, gai et surprenant.
Encore un peu de Earl Grey ? Cannes, Cannes, Cannes, suite des pronostics...Surprise ce soir dans les rues cannoises puis que c'est désormais "Babel" qui tient la corde pour la palme d'or.
Avec 27,6% des suffrages, contre 22,3% pour "Volver", le duel pour la récompense suprême semble bien s'engager entre deux représentants du monde hispanique.
"Marie Antoinette" quant à elle, n'a pas plus réussi à faire l'unanimité avec sa biographie, que de son vivant. La salle et la presse, coupées en deux, ont vu se créer d'âpres polémiques et discussions sitôt la projection terminée.
Quoi qu'il en soit, dans le coeur des festivaliers, l'Autrichienne ne récolte plus que 8,5% des sondages.
Le reste de la concurrence nage dans les eaux troubles des 2-3%, comme "Le Caïman" de Nanni Morretti. C'est dire si pour le public, les dés sont jetés.
23 mai Toi aussi, prends toi pour Monica Bellucci !Oui, zut, et flute, marre que ce soit toujours les même qui se pavanent en Dior sur les marches de Cannes !
Nous aussi, on peut être jury à Cannes ! Et même faire plus fort que Monica, en pronostiquant sur les films........ sans les avoir vu !
Toi, jeune (et moins jeune), dis nous qui sont tes favoris, ceux que tu sens bien repartir avec une palme, ceux qui vont faire "pshhhiiit" comme disait un de nos présidents....
J'ouvre le bal. Ma favorite c'est Sophia Coppola avec "Marie Antoinette", mais la raison me dit que se sera "Volver" d'Almodovar. Même que je vois un prix d'interprétation pour miss Cruz...
Allez y, tout est permi ! 19 mai Les Ames Grises.Un petit retour par la case livre pour évoquer "Les Ames Grises" de Philippe Claudel, récemment adapté à l'écran par Yves Angelo, avec Denis Podalydès, Jean Pierre Marielle, Jacques Villeret et Marina Hands dans les rôles principaux.
En 1917, dans un petit village séparé du front par une simple colline, est retrouvé le corps d'une fillette, étranglée. Très vite, le narrateur va porter ses soupçons sur le procureur Destinat, personnage influent de la communauté.
Que l'on ne cherche aucune enquête dans ce livre. Celle ci va bien vite passer au second plan, le narrateur se perdant, à la simple évocation de la scène de crime, dans ses souvenirs. Il s'attachera à chacun des protagonistes déroulant leurs portraits au fil d'anecdotes, puisque c'est tout ce dont il se souvient.
Même la guerre s'efface peu à peu du récit, devenant non pas un acteur à part entière, mais un simple élément du décor, qui s'estompe à mesure que l'on plonge dans le passé d'un narrateur pour qui le vrai cataclysme s'appelait Clémence, pour qui la mort prend le visage d'un nourrisson.
La guerre, elle n'emporte que les autres, tous charriés par ces 4 ans d'horreur, qui semblent étrangement épargner le héros.
On ne retrouvera la grande boucherie qu'au hasard de réponses apportées à certains mystères qui jalonnent le récit, mais auxquels le narrateur reste finalement indifférent.
Avec un ton toujours cynique, souvent désespéré, Philippe Claudel dresse le portrait froid des âmes grises et en fait tout simplement un chef d'oeuvre.
18 mai La Maison du Bonheur.Oui, c'est dur le métier d'acteur. Quand on a vu Dany Boon souffrir comme je l'ai vu souffrir hier soir à l'avant première de son premier film en tant que réalisateur "La Maison du Bonheur", on prend la mesure de ces grands moments de solitude qui jalonnent la vie d'un comédien...
Le pauvre s'est retrouvé face à une bande de collégiennes hystériques, folles de ses oreilles décollées, hurlant et sautant à chaque fois qu'il tentait de répondre à la plus petite question. Et pas de bol pour lui, la salle en était remplie. Car la cagole a l'instinct grégaire, et le fait d'être en bande la décomplexe.
Après qu'il se soit enfuit, volant vers l'autre cinéma du coin, où il a du tomber à son grand dam sur le même type de faune décolorée, airnessisée et dieselisée, la projection au enfin pu commencer. Dans un calme relatif, troublé par des gloussements de dindes, a donc débuté "La Maison du Bonheur", adapté d'une pièce de Dany Boon.
La comédie est plus qu'efficace, même si elle souffre des même faiblesses que toutes les pièces adapatées à l'écran, à savoir un scénario inégal, et des longueurs nécessaires à installer le décor.
Mais cette histoire d'agent d'assurance s'endettant pour offrir en cadeau à sa femme un hôtel particulier dans la banlieue parisienne est, il faut bien le dire, une réussite. La faute à un casting parfait : Dany Boon, dans le rôle principale, Michèle Laroque dans celui de sa femme, Daniel Prévost en agen immobilier, et l'excellent Zinedine Soualem en ouvrier aux yeux salaces (scène d'anthologie !!!).
L'interprétation compense donc les faiblesses de ce film qui est, il faut bien le rapeller, une première réalisation.
Da Vinci Code.En vérite, je vous le dis, Jésus, de son vivant, avait réussi, par son verbe et sa profonde sagesse, à convertir de nombreux disciples, et autres croyants. Mais les hautes autorités religieuses ainsi que le pouvoir romain, ne voyaient pas d'un bon oeil l'influence que ce jeune galiléen exerçait sur les petites gens. Alors ils le clouèrent tout d'abord au piloris (au figuré), et pour finir, sur une croix, parce que, franchement, il commençait à chauffer les oreilles de tout le monde.
Après sa mort, les siens eurent peur et se cachèrent. Ils restaient terrés chez eux, à ressasser sa parole, jusqu'au jour où l'Esprit Saint descendit sur eux, et leur donna la force de persuasion, et un pouvoir spécial leur permettant de multiplier non pas les pains, mais les paires de chaussures, parce que il leur fallait se farcir le bassin méditerranéen à pied, et que ce n'était pas de la tarte.
Finalement, ils réussirent à convaincre, à convertir, à diffuser la Bonne Parole qui dépassa les siècles et les frontières.
En vérité, je vous le dis, Dan Brown, de son vivant, avait réussi, grâce à sa femme et à son sens du suspens, à vendre des tas de son "Da Vinci Code", à enthousiasmer des millions de lecteurs, à gagner beaucoup d'argent et à vendre les droits d'auteur pour en faire un film, réalisé par son disciple, Ron Howard.
Mais les autorités religieuses, ainsi que les puissants médias, ne voyaient pas d'un bon oeil l'influence de ses dires sulfureux pour les premiers, et son trop grand succès pour les seconds. Alors, ils le clouèrent au piloris (au figuré), et bien en plus, parce que aujourd'hui, on ne peut plus le faire au propre....
Bon...En vérité je vous le dis, rendons à César ce qui est à César, entre Jésus et Dan Brown, il y a un gouffre aussi large que le lac de Tibériade (quoi, comment çà c'est facile pour Jésus, il marche sur l'eau...Et alors ? Il est pénible à faire son malin celui là...).
Mais reconnaissons ce parallèlle, les deux se retrouvent victimes de leur succès. L'un comme l'autre séduisent, convainquent, fascinent. L'un comme l'autre succitent la polémique, la controverse. Et tous les deux se font massacrés par une autorité, qui supporte à la fois mal le côté subversif du message, et l'influence exercée...
Certes, Jésus était porteur d'un divin message , Dan Brown d'un délirant mélange. Mais honnêtement, rien ne justifiait la mort de ce pauvre Jésus de Nazareth, inoffensif barbu en robe blanche, doté de pouvoirs hyper classe (eh, changer l'eau en vin, qui n'en a pas rêvé ? Jésus ? Mais c'est vraiment LE mec qu'il faut inviter en soirée. En plus, il a toujours une histoire à raconter !).
Et rien ne justifie non plus ce déchaînement médiatique autour du film de Ron Howard, pauvre martyr barbu en chemise blanche, doté de solide référence en matière de cinéma et l'un des meilleurs amis de Tom Hanks (çà aussi, c'est la classe !).
C'est un crime de marcher sur l'eau, de guérir les malades, de commencer toutes ses phrases par "en vérite je vous le dis" (hmm, ouais, je sais, c'est pénible à force...), de réssuciter les morts ? Non.
C'est un crime de vouloir adapter un livre qui a bien marché, d'en respecter le contenu, le sens, l'essence, de tout faire au mieux pour ne pas trahir les fans, et de réussir une très bonne adaptation, fine et habile, sur une matière plus basée sur le discours que sur l'action ? Non. Moi j'apelle çà un joli travail, une promesse tenue.
J'apelle le "Da Vinci Code", un bon film, une bonne adaptation, dans la lignée de ces chasses au trésor sur grand écran, comme "Indiana Jones" ou "Benjamin Gates".
Une très bonne musique, un très bon casting (Ian Mac Kellen en tête), un bon scénario...Un honnête divertissement parfaitement assumé.
Bien plus assumé en tout cas que la jalousie tue et refoulée de ces journalistes et autres ciritiques ciné qui ne supportent pas le succès, quand ils n'en sont pas à l'origine. Le "Da Vinci Code" au cinéma deviendra un blockbuster sans eux... En vérité, je vous le dis ! (aïeuh !) 15 mai Comme t'y es belle !Je sais, je sais, merci....
C'est mignon les comédies, çà vous change les idées... Encore faut il qu'elles soient réussies.
Et bien que l'on se rassure. Après le décevant "Quatre Etoiles", "Comme t'y es belle!" fait l'effet d'une vraie vague de fraicheur.
Elles sont 4, nées les doigts dans le couscous et sur le Sentier, ont, comme il sied aux femmes de notre temps, des problèmes avec les hommes, et sont, pour deux d'entre elle, affublées d'une mère dont même Roger Hanin n'aurait pas voulu.
Sur le papier, çà part mal, on est tous d'accord. Même les fans absolus de "La Vérite si je mens" pouvaient grincer des dents. "Comme t'y es belle !" lorgne tellement franchement de ce côté, qu'il n'est même pas envisageable de ne pas faire le parrallèle.
Mais le secret, c'est que la filiation est totalement assumée. Oui, c'est une "Vérité" version féminine, ni plus, ni moins. Avec un bonne grosse dose de romantisme en plus, et un envers du décor, celui où vivent les femmes.
Ici, on ne parodie par "La Vérité", on complète.
Le scénario n'est pas trancendant d'originalité, loin de là, les répliques ont peut être un petit goût de déjà vu, mais le tout passe encore mieux qu'un makrout.
Grâce à l'interprétation, malgré un carton rouge ( et un de plus) à Aure Atika, qui devrait vraiment penser à changer de métier, la vérité ! Joli casting qui ne laisse aucun personnages (sauf celui d'Aure Atika) en reste.
Avec deux mentions spéciales à l'excellente Valérie Benguigui dans le rôle d'Alice, affublée d'un gros, vrai gros nase de mari (Alexandre Astier, repoussant les limites du gros beauf), et Marthe Villlonga, maquillée comme une voiture volée, archétype de la mère juive (oui, elle vous fera penser à la votre. De toute façon toutes les mères sont juives, ou indignes).
Par contre, et là, çà devient une mauvaise habitude, la fin laisse à désirer, avec son happy end dégoulinant sur fond sonore des "Dix Commandements" (siiii, je vous jure!). Mais ne soyons pas chiens, 5mn un peu nulasses sur 1h25...On ne va pas chipoter !
Ah si, je voudrais bien chipoter sur la morale autour des personnages de Nina (Géraldine Nakache) et Simon (David Kammenos)... Celle ci séduisant ce dernier en devenant une pétasse anorexique...Alors qu'elle est déjà maigre comme un clou... Leur histoire m'apparait un peu limite, uniquement basée sur mademoiselle tentant de coller à tout prix aux goûts de monsieur. L'image de la femme en prend un coup... Mais ce n'est que mon avis.
14 mai Tomb Raider 7 : Legend.Bien, une fois n'est pas coutume, causons un peu jeu vidéo.
A part, cas improbable, que vous reviennez de Sibérie ou d'Antartique, vous avez difficilement pu rater la sortie du 7ème opus des aventures de Lara Croft, la fille qui fait passer Indiana Jones pour un grand père sénile (à propos, si le 4ème Indiana Jones tarde trop à sortir, c'est ce qu'il risque d'arriver à Harrisson Ford...Passons...)
Depuis quelques temps déjà, il faut l'avouer, "Tomb Raider", ce n'était pas terrible. Je crois que je m'étais arrêtée au 4ème, c'est dire que j'avais complètement décroché de la série. Un peu répétitif, carrement pénible avec ces histoires de "aller pousser le levier, puis, glisser le long de la corniche pour revenez au levier en faisant des sauts sur les colonnes pour rebaisser le levier et redescendre...."...Bref, Lara était bien gentille, mais elle commençait un peu à saouler tout le monde.
Tant et si bien que à la fin du 4ème, les concepteurs du jeu décident de la tuer. Super.
Cela dit, le filon ne devait pas être aussi épuisé qu'il en avait l'air. Et notre Anglaise préférée de rempiler pour deux aventures supplémentaires.
Et pas franchement plus réussies que les autres...
"L'Ange des Ténèbres" , le 6ème (pour les deux qui ne suivent pas au fond), renouait avec les pires heures du genre, usant et abusant des parcours du combattant, des épreuves de vitesse et des allers retours incessants pour choper une pauvre clé ou pour entrer dans un bâtiment dont la porte était en fait ouverte. Le tout rythmé par les : "Ah !!! Je me sens plus forte", d'une Lara qu'il fallait muscler des bras et des jambes tout au long du jeu, à grand coup de poussage de caisses et d'armoires...
Seule originalité, l'introduction d'un second larron, à savoir le génétiquement modifié Curtis, mal coiffé, et balourd comme pas deux. Ceux qui ont essayé de tuer Boaz savent de quoi je parle.
Le jeu s'était certes bien vendu, mais Eidos, la boite de production, espérant mieux, menaçait de jeter l'éponge.
"L'Ange des Ténèbres", prévu initialement pour être le premier volet d'une trilogie (d'où la fin ouverte sur le destin de Curtis), avait réussi l'exploit de décevoir et les concepteurs, et les fans (grandiose...).
D'où ce virage à 180° pour "Legend"... Et bon sang, quel virage !!!
Repris en main par le créateur originel, et par les concepteurs de "Prince of Persia" ( les nouveaux hein...), voilà enfin une aventure avec un vrai scénario, de vrais beaux graphismes, et une Lara plus vraie que nature.
La donzelle a gagné en fluidité, en naturel, en grâce. Malgré une prise en main difficile au début (j'ai bien mis une bonne moitié du jeu à tenter de comprendre comment la diriger en finesse), le plaisir est bien là. Evoluant dans des environnements toujours très soignés, entre montagnes himalayennes, cascades ghanéennes, villages péuriviens et autres musées et tombeaux antiques, Lara cours, bondit, fait des soleils sur des barres horizontales, le tout avec une aisance absolue.
Côté scénario, oubliés les Néphilims moches et les Curtis pénibles et trop lourds (ouf...).
On remise "L'Ange des Ténèbres" et ses créatures divines, et on sort l'artillerie lourde : la chasse à Excalibur, la légendaire épée du roi Arthur. Retour donc aux fondamentaux, à savoir la quête de reliques mythiques, le tout assorti d'un coup d'oeil dans le rétroviseur pour Lara.
Agée de 8-9 ans, la petite demsoiselle Croft survole en avion l'Himalaya, accompagnée de sa mère. Un accident les précipite sur une montagne où elles découvrent un vieux temple abritant un étrange socle où est fichée une épée. Alors que l'imprudente Lara touche celle ci, un vortex se crée, forçant sa mère à intervenir. Et la voilà qui disparait corps et bien dans une aveuglante lumière verte, laissant sa fille seule dans la montagne.
Bien des années plus tard, alors qu'elle explore en Bolivie les vestiges d'une antique civilisation amérindienne, Lara découvre un socle similaire, surveillé de près par un dénommé Rutland et une jeune fille ressemblant furieusement à une vieille, et prétendue morte, connaissance de Lara, Amanda...
Outre les qualités déjà citées plus haut, l'un des atouts majeurs du jeu réside en l'adaptation de l'univers des films "Tomb Raider" au jeu. Lara ne fait plus cavalier seul et communique désormais par caméra et micros interposés avec Zip, bidouilleur informatique, et Alistair,dandy de bibliothèque, doublés en français par Omar et Fred ("Service Après Vente des émissions, bonjour !"). L'intervention fréquente de ces deux personnages a pour mérite de donner des pistes d'action au joueur, mais aussi de rendre Lara moins monolithique, grâce à ses constantes remarques caustiques. On a désormais moins l'impression de faire avancer un gros tas de code binaire, qu'une vraie héroïne.
Sentiment d'autant plus renforcé que le scénario révèle les failles et les faiblesses du personnage.
Ajoutez une bande son formidable, particulièrement agréable (le thème "Tomb Raider", présent dans les autres jeux n'existe plus), une garde robe de la demoiselle grandement étoffée (quoi que le manque d'étoffe soit justement ce qui caractérise sa tenue au Japon...Morceau d'anthologie...Faut oser quand même.), de nouveaux mouvements, d'avantage d'autonomie, des courses poursuites en moto génialissimes (je ne m'en suis pas encore remise tellement c'était bien !) et quelques restrictions au niveau du port d'arme renforçant le réalisme (oui, il est fini le temps où Lara sautait des vides de 8m de large avec tout un arsenal militaire sur le dos. Maintenant, c'est deux pistolets, un fusil, 4 grenades et basta !). Je mentionne aussi le nouveau gadjet préfére de Lara, le grappin magnétique, bien pratique, mais plutôt compliqué à utiliser (il m'en aura fait baver...saleté !)
Le seul reproche, et il est de taille, c'est l'apparition du concept des "points de passages"...Argh.
Avant, lorsqu'une difficulté se présentait, (épreuve de vitesse, série de sauts un peu ardue, etc...) on avait tendance à se faire une petite sauvegarde juste avant, en cas de ratage. Et bien c'est terminé ! Voilà !
Désormais, en cas de décès prématuré de miss Croft (elle s'écrase super bien au sol, genre poupée de chiffon...), vous reviendrez au dernier "point de passage " traversé. Quitte à recommencer toute une série de déplacements.
Et çà, c'est particulièrement pénible
Mais face à la qualité de ce jeu, on oublie bien vite ces petits désagréments. "Legend" renoue avec les grandes heures de "Tomb Raider", et surtout ouvre les portes d'une trilogie, axée autour du passé de Lara et on l'espère, d'Excalibur ( et ouais, on se bat même avec...Grand, très grand moment....).
Tout le jeu est porté sur les épaules de l'héroïne, et bénéficie d'un vrai souffle épique, d'une âme, qui vous rend très vite accro.
La fin de ce 7ème épisode laisse en haleine...Alors viiiiiiiite, "Tomb Raider 8". Il est grand temps de faire renaître la légende. 10 mai Quatre Etoiles.Pour Franssou (Isabelle Carré), c'est le gros coup de bol. Une vieille tante acariatre meurt en lui léguant la totalité de ses économies : 52 000 euros.
Le seul problème c'est que faire de tout cet argent. 52 000 euros c'est beaucoup, et en même temps, ce n'est pas grand chose.
Plutôt que de garder le magot en cas de coup dur, Franssou quitte tout, et file sur la Côte d'Azur pour y claquer la somme dans les palaces et les boutiques chics, pendant 3 mois.
Au Carlton, la voilà qui rencontre Stéphane (José Garcia), un escroc en difficulté, qui va la prendre pour le pigeon idéal. Seulement voilà, pas de chance pour lui, Franssou est dure en affaire...
Voilà typiquement le genre de film plein de bonnes intentions, mais qui a oublié le scénariste sur une aire de repos. Passé les 20 premières minutes, toutes, les bonnes idées sont épuisées, l'histoire est quasiment pliée, et les personnages figés.
Restent les acteurs, très bon, en particulier José Garcia (mais çà devient une habitude...) et François Cluzet, parfait en ex pilote de course Vandammesque. Isabelle Carré est toute mignonne, mais échoue à convaincre en femme fatale, un peu à cause de son roulement d'épaule qui tient plus de la déménageuse que de la Grace Kelly. On a la classe, ou on ne l'a pas...
La fin est évidemment décevante, plate, et sans intérêt. Dommage, pour un film qui véhiculait pourtant un fort capital sympathie, mais qui décidement, ne décolle jamais et surtout, et là, c'est très dommage, ne fait jamais rêver... Tout au plus ces deux héros en quête de fric à tout prix font ils pitié... 3 mai News : Les séries de l'été.Et bien, çà y est, les prémices de grand match estival pointent le bout de leurs nez.
A ma gauche, "Lost" : ils sont tous rescapés d'un crash aérien, ne se lavent plus depuis 40 jours, et se font régulièrement bouffés par un ennemi mystérieux que personne n'a jamais vu, à part un ex-paralytique miraculé. C'est dire s'il n'ont peur de rien...
A ma droite, "Desperate Housewives" : elles sont 4, riches et vivent dans une banlieue cossue californienne. Elles se manucurent, papotent, se font des coups de vache, tentent de comprendre pourquoi l'une de leurs amies s'est suicidée et tentent de survivre à leurs maris ingrats et leurs enfants pénibles...
Dès le premier round, c'est "Lost" qui prend l'avantage puisque la série sera dégainée par TF1 dès le 15 mai prochain pour... ravalez tout de suite ce cri de joie hystérique que vous alliez pousser... la rediffusion de la saison 1.
Nous aurons donc le droit à des séances de remémoration, ou de rattrapage (si vous avez réussi à vous faire inviter un samedi soir l'été dernier, malgré vos cris et vos protestations), à partir de 17H25 et ce, tous les jours (à la place de "Monk")
Mais les femmes au foyer désespérées ne vont pas se laisser faire puisque M6 les pousse à l'offensive le mardi 23 mai prochain, en prime time, pour les deux premiers épisodes de la saison 1.
Un grand soulagement pour tous ceux qui comme moi, chouinaient à la perspective de voir les deux séries programmées le samedi soir. Parce que quand on a plus de magnétoscope comme moi, et bien je vous garanti que ce genre de question : "laquelle des deux vais-je sacrifier ? ", peut vous pourrir votre été...
Nous voilà donc rassurés ! Inside Man.Réussir le hold up parfait n'est pas une sinécure. Mais réussir le film de hold up parfait l'est encore moins. Surtout s'il s'agit d'un film de commande.
Seulement voilà, quand on s'appelle Spike Lee, et que l'on est notoirement génial, cela relève du simple exercice de style, du défouloir pour réalisateur surdoué s'attaquant avec délice au film de genre.
Vous l'aurez compris, "Inside Man" est d'ores et déjà un film de référence. Je m'explique, en 4 points :
-La B.O. : ecclectique, puissante, nappante, enthousiasmante, elle parfume littéralement l'ensemble du film. Et Dieu sait s'il est rare d'avoir un vraie belle bande son pour accompagner ce genre de choses.
-La ville : Et bien, oui, même filmée par le bout de la lorgnette, Manhattan reste spendide. On découvre, au hasard de plans très resserrés, les magnifiques sculptures des grands immeubles, que l'on a si peu l'occasion de voir au cinéma, celui ci préférant s'attacher à leur taille, plutôt qu'aux lions, visages et autres gargouilles qui scrutent les rues de New York.
-Le scénario : concevoir le hold up parfait est un défi pour n'importe quel scénariste. Mais celui ci sera toujours tenté de s'appuyer sur la magie du cinéma pour extraire ses personnages de situations inextricables. Point de cela ici. Tout roule, tout a sens, tout est pafaitement huilé. Belle mécanique...
-Le casting : Clive Owen joue un parpaing au Q.I. d'Einstein, comme un parpaing (mais c'est Clive Owen, on ne peut s'attendre de sa part à de grands rôles de composition. Continue à faire ce que tu sais faire, petit...). Denzel Washington, en agent faussement cool mais terriblement classe (qui porte super bien le chapeau). Jodie Foster en roublarde trouble au bras très, très long (Jodie, une fois dans ta vie, sois mauvaise...Cà nous changerait un peu...). Christopher Plummer en patron de banque au passé chargé...
Peut être un bémol tout de même, le film, après un départ en fanfare (et quelle fanfare !) s'essoufle un peu sur la durée. On a fréquemment envie de secouer les puces de tout le monde pour faire avancer le dossier, mais rien n'y fait.
Mais même de ces longueurs, je me méfie. De là à y voir un tour de passe passe de Spike Lee pour suggérer le malaise de l'attente pendant la prise d'otage, il n'y a qu'un pas... Silent Hill.Alors comme çà, elle est silencieuse la colline ? Et ben elle aurait mieux fait de le rester...
Rose (Radha Mitchell) et Chris (Sean Been) sont les heureux parents adoptifs de la petite et néanmoins toute mignonne Sharon (Jodelle Ferland), 9 ans. Enfin, heureux, presque, étant donné que la gamine est victime de crises de somnabulisme pendant lesquelles elle délire à propos d'une ville nommée Silent Hill. Pour tenter de la guérir, Rose décide de partir dans la dite cité, espérant ainsi débarrasser Sharon de ses visions.
Alors qu'elle est en route, Rose se fait prendre en chasse par un agent de police (Laurie Holden) rentrée au chausse pied dans un pantalon de cuir qui n'admet pas le bourrelet superflu. De peur de se voir contrainte d'abandonner sa quête, elle se lance à corps perdu sur la route de Silent Hill, toujours poursuivie par la fliquette en moto. S'est alors que devant le panneau d'entrée de la ville, une fillette traverse la route, provoquant ainsi un accident.
A son réveil, Rose découvre une cité recouverte d'une pluie de cendre, et s'aperçoit que Sharon a disparu. Commence alors un jeu de piste dans les rues de Silent Hill, la cité fantôme, rythmé par les hurlement d'une sirène annonçant l'arrivée de ténèbres qui régulièrement, plongent la ville dans l'horreur absolue.
Depuis le temps, on devrait le savoir. Adapter des jeux vidéos à l'écran, c'est la fausse bonne idée. Il n'empêche qu'il y aura toujours de petits rigolos à se croire plus malins que les autres. Christophe Gans est de ceux là. Même s'il serait injuste de nier les qualités esthétiques de "Silent Hill", il faut tout de même reconnaître que l'ensemble n'est pas franchement brillant.
La faute sans doute à un scénario trop attaché à celui du jeu. Certes, respecter l'esprit c'est bien, mais on perd beaucoup au copier/coller. On alterne donc sans surprise entre les recherches d'indices ("Ohoh !" comme ferait Lara Croft) et les séquences où l'héroïne doit sauver sa peau et sa paire de bottes d'effroyables créatures toutes plus moches les unes que les autres. Jusqu'au moment où, bien entendu, elle doit se farcir les gros boss de fin...
Alors oui, au bout d'un moment, on s'ennuie. D'autant plus que les révélations tardent à venir, et que lorsque celles ci arrivent, on est presque tenté d'hurler à un honteux plagiat de "Ring" ou de mauvais épisodes de Buffy contre les Vampires...
Autant dans un jeu vidéo, çà passe, autant là... On en reste pantois...
Demeure néanmoins la fin, sujette à de nombreuses questions (la réponse est peut être dans le jeux, je n'ai donc pas accès à celle ci).
La grande réussite de "Silent Hill" réside tout de même dans son ambiance atrocement glauque, dans cet excès dans l'horreur toujours parfaitement orchestré, qui mène souvent le spectateur à se dire "non, il ne va pas oser faire çà.." et qui ne rate jamais son coup. La caméra évite soigneusement les mouvements épileptiques, servant ainsi les pires atrocités sous leur jour le plus clair.
Du beau travail donc, qui aurait sûrement gagné à s'articuler autour d'un scénario un peu plus fouillé. |
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