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5月30日 La double arnaque "Grind House"...Il était une fois, deux cinéphiles mordus comme tout, qui décidèrent de monter à eux deux un bon vieux film tel que l'on en fait plus maintenant, un double feature, comme on dit, dont le titre, Grind House, serait à lui seul un hommage à toute une production de séries Z fleurant bon les années 70, un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître.
Nos deux cinéphiles ne sont pas n'importe qui, puisqu'ils s'appelent Quentin Tarantino, et Robert Rodriguez, rien que çà, M'ssieurs Dames.
Voilà donc que le premier se met au travail sur Death Proof (une histoire de serial killer qui tue ses victimes avec une voiture) le second sur Planet Terror (film de zombies). Et, comme dans tout double feature qui se respecte, puisqu'il faut des bandes annonces entre les deux films, nos compères appellent d'autres tarés comme eux, pour réaliser de fausses pub de faux films qui n'existent même pas (dont le réjouissnt trailer de "Thanksgiving").
Tout ceci, dans le but ultime de diffuser en une seule et même séance tout le bazar, comme on faisait dans les cinémas d'antan, jadis, naguère...
Bref, une bonne tranche de grand guignol, une grosse dose de savoir faire, beaucoup de bonheur et une expérience intéressante en prime...
Sauf que... Les producteurs, les grandioses frangins Weinstein, ne l'entendaient pas de cette oreille (vous savez, les Weinstein, qui prétendent faire des films de qualité depuis que Shakespeare in Love a reçu l'oscar du meilleur film...), et leurs nez flairaient déjà le bon filon.
Aux USA, pas de problème, Grind House sera diffusé comme prévu, les deux en un, les bandes annonces, bref...
Par contre, en Europe, pas question de louper l'occasion de se faire du pognon. Bah tiens... Farfouillant dans leurs cervelles, nos deux frères trouvent un prétexte génial (attention, c'est du lourd) :" Les Européens n'ont pas la culture du double feature. Ils ne comprendraient pas le principe...Du coup, on va diffuser les deux films séparément".
C'est bien connu, sur le vieux continent, on est super con. On n'a pas la culture pour apprécier les chefs d'oeuvres américains à leurs justes valeurs, genre bah tiens, Shakespeare in Love, justement... Trop con, je vous dis...
On est tellement pas culturellement comme nos amis américains, que l'on sera sans doute aussi trop décalés pour comprendre que si TFM (le distributeur de Grind House) passe Death Proof avant Planet Terror (contrairement à l'ordre prévu par Tarantino et Rodriguez), pile poil au mois de mai, comme par hasard, c'est pour ne surtout pas râter la sélection cannoise (bingo).
On est aussi un peu trop attardés pour voir que les films seront vendus en dvd séparés , puis en double coffret, avec les fausses bandes annonces dedans, uniquement pour faire chauffer la planche à billet.
Non seulement, le procédé est vicelard ("passez deux fois au ciné, siou plait"), mais il est dégradant pour l'oeuvre exploitée. Tout le concept du double feature est de faire payer un tiquet pour deux films. C'est là le but, le charme, qui plus est en proposant des films courts, efficaces, un rien quitsch au délire totalement assumé.
Au lieu de cela, on nous colle les deux films en version rallongées (dans Grind House, ils durent tous les deux 1h15), histoire que l'arnaque ne se voit pas trop.
Une pétition signée par des milliers de cinéphiles en colère n'aura servi à rien, et le film a donc été tronqué en deux segments, pour le plaisir de Miramax et TFM.
Ne reste plus que deux choses à faire :
-ne pas aller voir ces films en salle.
-télécharger Grind House, c'est toujours çà de pris.
Echec commercial aux USA, Grind House fait grincer les dents de Miramax, qui espère se refaire en Europe. On ne va tout de même pas leur faire ce plaisir...
Ah, une dernière chose, Harvey Weinstein, c'est aussi le type qui a obligé Tarantino à couper Kill Bill en deux parties. Il estimait que c'était trop long, 4 heures de projections.
Vous avez vu le temps passer en regardant Kill Bill vous ???
Ah oui, zut, deux tiquets, deux dvd.............. A l'Ouest, rien que du nouveau....Chers adhérents, chers clients, quelques nouvelles follement intéressantes qui vont, j'en suis sûre, vous ravir au plus haut point.
Pour commencer, mémoire rendu, mémoire pas encore soutenu.
Je vous prie donc avec chaleur de penser à moi le 27 juin à 10h (oui, je sais, c'est très tard), ce qui si l'on prend en considération le fait que la rédaction a été close aux alentours de la fin avril, nous renvoit à une période de deux mois entre la fin de la mise en page, et le moment où la note me sera délivrée, soit à peu près autant de temps que pour une thèse...
Cà me fera de l'entraînement....
Donc, à cause de cette soutenance, je vais avoir du pain sur la planche à partir de la mi-juin (enfin, pas tant que cela non plus, mais tout de même...), ajouté au fait que j'ai décroché un boulot pour l'été, de guide, one more time, qui va me forcer à bosser sévère sur la Seconde Guerre Mondiale, la bataille de l'Atlantique, et les sous marins allemands ("Achtung !!!! Snorkel !!!! Raus !!!Schnel!!! Sharpnel !!!"....Et autres joyeusetés...).
Au menu, B.U., lectures, et surtout, film ("Le Bateau"...Ach ché tant bleuré...ke té soufenirs...), dans le but de faire de moi un parfait petit officier de la Kriegs Marine.
Du coup, vous aurez l'honneur, le plaisir et l'avantage, de découvrir un billet sur Le Bateau en question.
Semaine dernière chargée oblige (sous-marins, anniversaire en Normandie...), je n'ai pas eu trop le temps de me pencher sur le festival de Cannes cette année, mais bravo au gagnant quand même.
Un film sur les avortements clandestins en Roumanie, tout le septième art en rêvait (ah, Cannes.......).
Une sélection peu aguichante (çà ne peut pas non plus être un feu d'artifice à chaque fois), guère de présentations évènements (à part la dantesque montée des marches pour Ocean 13...), pas vraiment de quoi hurler à l'édition collector.
A part peut être pour les robes de Diane Kruger. Décidement, Karl (Lagerfeld, ndl), c'est toi le plus fort.
Mais pas d'inquiétude, le blog suivra son cours, sans doute bientôt avec "Zodiac"de David Fincher, un film qui fait peur, sans que l'on y voit Francis Huster, c'est dire si çà doit être bien.
Et bien sur, "Pirates des Caraïbes 3 : Le Secret du Coffre sur le Retour du Black Pearl Maudit" au quelque chose dans le genre.
Enfin, le truc avec Johnny Depp dedans quoi...
Ah si, un petit mot, dans un billet prochain, je vous parlerai de "Death Proof" et surtout "Planet Terror", que je n'irai pas voir, et vous nous plus, çà serait super sympa, parce que c'est un tout petit peu du foutage du gueule ce qui Miramax vient de nous faire... 5月22日 2046.Wong Kar Waï est un type un peu dingue, se balandant constamment, y compris dans les salles de cinéma, avec des lunettes noires sur le visage. On se demande pourquoi, on lui demande pourquoi, et pas de réponses. Pas besoin en fait. Sans doute veut il rester bien à l'abri dans sa tête, à monter et remonter ses futurs films...
2046 fut, il y a trois ans à Cannes, une véritable odysée. Trois ans de tournage, un an et demi de montage, celui ci achevé à peine 24 heures avant la projection officielle, soit juste le temps de mettre les bobines dans l'avion direction la Croisette.
On parle alors d'imposture, de film baclé, voire de foutage de gueule de la part du réalisateur.
Personnelement, j'aimerais que l'on se fiche de moi de cette façon plus souvent.
A l'image du reste de sa filmo, 2046 est un oeuvre hypnotique, fascinante, maîtrisée sur le bout des ongles de A à Z, sans une seconde de relâchement de la part d'un réalisateur exigeant, poussant ses acteurs dans leurs retranchements. Zhang Ziyi, chez lui, est une bonne actrice. J'espère que vous mesurez l'exploit...
Posé comme un papillon sur une narration décousue mais logique, la réflexion de Wong Kar Waï sur l'amour est étonnante de sincérité, grâce à l'emploi de personnages extrêmes, illustrant parfois à la truelle les intentions du réalisateur. Peu importe, tant l'image, toujours suggérée (plans resserré à l'extrême laissant deviner, acteurs envoyant la réplique à d'autres oubliés par le cadrage, profondeur du champ privilégiée à la largeur) est splendide, la faute à un choix de couleurs rigoureux et à un traitement des matières assez incroyable pour le cinéma.
Wong Kar Waï signait sans doute avec 2046, un de ses plus beaux films, qui s'il ne se hisse pas au niveau de "In the Mood for Love" question intensité, reste un cas d'école de réalisation parfaite, de savoir faire, et incontestablement, de talent exploité jusqu'à son paroxysme.
Reste à espérer que le tout nouveau millésimé, "My Blueberry Night", saura réitérer la magie.
A louer de toute urgence, voire à s'offrir, avec "In the Mood for Love"... 5月12日 Deadwood.Juillet 1876, de longues colonnes de voyageurs convergent vers une petite ville du Dakota du Sud, Deadwood, perdue au cœur du territoire sioux, et ce, malgré la cuisante défaite du général Custer contre les indiens. La raison de cet engouement, de riches gisements d’or qui dégringolent des montagnes. Parmi les nouveaux arrivants, quelques légendes de l’ouest comme Wild Bill Hickock, escorté de la fidèle Calamity Jane, et d’illustres inconnus, dont Seth Bullock, ex sheriff, et son associé Saul Star, venus ouvrir une quincaillerie pour les prospecteurs. Sur place, tout ce petit monde découvre une Deadwood en perpétuelle expansion, ville de toile, de bois et de boue, tournant tout entière sous l’œil avisé et inquisiteur de Al Swearengen, le patron du Gem saloon, accessoirement auto-promu chef de la communauté et de tous les trafics locaux… Avec « Deadwood », HBO frappe encore un coup, et un coup de maître qui plus est, en replongeant de façon totalement immersive le spectateur dans une conquête de l’ouest plus vraie que nature. Si je voulais jouer la référence foireuse, je parlerais bien d’antithèse de « Docteur Quinn », tant les thèmes abordés sont dans le fond similaire. Rien d’étonnant à cela, puisque « Deadwood » ne fait que reprendre les fondamentaux du western, avec sa galerie de cabaretiers verreux, de docteurs acharnés à sauver leurs patients envers et contre tout, de vertueux sheriffs complètement à côté de leurs basques, d’as des cartes et de la gâchette, de jeunes et jolies veuves un peu paûmées, bref, la galerie habituelle, à quelques détails près. Ici tout sent aussi vrai que dans « Rome », et d’ailleurs sans doute va-t-on parfois un peu dans la surenchère, mais celle-ci se révèle absolument nécessaire à donner une âme à cette ville naissante, qui reste le premier personnage de la série. Les diverses figures qui l’habitent ont un avenir à peu près aussi incertain qu’elle, mais doivent survivre dans un milieu terriblement hostile. Le scénario, particulièrement bien écrit, permet de s’attacher très vite à tous les personnages, même les plus a priori détestables, suffisamment en tout cas pour avoir envie de les suivre jusqu’au bout de la première saison et de la suivante. Encore une fois pour une série HBO, l’audace prédomine, puisque ici on ose montrer dans fard cette naissance de l’Amérique dans la crasse, les visages de ceux qui façonnent ce pays encore en devenir (la Guerre de Sécession vient de se terminer) et qui est loin d’être reluisant, la corruption des agents de l’Etat, la violence qui sanctionne finalement tous les rapports. Tout va très vite dans le microcosme de Deadwood, trop vite sans doute pour que la ville, l’Etat, et en fin de compte, le pays tout entier ne puisse s’adapter à ces changements brutaux et radicaux. « Deadwood » s’impose donc comme une excellente série, que je trouve supérieure à « Rome », grâce à une galerie de personnages sans doute plus riche et ambitieuse, « Rome » souffrant en quelque sorte de devoir suivre le destin de nombreux personnages historiques, alors que « Deadwood » peut s’octroyer davantage de libertés. Je ne serais donc trop vous conseiller ce petit bijou, à mettre entre toutes les mains (sauf entre celles des gens qui se choquent d’un rien. Sauf si vous cherchez à les tuer. Dans ce cas là, enchaînez tout de suite avec « Rome »), même entre celles de ceux qui n’aiment pas les westerns. La preuve, j’en suis…
Note : ****
Spiderman 3
L’Enfer est pavé de bonnes intentions. Spiderman 3 aussi. Attention, la phrase que vous venez de lire ne veut absolument pas dire que ce film soit mauvais, loin de là, puisqu’il est dans la continuité des deux premiers, désormais des classiques incontestables du genre « super héros », mais on ne peut s’empêcher de sentir tout de même un léger tassement. Je m’explique. Peter Parker va bien, merci pour lui. Tante May fait des tartes, Mary Jane ses premiers pas sur les planches, il est devenu un étudiant brillant et quand un enfile ses collants, tout le monde se met à l’aimer. Seule ombre au tableau, son ex ami Harry lui en veut toujours d’avoir soit disant tué son père… Haine qui devient un rien plus embêtante lorsque le Bouffon Vert refait sournoisement son apparition dans les rues de New York. Jusqu’ici, vous allez me dire que l’histoire semble partir plutôt bien. Moi aussi en fait. Maintenant, rajoutez à la sauce une météorite venue de nulle part et d’où sort un « truc » ou un « machin » (on hésite un peu) qui piste Peter sur sa mobylette. Ensuite, incorporez un finalement vrai assassin de oncle Ben (celui de Peter, pas de Luke Skywalker…mais suivez un peu !) puisqu’il semble que l’assassin présumé tué dans le I n’était en fait pas le bon. Mélanger le dit vrai meurtrier dans un sable avec une centrifugeuse et obtenez un homme-sable. Saupoudrez d’une pincée d’un vieux personnage du comic, Gwen Stacy, capital sur le papier, adapté n’importe comment à l’écran (mais à quoi c’est t’y qu’elle sert donc ???), et un petit photographe qui joue les troubles fêtes… Là déjà, on nourrit quelques doutes quant à la tenue de l’ensemble. Heureusement que nos régions du Commonwealth ont du talent, et que Sam Raimi est un petit malin capable de faire de ce scénario foutraque une baraque cohérente, malgré tous ses pneus crevés. Mais Peter Parker est si sympathique au spectateur et le succès des films précédant aidant beaucoup, que la pilule passe. La recette du succès est restée la même, un héros très humain, plein de faiblesses et de défauts, dont la vie privée influe sur sa vie d’homme-araignée, des thèmes forts, ici le pardon et l’acceptation de soi. Sans se hisser à la hauteur du dantesque second volet, Spiderman 3 reste une indispensable conclusion à la meilleure trilogie de super héros jamais tournée. Et puis, New York est vraiment très très belle dans ce film…
Note :** 5月9日 Le Come Back.Le Come Back. Des fois, on se laisse embarquer dans des trucs tout de même… Le Printemps du Cinéma ayant bon dos, on peut se payer le luxe d’aller voir des choses pour lesquelles ont ne se serait jamais déplacé en temps normal. Du coup, juste après « La Cité Interdite », je suis allée voir « Le Come Back ». Mon Dieu que je regrette… J’aurais du me douter pourtant, une histoire de chanteur has been qui retrouve le chemin de la gloire et de l’amour le tout en même temps et avec la même personne, jouée par : -Hugh Grant : acteur anglais moyennement bon dans sa jeunesse ayant fait ses choux gras de « Quatre mariages et un enterrement » dont le succès le forcera par la suite à reprendre le même rôle, inlassablement. Enerve un peu… -Drew Barrymore : l’ex meilleure amie de E.T. devenue droguée et alcoolique mais qui a connu une remontée de pente spectaculaire lui permettant aujourd’hui de jouer comme un parpaing dans quelques films. Aurait mieux fait de rester en cure de désintox ou de s’envoler dans la soucoupe de son copain l’extraterrestre. Deux mauvaises raisons d’aller voir ce film, pas non plus catastrophique, mais franchement médiocre. Hugh Grant fait toujours aussi bien son numéro, et s’en donne à cœur joie dans les scènes de chant et de danse, mais c’est à peu près tout ce qu’il y a à signaler. Ah si, Drew Barrymore joue comme une quiche. La Cité Interdite.La Cité Interdite*. Il est trois heures du matin, le palais impérial se réveille au son des cloches rythmant avec la précision d’un métronome la toilette, l’habillage, et les premières tâches du jour. Une armée de serviteurs traverse les couloirs surchargés de tapis, de dorures, de sculptures, dans un ordre parfait, que rien ne trouble. Des cohortes de servantes semblables à de petites poupées de porcelaine au teint de lait immaculé se ruent en colonne dans les appartements de la reine. Et la reine tremble, transpire, en tentant de dissimuler sous le fard son teint gris. On s’en doutait un peu, mais ce film le confirme, la cité impériale est un fichu sac de nœud. Mieux vaut ici ne jamais tourner le dos à qui que se soit, ami ou ennemi au risque de se trouver un poignard dans le dos, ou un peu de poison dans votre potage. L’empereur Ping (je vous interdit de parler de son frère, Pong J) rentre au palais après une longue absence avec son second fils exilé un temps dans une province éloignée, histoire de le former un peu à la rude vie de prince. La nouvelle ne réjouit pas plus que cela l’impératrice, et pour cause, depuis quelques temps, elle en est sûre, on ajoute quelque chose de pas très net dans son remède, qu’elle est astreinte à prendre quatre fois par jour. Ce qui ne l’empêche pas de broder des chrysanthèmes à la chaîne, soit disant en prévision de la fête de Chongyang. Ping, à qui on ne la fait pas, trouve le comportement de sa femme un peu louche… A base de beaucoup (trop) d’ingrédients, l’intrigue aurait pu sombrer dans un salmigondis aussi imbuvable que le remède de l’impératrice. D’autant que l’on se laisse facilement tourner la tête par la splendeur des décors et des costumes qui vont font regretter de n’avoir que deux yeux pour les regarder. Heureusement, reste les acteurs, en particulier Gong Li et Chow Yun Fat, impériaux tous les deux dans leur jeu d’échec mortel, où chaque coup pourrait bien être le dernier. Gong Li est encore une fois remarquable de rage contenue, souvent belle à faire peur, glaciale, fragile, déterminée, désespérée, passant d’une émotion à l’autre avec une naturel déconcertant. Chow Yun Fat est effrayant de cynisme, de majesté et de réactivité dans un complot diabolique où il ne laisse pas sa part au chien. Guerre des nerfs, des sentiments, des armes et du pouvoir, « La Cité Interdite » porte le sceau de son réalisateur Zang Yimou, qui de film en film ne cesse d’aller plus loin dans la recherche visuelle, le tout sans effets spéciaux (les milliers de figurants chinois coûtaient moins cher à embaucher et à costumer que l’usage de la palette graphique). On peut regretter le côté surchargé du dit visuel, qui ne laisse pas une minute de répit, mais il est si bien au service de l’atmosphère générale du film qu’on pardonne vite la débauche de soieries, bois sculptés, verres irisés, tapis, meubles laqués, meubles peints, meubles en pierre, armures en or et en argent, combats homériques et hautement improbables (mais çà, on s’en fiche), ainsi que le surjeu de certains acteurs (mais c’est le style qui le veut…). L’histoire, inventée de toute pièce, se veut avant tout un récit d’imagination sur le pouvoir et les intrigues, sans jamais chercher à coller à une réalité quelconque. Du reste, Yimou ne ment jamais sur ses intentions : les costumes sont de la dynastie Tang, scrupuleusement identiques à ceux de l’époque, soit du VIIème au Xème siècle, mais les personnages évoluent dans la Cité Interdite, construite au XVIème. Ce qui reviendrait pour nous à filmer la vie de Charlemagne dans la Galerie des Glaces. Donc, tout çà pour conclure sur une citation de George R.R. Martin, extraite du « Trône de fer » : « Au jeu des trônes, il faut vaincre ou mourir. Il n’y a pas de moyen terme. » Note : * (le titre anglais « The curse of the golden flowers » collait bien mieux au sujet. Dommage de l’avoir changé en « Cité Interdite »). Angel« Angel » aurait aussi bien pu s’intituler « Je ne suis pas là pour être aimée » mais le titre était déjà pris. Dommage. Non, la pauvre Angel Deverell n’a pas grand-chose pour elle, entre sa tête à claque, son complexe de supériorité et son mépris ouvert pour le reste du monde. Et pourtant, avis purement subjectif, je n’arrive pas à la détester. Depuis toute jeune, Angel, fille d’épiciers, écrit des romans à l’eau de rose, où il est question de jeunes filles bien nées vivant des passions tumultueuses et tragiques avec de jeunes hommes de même extraction. L’imaginaire noyé dans ce romantisme rose bonbon, Angel a une certitude dans l’existence, un jour, elle sera un grand écrivain, aimée et vénérée par tous et toutes pour ses merveilleuses histoires. On la prend bien entendu pour une folle, jusqu’au jour où, le miracle se produit. C’est aussi là que l’on réalise à quel point la petite est réellement frappée. Si l’histoire d’ « Angel » en elle-même vaut assurément le détour, le film vaut aussi pour sa galerie de personnages, devant laquelle on ne peut que rester admiratif. François Ozon ne se contente pas de poser des caractères exceptionnels dans le décor, il les exploite, jusqu’à la lie, tout en sachant leur conférer une part de mystère. Ainsi on ne peut jamais réellement saisir Esmé, pas plus que l’on ne perce la froideur d’Hermione ou le masque de Theo. Un véritable tour de force compte tenu de l’ouragan Angel qui dévaste tout sur son passage. Femme passionnée, pleine d’assurance et de certitudes, totalement imperméable au réel, elle s’impose comme une héroïne romantique de première classe, particulièrement grâce au talent de Romola Garai, qui a su faire de son personnage non pas une hystérique à baffer, mais un être complexe et fascinant. Angel est en perpétuel décalage avec le monde, comme en témoignent ses tenues (20 bonnes années de retard sur la mode), et son domaine de Paradise, « bigger than life », bigger than l’écran aussi, qui peine à contenir la débauche de froufrous et de velours jonchant une demeure à l’image même de sa propriétaire (l’analogie entre la maison de Paradise et Angel est le fil rouge du scénario). Dans ce drame décadent se glisse une scène particulièrement forte, d’autant plus qu’elle constitue un point mort pour l’héroïne, ce moment où le peintre lui demande qui elle est réellement, et où elle ne peut répondre car elle n’est rien. Rien d’autre que Angel Deverell, un personnage de roman qui n’existe que dans l’imaginaire mais qui en ce monde, n’est rien. |
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