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8月31日 "Selon Charlie".Accueilli plus que fraichement au dernier Festival de Cannes, "Selon Charlie" de Nicole Garcia a donc subit un nettoyage en règle, allégeant l'ensemble de près de 20 mn.
N'ayant pas vu la version d'origine, impossible de comparer avec celle présentée en salle la semaine dernière. Reste néanmoins une impression d'inachevé.
7 personnages principaux, autant d'histoires, toutes plus au moins connectées les unes aux autres. 7 homme à la dérive, perdus dans leurs vies, et surtout irrémédiablement seuls.
On rencontre Charlie, jeune garçon introverti et timide, servant d'alibi à son père Serge qui trompe sa femme avec celle de Pierre, professeur de biologie de son fils, lequel Pierre est secoué par le retour pour un colloque de son ami Mathieu, venu exposer le bilan de ses dernières recherches dans sa ville de naissance, dont le maire, Jean Louis, entretient une relation avec une paysagiste. Leurs vies croisent à l'occasion celles de Joss, looser absolu abonné aux plans foireux et d'un jeune tennisman en plein naufrage.
Si le scénario est admirable, l'interprétation de très haute tenue, la réalisation juste ce qu'il faut de noiceur et de pessimisme, le montage assassine ce film pourtant rempli de bonnes choses. Si l'on s'attache aux personnages principaux, on peine à les comprendre toujours, tant l'évocation est pesante et le spectateur en attente d'un peu d'explications. On peut regretter par exemple le maintient de l'histoire du tennisman, sans aucun lien ou presque avec les autres, et qui ne fait qu'allonger la sauce, prenant un temps dont les 6 récits parrallèles auraient eu bien besoin.
"Selon Charlie" se voit sauvé par ses interprètes, entre la délicatesse de Benoit Magimel et Patrick Pineau, la détresse de Benoit Poelvoorde et de Ferdinand Martin (impeccable dans le rôle de Charlie), la force mêlée de fragilité de Minna Haapkyla ou encore la bonhommie apparente de Jean Pierre Bacri qui livre une prestation magnifique, proche de celle du "Goût des autres". 8月30日 "Eragon", de Christopher Paolini.Un jeune héros quitte sa paisible contrée avec un magicien taciturne et amatteur de tabac chevauchant un cheval blanc de noble lignée. Notre héros est en effet menacé par un noir seigneur car il possède quelque chose que celui ci veut plus que tout au monde. Pour récupérer son bien, le souverain envoye ses sbires qui n'ont plus grand chose d'humain faire le sale boulot. Un peu plus loin vous trouverez des elfes qui moulinent de la rapière à tout va, les nains vivants dans des cités sous la montagne dans lesquelles on rentre par des portes magiques qui s'ouvrent avec un mot de passe...
Non, il ne s'agit pas du "Seigneur des Anneaux" de Tolkien. Je vous ai bien eu pas vrai ?
Je suis en train de vous parler d'Eragon.
Ecrit par Christopher Paolini, jeune américain né en 1983, le roman passione les marmots et foules en général depuis maintenant plus de 2 ans. Pourquoi ? Sans doute à cause de cette petite note de l'éditeur proclamant Paolini héritier de Tolkien. D'un coup, le nom de la trilogie, "L'héritage", prend tout son sens.
Le seul problème est que la réputation est largement usurpée et qu'en fait d'héritier de Tolkien, on tient plutôt celui de Peter Jackson, à savoir un de ces nombreux opportunistes bourrins incapables de saisir tout le potentiel d'un récit de fantasy.
Rapide résumé de l'histoire : Eragon est un jeune homme de 15 ans qui au hasard d'une partie de chasse, découvre une étrange pierre bleue qui se révèle bientôt être un oeuf de dragon. Lorsque la petite créature vient au monde, les choses se corsent sérieusement pour Eragon car dans le royaume d'Alagaesia, seul le roi Galbatorix peut posséder une telle créature...
Soyons honnêtes, l'histoire part d'un bon sentiment. D'ailleurs, de façon générale, avec moi, tout ce qui parle de dragon part d'un bon sentiment. Passé ce quart d'heure de totale subjectivité et cette unique louange de la critique (oui oui), voyons donc ce qui ne va pas dans Eragon.
Tout d'abord, le jeunot mais néanmoins "héritier de Tolkien" a une tendance lourde à trop s'inspirer de la prestigieuse référence précedemment citée. Comprenez qu'il nous bricole des langages qui ressemblent furieusement à un mélange de latin et de langues de la Terre du Milieu, qu'il balance des noms de lieux qui font fortement échos avec ceux croisés dans le Seigneur des Anneaux (Anora pour Anor, Isenstar pour Isengard, Gil'Ead qui résonne furieusement comme Gil Galad...etc...) et qu'il va jusqu'à nous sortir des personnages totalement décalqués : Brom n'est il pas le frère caché de Gandalf ? Arya n'est elle pas la Xénarwen jacksonnienne ? Les Urgals ne sont ils pas les orcs, les Kulls, les Uruk Haï ? Les Ra'zacs n'ont ils pas un arrière goût de Nazguls ?
Si au démarrage on est indulgent, au fur et à mesure, on excuse plus rien, ni la médiocrité du style, ni les rebondissement archi prévisibles, ni la carte aux proportions foireuses, ni l'inavouée mais belle et bien présente inspiration chez Anne Mac Caffrey que l'on aurait bien aimé voir cité, juste pour atténuer cette impression de plagiat (le lien psychique entre dragon et dragonnier, la force de cette relation, la communication télépathique... Ou alors Alageasia c'est Pern, mais on ne me l'avait pas dit...)
Le mot le plus approprié pour définir Eragon est sans nul doute artificialité :
-Les langues inventées ne ressemblent pas à grand chose, même si on sent un certain travail derrière. Cela dit, dans un univers au l'on nous serine qu'il existe des langues nouvelles, croiser des Angela, Murtagh, Katrina, bref que des noms bel et bien issus de notre monde, çà fait tâche, comme on dit chez Mir Express...Et encore, je n'inciste pas sur les bricolages comme Galbatorix, étrange mix d'un empereur romain et d'un chef gaulois, ou Ajihad qui est, je vous le donne en mille, chef de guerre, comme son nom l'indique...
-Les personnages sont des caricatures et manquent sincèrement de personnalité. Le héros est fade, ennuyeux au possible, et ne peut même pas compter sur les autres pour être sauver (j'avais trouvé le même défaut dans Ewilan, mais l'héroïne était si bien entourée que son côté première de la classe passait comme une lettre à la poste.). Les personnages féminins sont sans intérêt, particulièrement celui d'Arya, dont la seule fonction semble être d'agiter les hormones du héros. Et puis on finit tout de même par sombrer dans le politiquement correct avec le chef de la résistance forcement noir, permettant de respecter les quotas. Toujours pour comparer avec Ewilan, Pierre Bottero était mille fois plus malin dans sa présentation du personnage de Salim dont tout le monde se fout de la couleur comme de l'an 40.
-Le style est neutre, composé de phrases courtes pas un sous évocatrices, et l'ensemble est parsemé d'incohérences. On sent néanmoins un net progrès vers la fin du livre, mais la lecture des remerciements nous apprend que la grand mère de l'auteur l'a aidé pour les derniers chapitres...
Peut on blâmer Chrostopher Paolini d'avoir écrit Eragon ? Non, d'autant moins qu'il l'a fait pour son plaisir, sans intention de publier. Les hasards de la vie l'ont fait naître dans une famille d'éditeurs qui ont saisis la balle au bond et ont décidé d'imprimer le manuscrit innocent de leur rejeton, histoire de faire leur beurre, à grand coup d'une promo aggressive.
Eragon se définit comme un parfait produit marketing. Publié en pleine vague Seigneur des Anneaux, poussé par une tournée des Etats Unis de l'auteur pour faire connaître son travail, boosté par de très bons publicitaires et de nouveaux éditeurs créant une filiation totalement injustifiée avec le père de la fantasy qui entend tellement de bêtises depuis 2001 qu'à force de se retourner dans sa tombe, il a du réinventer le mouvement perpétuel....
Eragon en quelques mots ? Inutile, prétentieux, et bientôt au cinéma (argh....). Passez vous en... (je viens d'attaquer "Le Dragon Blanc" de Mac Caffrey....Voilà, tiens...) 8月29日 Le vent se lève.Il est depuis quelques années devenu de bon ton de choisir pour palme d'or un film mineur. On se souviendra de "L'Enfant" des frères Dardennes, l'année dernière, de "Farenheight 9/11" de Mickael Moore ou encore il y a plus longtemps de "Dancer in the Dark" de Lars Von Trier.
A croire que les jury ne sont pas capable de prendre des risques, choisissant des valeurs sûres pour éviter de tomber dans la polémique. Ainsi "Le Vent se lève" ne déroge pas à cette règle établie.
Il est difficile de dire du mal de Ken Loach. Réalisateur engagé, directeur d'acteurs hors pair, auteur de chefs d'oeuvre tels que "Raining Stones", "Land and Freedom", ou encore "Lady Bird"... Seulement, on l'aura connu plus inspiré que dans ce dernier film.
A trop vouloir dépouiller son film pour ne pas en rajouter, il passe malheureusement à côté de son enjeu principal, à savoir la relation entre les frères O'Donovan, littéralement traitée par dessus la jambe et incapable de susciter l'empathie. Loach se perd dans les méandres de l'occupation anglaise puis de la guerre civile, jusqu'à seriner des idées que l'on a parfaitement saisies à coups de grands blabla politiques redondants. Etrange, pour un réalisateur qui a toujours privilégié le réalisme, de le voir à ce point délaisser l'humain. Ainsi, on ignore ce que font les deux frères dans le civil, on ne saura jamais si Damien et Sinead sont ou non mariés. On ne se penche que sur leurs vies en tant que membres de l'IRA et sur rien d'autre, ce qui rend leurs personnages singulièrement transparents et sans grande substance.
De même, les évènements sont souvent évoqués de façon bâclée. A moins de s'être renseigné avant, impossible de savoir que l'action se déroule à Cork et dans la région, grand bastion de résistance particulièrement déchiré lors de la guerre civile. On vit certes les choses de l'intérieur mais à aucun moment on ne confie les clés nécessaires à la compréhension de l'Histoire.
Reste malgré tout une bonne intention, celle de traiter la guerre civile irlandaise, sujet encore délicat à aborder aujourd'hui et très peu exploité au cinéma (pour mémoire :"Mickael Collins" avec Liam Neeson), et de réussir à exposer toute la complexité de la situation (malheureusement, sans vraiment la rendre accessible).
Et puis il y a une formidable direction d'acteurs, tous issus de la région de Cork (pour plus d'authenticité), tous parfaitement crédibles. Le duo phare incarné par Cillian (prononcez Killian) Murphy et Padraig (prononcez Patrick) Delauney offre de très belles scènes, les dernières tout particulièrement, hissant leur interprétation à des sommets. De petits moments qui font amèrement regretté que cette relation n'est pas été davantage exploitée par une caméra les oubliant très souvent, rendant ainsi totalement imperméable à l'émotion que le final devrait succiter. Malgré tout, le fragile Cillian Murphy se taille encore une fois un costard de grand, portant sur ses frêles épaules tout le film et prouvant ainsi qu'il avait la carrure pour le sauver. Mais bon, ce mec là a tué des zombies, alors... ("28 jours plus tard") 8月25日 La jeune fille de l'eau.Le monde de Cleveland Heep est désenchanté. Sa vie, morne et solitaire est à peine troublée par les arrivées de nouveaux locataires dans la résidence dont il est le gardien. Son monde est aussi sombre, les seules télévisions allumées ne diffusent que des images de la guerre en Irak.
Et voici qu'un jour, dans la piscine de la résidence, apparait une jeune fille, Story qui lui dit être une nymphe et avoir une mission à accomplir.
Après le déchainement des critiques contre "La jeune fille de l'eau", dernier film de M. Night Shyamalan, malheureux réalisateur qui, sacralisé par le succès de son Sixième Sens, se voit condamné par la presse et une partie du public à refaire inlassablement le même film, je craignais d'être déçue.
Mais Shyamalan ne mange pas de ce pain là. Il avait déjà su renverser sa propre machine dans Le Village, où au lieu de découvrir progressivement des évènements irrationnels comme dans ses deux premiers opus, ses personnages découvraient une réalité belle et bien cartésienne, dénuée de tout mystère. On se souviendra que le public n'avait pas franchement adhéré, désarçonné par la vraie fausse intrigue autour des monstres et la révélation finale qui n'était en aucun cas le but ultime de cet essai sur les peurs. Shyamalan avait su saisir l'air de temps en traitant sans en avoir l'air du monde traumatisé post 11 septembre.
Le processus de La Jeune Fille de l'Eau semble ici le même. Le film précédant montrait la peur et ce qu'elle engendre comme comportements. Celui ci dépeint un monde en proie aux tourments et aux guerres (les télévisions bloquées sur le conflit irakien), sans surprises (la réflexion du critique cinéma sur le film qu'il vient de voir) qui n'attend qu'une chose, s'évader, sortir de sa tragique réalité, en choisissant de croire à l'arrivée d'une créature échappée du Monde Bleu.
"La Jeune Fille de l'Eau" n'est ni plus ni moins qu'un conte, tout simplement, et même tout bêtement. On y retrouve tous les fondamentaux : les créatures magiques, la belle demoiselle à sauver, les méchants qu'il faut vaincre, la sorcière qu'il faut amadouer pour qu'elle vous révèle la solution de l'énigme, le héros qui apprend à se dépasser, l'union qui fait la force...
Impossible de le prendre autrement qu'ainsi. M. Night Shyamalan racontait cette histoire à ses enfants avant de la porter à l'écran. La seule chose qu'il sollicite de nous est notre âme d'enfant, comme le dit l'un des personnages. Parce que, comme la galerie des portraits qui habite son film, nous vivons dans ce monde dont nous aimerions parfois nous échapper, juste pour que l'on nous dise une fois qu'une seule personne peut tout changer, quelque soit la grandeur de ses actions. C'est là le seul et unique but du conte, nous enseigner que nous avons tous notre rôle à jouer dans la grande histoire et que la seule chose qui nous est indispensable de faire est de trouver quel est ce rôle.
On pourra toujours s'étonner que les personnages se prêtent au jeu aussi facilement, acceptant immédiatement que Story est une nymphe et qu'elle est là pour aider l'humanité en redonnant l'inspiration à un écrivain en panne, dont le manuscrit aura des répercutions dans l'avenir. Mais encore une fois, nous sommes ici dans un conte, là où les personnages sont toujours prêts à croire au fantastique, au merveilleux.
La critique n'aura pas été tendre avec "La jeune fille de l'eau", taxant son réalisateur de prétentieux et de redondant. Mais il est vrai que les critiques de cinéma ne pouvaient accepter sans réagir le sort réservé à leur représentant dans le film, mysanthrope tellement persuadé de sa connaissance du septième art qu'il se laissera avoir par celui ci. Le réalistaeur, démiurge, choisit de le faire taire pour de bon, histoire de montrer qui est le patron. Et oui, le patron c'est Shyamalan, qui s'accorde son rôle le plus important de toute sa filmographie, devenant l'écrivain que recherche Story et qui changera le cours des choses grâce à son livre. Le réalisateur entend peut être régler ses comptes aux critiques, en leur exposant un fait tout simple : ils peuvent écrire ce qu'ils veulent, seuls les artistes passeront à la postérité.
Difficile à avaler dans une profession que l'on connait succeptible et capable des pires cabales lorsque l'on touche à son devoir sacré de dire tout le mal qu'elle pense de gens faisant pour la plupart honnêtement leur travail.
Ne voyez donc dans toutes les critiques que vous lirez que la réponse du berger à la bergère, qu'un petit réglement de compte sans grand intérêt.
Et voyez dans "La Jeune Fille de l'Eau" un conte avant de s'endormir, une belle histoire à l'ancienne, un instant d'évasion vers le Monde Bleu. Un pur moment de poésie, qui n'exclut pas une réelle profondeur, comme toujours chez Shyamalan, qui oui, oui, et re oui, un très grand. 8月24日 EmmaSi l'amour et les sentiments étaient une forêt, alors Emma, héroïne de Jane Austen, y courrait les yeux bandés en se prenant tous les troncs...
Ecrit et publié aux alentours de 1815, Emma est une oeuvre certainement plus mature que les premiers romans de Jane Austen, déjà critiqués ici (Raison et Sentiments, Orgueil et Préjugés). Beaucoup plus long, et aussi, étrangement, beaucoup moins mouvementé, l'auteur suit la vie, sur un an, d'une toute petite société dans un petit village anglais. Parmis les gens de basse extraction on trouve Miss Emma Woodhouse, la dame de Hartfield, propriété sans doute la plus renommée de la région, avec laquelle seule Donwell Abbey, demeure de son beau frère Mr. Knightley peut rivaliser.
Emma est une jeune fille aimable, pleine de charme, intelligente dans son genre et en plus de cela, constitue un très beau parti. Et pourtant, on ne trouve personne de moins pressé qu'elle de se marier (obsession des héroïnes austéniennes). Le plaisir d'Emma est en réalité de marier les autres. Persuadée que sa naissance lui donne une supériorité et donc un droit à décider du destin des autres, elle se met en tête de marier avantageusement sa nouvelle amie, Harriet Smith, enfant illégitime qu'elle va se charger de faire entrer dans la meilleure société.
Le point de départ de Emma est radicalement différent des autres romans de Jane Austen. L'héroïne ne court pas après le mariage, bien au contraire, ne se souciant que de celui des autres. La maturité de l'ouvrage ne se situe en réalité pas sur ce point mais davantage dans le caractère même d'Emma, bien moins "parfaite" et admirable que Elizabeth Bennet d' Orgueil et Préjugés ou Elinor Dashwood de Raison et Sentiments.
Emma est orgueilleuse, vaniteuse, imbue d'elle même et de son rang, mais, et cela fait toute la complexité de son personnage, à tel point persuadée du bien fondé de ses actions, qu'elle reste attachante et en toute occasion charmante.
Emma a de formidable qu'elle est une rêveuse, préférant les scénarios qu'elle se fait de la vie et du futur des gens qu'elle rencontre, aux signes évidents prouvant souvent le contraire de ce qu'elle croit, et qu'elle est la seule à ne pas voir. Le lecteur renifle souvent la méprise à des kilomètres, au moment où Emma s'engage sur une route totalement différente. Une chance que Mr. Knightley soit là pour lui ouvrir les yeux ou la remettre sur la bonne piste...
Emma se distingue aussi par une galerie de personnages expliquant à elle seule l'épaisseur du livre. On sent nettement le plaisir de l'auteur à coucher mot pour mot les dialogues qu'elle imagine de l'hypocondriaque et soucieux du bien d'autrui Mr. Woodhouse, les babillages sans queue ni tête de Miss Bates, les auto-promotions de Mrs Elton... Mais on se délecte aussi du jeu de séduction adorable entre Emma et Franck Churchill, du cynisme de Mr Knightley, de la naïveté d'Harriet ou encore de la suffisance de Mr Elton.
Le personnage d'Emma accompagne néanmoins les attentions du lecteur, bientôt aussi soucieux que Mr Knightley de la voir enfin prendre contact avec la réalité. Son évolution est un peu à l'image de celle d'Elizabeth Bennet, qui comme elle, réalisant ses erreurs, apprendra à en tirer les leçons qui s'impose. A la différence que Elizabeth en était capable seule, alors que Emma a besoin de son fidèle ami Mr. Knightley pour réaliser à quel point elle s'était trompée.
Fidèle à l'esprit de Jane Austen, Emma se savoure comme chacun de ses romans, entre rire et étonnement, bonheur et larmes mais toujours dans ce monde merveilleux ou tout est bien qui fini bien, et qui rapproche consciemment ou non, Jane Austen de Emma, l'une comme l'autre créant leurs histoires pour ne pas voir leurs mornes réalités. Miami ViceLes séries policières américaines, je n'ai jamais pu supporter. Starsky et Hutch me saoulaient, Deux Flics à Miami je ne suis même pas sûre d'avoir vu un épisode en entier. Oui, quand j'étais petite, je ne me relevais pas la nuit pour voir des gus en costards hors de prix conduire des bolides moches en pétaradant à tout va sur des bandits patibulaires mais presque.
Alors qu'est ce qui pouvait bien me tenter dans cette adaptation grand écran de Deux flics à Miami ? Et bien son créateur, évidemment, celui dont qui contribua à engendrer la série qui me laissait froide. Parce que Mickael Mann a fait Heat, oeuvre absolument remarquable voir même chef d'oeuvre absolu du genre.
Oui, je le confesse, depuis que j'ai vu ce film, j'ai une confiance aveugle en Mickael Mann. Confiance qui s'est presque vue trahie hier soir pendant la projection de Miami Vice.
Commençons donc par ce qui fache. Malgré un très gros effort documentaire sur la trafic de drogue, l'infiltration machin tout çà, le scenario reste bancal. Parsemé d'incohérences (il faudrait que je revois le film pour bien toutes les lister), de zones d'ombres pas forcement toujours volontaires, il est la patte cassée de Miami Vice. Du coup, les personnages en souffrent un peu. Tubbs, incarné par Jamie Foxx semble se balader avec écrit "je suis un flic" sur la tête. Crockett décide de séduire la maîtresse du trafiquant pour le bien de la mission...Que l'on m'explique comment çà les a avantagé cette histoire...Ah oui, çà permet de caser Gong Li.
Venons en justement à ce qui ne fache pas, les personnages pour commencer. Souvent minés par le scénario, ils restent malgré tout incroyablement forts, tous autant qu'ils sont, des héros aux seconds rôles. Si on s'interroge sur la crédibilité de l'histoire Crockett/Isabella, on met très vite ses réticences au placard pour ne s'intéresser qu'à eux et à ce qui va leur arriver. De même pour Tubbs et Trudy.
Tirons ensuite un chapeau bas aux interprétes, magnifiquement dirigés. Colin Farrell sert, il est vrai, son museau habituel mais il est le meilleur à ce jeu la. Tout en violence et en nervosité contenues, il incarne ce flic sur le fil du rasoir, près de perdre ses repères, dépassé par la mission et par l'univers dans lequel il joue. La question que lui pose Isabella à la fin "Qui tu es?", on la devine sienne tout au long du film. Jamie Foxx est son contraire, davantage sur la défensive, toujours en alerte, accroché à ses convictions et bien moins schizophrène que son partenaire.
Mais traverse aussi (et surtout) ce film, l'impératrice, Gong Li, honorée par Mickael Mann d'un rôle secondaire mais complexe, où, évènement incroyable, elle est parfois amenée à sourire et même à rire (du jamais vu depuis Shangaï Triads qui est très beau film aussi, soit dit en passant). On lui trouve sous sa carapace une fragilité et une émotion qu'on lui avait un peu oublié, d'autant plus touchante que son personnage semble un peu maladroite dans ces séquences où elle quitte les oripaux de la femme d'affaire pour ceux de la femme tout cours.
Ne fachera sans doute pas non plus la réalisation. Caméra au poing sans être épileptique, image soignée comme rarement, Mickaal Mann habille sa pellicule des lumières de la nuit urbaine qu'il filme comme personne. Levés et couchés de soleil, séquences sur la mer, splendides survols de chutes majestueuses, magnifiques plans suivant des avions au milieu de nuages tels des architectures en plein ciel... La réalisation est bluffante, rien de moins. Mickael Mann excelle dans la création d'atmosphères, la séquence d'ouverture faisant office de plongée en apnée dans l'univers de l'infiltration.
Toutes ces réussites font amèrement regretter la rade totale du scénario qui sans être totalement mauvais, ne parvient pas vraiment à convaincre là où on l'attendait peut être le plus.Reste malgré cela un film référence, une oeuvre qui gagnera sans doute avec le temps ses galons de chef d'oeuvre, une fois le temps passé et à la lumière de la filmographie de Mickael Mann. 8月21日 En tournage...Une petite new comme çà en passant parce que çà ne coûte pas cher. Que tous les fans de Philip Pullman et de sa Croisée des Mondes sortent leurs mouchoirs. Cà y est, Hollywood a jeté ses crocs sur la sacro sainte trilogie consacrée aux aventures de Lyra et Will.
Pleurez donc les amis, car vue la complexité de l'oeuvre et son caractère méchamment trouble, les plus grandes craintes peuvent être engendrées par cette annonce.
Pour l'instant, seul le premier des trois livres, à savoir "Les Royaumes du Nord" est en cours d'adaptation.
Aux manettes, Chris Weitz, déjà responsable de Pour un garçon (avec Hugh Grant, Tony Colette et Rachel Weisz), mais aussi et surtout co-réalisateur de American Pie... Quand je vous disais que j'avais peur....
Après avoir digéré ce C.V. pour le moins prometteur, je peux donc vous annoncer que non content de mettre le film en image, Chris Weizt est également l'auteur du script. Pour ceux qui ne comprenne pas mes appréhension quand à sa capacité à rentranscrire toute la complexité et la richesse de l'univers de Philip Pullman, je renvoie à ma critique de la trilogie, quelque part dans mes archives (un peu la flemme de chercher le mois exact...). Et j'ajouterai que Chris Weitz a aussi collaboré aux scripts de La Famille Foldingue, Shangaï Kid et (enfin une référence digne de ce nom) FourmiZ.
Le tournage débutera en septembre et réunira Nicole Kidman dans le rôle de Mrs. Coulter (bonne nouvelle, teinte en brune on n'y verra que du feu), Eva Green dans la peau de la sorcière Serafina Pekala (excellente nouvelle, Mademoiselle Green étant à mon goût trop rare au cinéma et ce rôle lui va comme un gant), et Daniel Craig dans celle de Lord Asriel (mauvaise nouvelle, le nouveau James Bond remplaçant le génial Paul Bettany, lui aussi trop rare, qui a la facheuse habitude de se faire piquer de supers rôles par des freluquets sans talent ni charisme. Un seul exemple : le rôle de Balian d'Ibelin, dans Kingdom of Heaven aurait du lui revenir si la production n'avait pas fait le forcing auprès de Ridley Scott pour caser Orlandouille Bloom).
Au niveau des enfants, pas de nouvelle. Tant qu'on ne nous sort pas le robot Dakota Fanning, on peut respirer. Dommage que Jodelle Ferland soit trop jeune pour incarner Lyra... Se murmure le nom d'une certaine Dakota Blue Richards (ouf, pas Fanning donc), repérée pendant le casting de Cambridge et qui est une totale inconnue...Info à confirmer, mais votre reine est là pour çà !
Il parait que le casting recherchait des enfants pas trop ancrés dans le XXIème siècle...Mwarf...Fallait passer une annonce à Salt Lake City, ou dans une communauté Amish...
Et puis n'oubliez pas que la production a demandé à ce que le film soit moins anti religieux que les livres, de peur que celui ci en devienne moins populaire. Comprenez donc, un film fait par et pour des Américains gavés de religiosité et de morale passéiste et rétrograde...Autant dire que le sulfureux et le subversif du livre passera à la trappe... Faudrait tout de même pas choquer Bobby, état du Missouri, 12 ans et 120 kilos...
Alors voici encore un livre sacrifié sur l'autel du marchandising, bientôt décliné en Barbie Lyra ou Mrs Coulter, en happy meal avec un alétiomètre en plastique dedans, ou en test débile "Quel est ton daemon ? Une rascasse, un rat ou une blatte ?".
Le tout prétexte à débauche d'effets spéciaux et surtout dispendieux pour épater les mirettes de hordes de gamins nourris de mumakils façon attaque des quadripodes impériaux et élevés dans le culte de la divinité toute puissante Peter "Grosbil" Jackson, n'attendant qu'une chose, la baston, se foutant comme d'une guigne des subtilités d'une oeuvre originale qu'ils auront tôt fait de cataloguer trop "relou" en comparaison d'une collection d'images qui bougent trop "chan-mé".
Alors, tout en digérant leur hamburger "Iorek" double tranche de steack d'ours blanc, ils joueront avec leur aléthiomètre en plastique "trop de la balle" et caleront leur armoire pleine de t-shirt Com8 et de pantalons Airness avec le tome 1 des aventures de Lyra (parcequ'ils n'auront que le tome 1. Le 2 et le 3 sont carrement trop épais pour eux.).
Resteront les autres, qui auront eu le bonheur de lire ce livre avant que la déferlante commerciale et asceptisée n'arrive, vidant de ton son sens et de son contenu l'oeuvre tant aimée, désormais réduite à un spectacle facile à gober, plein de pétarades et de bons sentiments. Il ne nous restera plus que nos yeux pour pleurer et notre nostalgie de ces temps où l'histoire s'appartenait encore.
Plus dure sera la Chute...
8月20日 Les bonnes résolutions de la reine des folles.Pendant que certains vont taquiner le goujon, que d'autres rempaillent des chaises et que les moutons tondent la pelouse, la reine des folles se tourne les pouces.
Enfin, pas vraiment, hein, faut pas exagérer non plus. Bon, en fait, j'ai depuis quelques jours repris un semblant de vie sociale s'incarnant dans le retour pour une huitaine d'une amie d'ordinaire expatriée dans une partie transalpine de l'Europe.
Si je continue à écrire comme çà, dans deux mois, promis, je propose ma candidature chez Télérama...
Indépendamment des sorties et autres agapes dont je vous passerai le détail, je lis aussi pas mal ces derniers temps, avec Labyrinthe (critiqué plus bas. Allez donc voir, bande de feignants) et en ce moment le très drôle mais aussi très long Emma de Jane Austen. En parlant de çà, d'ailleurs, j'ai vu l'autre jour la version filmée pour la BBC de Orgueil et Préjugés réalisée par Simon Langton. Je vous la conseille vivement, pour une vingtaine d'euros, dans le rayons dvd série tv d'une fnac, par exemple.
Lorsque j'aurai fini Emma, je risque de m'attaquer ou bien au dernier livre de la Grande Guerre des Fils d'Anne Mac Caffrey, ou, pour rester dans la thématique draconique, au premier tome d'Eragon qui est depuis quelques jours dans mes petites mimines.
Question cinéma, pas de panique, je pense à vous (et à moi, par la même occasion). Il me faut impérativement voir Miami Vice, La Science des Rêves, et à venir la semaine prochaine, Nausicaa et La Jeune Fille de l'Eau.
Sachant que j'ai aussi une rentrée à préparer, un mémoire à rendre, des concours à préparer et un public à satisfaire, vous conviendrez que je vais avoir du mal à mettre fréquemment cet espace à jour. Enfin, comme disait le poète, "on fera ce qu'on pourra, les gars" (je défie quiconque de trouver le nom du poète).
En attendant, je vais donc tenter de me souvenir quand est ce que j'ai bien pu boire mon thé que j'ai visiblement fini, mais que je ne me souviens plus d'avoir pris. C'est çà la vieillesse... Et puis je consomme trop de Jane Austen en ce moment...
"Elizabeth ! Où avez vous donc mis ma chemise à jabot ?" 8月19日 Labyrinthe.Attention, mesdames et messieurs, damoiselles et damoiseaux, voici que la quête millénaire du Graal a fait un nouveau petit.
Tout d'abord, avant de parler du livre en lui même, éclaircissons le sujet de l'auteur. Kate MossE (avec un E) n'a rien à voir avec Kate Moss (avec cocaïne). Si elles sont anglaises toutes les deux, c'est bien leur seul point commun.
Voilà, çà, c'est fait. Passons maintenant aux choses sérieuses.
Juillet 2005, Alice Tanner, docteur de littérature médiévale, et Anglaise de son état, se rend dans le sud ouest de la France pour y toucher un héritage provenant d'une vieille tante qu'elle n'a jamais vu. Histoire de passer le temps, elle participe comme bénévole au chantier de fouilles de son amie, Shelagh O'Donnell, qui travaille sur le pic de Soularac, non loin de Foix. Le dernier jour, Alice met au jour l'entrée d'une grotte dans laquelle elle découvre deux squelettes, une bague, et le dessin d'un labyrinthe gravé sur le mur.
Eté 1209, Alaïs Pelletier du Mas, jeune mariée au chevalier Guillem du Mas et fille de l'intendant Bertrand Pelletier au service du seigneur de Carcassonne, Raymond Roger de Trencavel, découvre un corps dans une rivière. Son père, se méprenant sur l'identité du cadavre lui dévoile peu à peu un incroyable secret.
Comme vous l'aurez par vous même constatez, nous sommes ici en présence de récits entremêlés. L'histoire s'articule donc entre les aventures d'Alice et celles d'Alaïs. Pas besoin non plus d'être grand clerc pour découvrir que derrière tout ceci se cachent de sombres histoires de réincarnation et de passé hantant le présent. A vrai dire, on a déjà vu tout çà.
L'intérêt de Labyrinthe ne réside pas dans sa forme, et pour tout dire, pas non plus dans le fond. Le but ici est encore et toujours de trouver le Graal, du moins, c'est ce que l'on est amené à croire pendant un bon bout de temps.
Si l'enquête contemporaine fait penser à du Dan Brown, le volet médiéval s'avère en revanche plus surprenant.
Tout d'abord, parce que venant d'une Anglaise gribouillant un bouquin de divertissement, le soucis de recherche historique est plus qu'honorable. On suit pas à pas les évènements de l'été 1209, le siège de Béziers et de Carcassonne, on sent l'auteur à l'aise dans cet univers du château comtal, dans les rapports de pouvoir, les enjeux réels de la croisade contre les Albigeois, les subtilités du catharisme, l'ambiguité de la situation dans les évêchés du sud ouest.
Ensuite, Kate Mosse consacre sa dernière page à ses sources, chose suffisamment rare dans ce genre de livres pour qu'on puisse ici la saluer.
Malheureusement, l'ouvrage souffre de quelques défauts, et non des moindres.
Il s'agit certes d'un premier livre, mais l'ensemble est totalement dépourvu de style. On occile entre Marc Lévy et Dan Brown sans jamais trouver un ton qui serait propre à l'auteur. Ce handycap contribue grandement à l'impression que rien ne se passe, que l'action ne finit jamais par décoller, quand bien même on fait défiler des pages et des pages et que les enjeux sont censés se dramatiser.
Autre petit soucis, le problème des prétendues ou réelles (peu importe) réincarnations. Sans que l'on puisse comprendre ce qu'elles font là, et de quelles façons elles servent l'histoire, on les sent s'imposer depuis le départ, au point de désamorcer 10 chapitres à l'avance certaines révélations. A titre d'exemple, le personnage de Will dynamite totalement l'effet que l'on était en droit d'attendre concernant son pendant médiéval. Si les histoires des personnages se font écho à 8 siècles de distance, celles ci finissent souvent par s'annuler les unes les autres.
Enfin, dernier problème et non des moindres : le Graal. A la fin du roman, je revoyais presque ce fabuleux épisode de Kaamelott où les chevaliers dissertent autour de la vraie nature de celui ci, tout cela pour aboutir au constat que le Graal, on ne sait ni ce que c'est, ni à quoi çà ressemble (même si selon Perceval, le Graal, c'est un bocal à anchois). Ici, même combat. Visiblement, ce n'est pas un objet, mais au final, la chose est si bien exposée que l'on ignore totalement à quoi sert ce machin censé donné la vie éternelle (tout çà pour apprendre que en fait, bah non...). Le must est atteint lorsque dans la terrrrrrible scène où les méchants veulent s'en emparer, on se rend compte que de toute façon, le Graal, il est assez grand pour ce protéger tout seul. Du coup, on se demande bien pourquoi tout ce pataques de 600 pages.
Mais rendons à Kate Mosse ce qui lui appartient, on sent que les 600 pages en question sont travaillées. Un gros effort documentaire aura été consenti à la fois sur la vie quotidienne au Moyen Age, le catharisme, l'histoire du Graal, la croisade contre les Albigeois... Et puis, comparée à Dan Brown (puisqu'elle boxe dans la même catégorie), elle fait fi des nombreux clichés parsemant ce genre de livres et dont mister Brown nous rebat les oreilles à l'envie. Ici point de méchante église qui crâme à tour de bras les gentils cathares. Point de gentils héros cathares vilainement persécutés par d'odieux Français pleins de défauts et de bile... La réalité apparait assez nuancée et exempte de facilités.
Au final, que dire de Labyrinthe ? Premièrement que je n'ai toujours pas compris à quoi il servait, le labyrinthe (comme le Graal, tiens...). Deuxièmement, que c'est un excellent livre de plage. Troisièmement, qu'on peut même le lire si on ne va pas à la plage ( et çà c'est bien). Quatrièmement, que l'on aurait tord de bouder son plaisir. Cinquième, j'entretiens un contentieux à l'encontre des cathares suite à un TD qui s'était moyennement bien passer sur les Bougres (les cathares quoi) d'Arras, mais que depuis, je leur ai pardonné. Et comme maintenant je sais qu'ils se réincarnent, je vais vous conseiller de lire ce livre. On est jamais trop prudent...
Alors, au final, le Graal, c'est un bocal à anchois ? 8月16日 "La Tourneuse de Pages".A 10 ans, Mélanie est une pianiste prometteuse. Pendant son examen d'entrée au conservatoire, un des membres du jury, Ariane Fouchécourt, la déconcentre, lui faisant ainsi rater le concours. Blessée, Mélanie abandonne le piano. 10 ans plus tard, elle est prise comme stagiaire dans un grand cabinet d'avocat dont le patron n'est autre que le mari de Ariane. Pour dépanner celui ci, Mélanie accepte de jouer les baby sitters pour Tristan, leur fils. Dans la demeure familiale, elle rencontre puis sympathise avec Ariane, dont la carrière de concertiste bat de l'aile.
Malgré une réalisation pas vraiment à la hauteur du sujet, cette "Tourneuse de pages" est glaçante. Incarnée par la jeune Dedorah François (découverte dans "L'Enfant" des frères Dardennes) Mélanie s'invite dans la vie d'Ariane, dans son coeur, dans ses répétitions, ses concerts, jusqu'à devenir indispensable à son équilibre. L'oeuvre de la tourneuse est d'autant plus diabolique que sa vengeance mettra du temps à s'accomplir. 10 ans d'attente pour reproduire enfin l'humiliation qu'elle a vécu, donnant le coup de grâce à Ariane par l'arme avec laquelle cette dernière l'avait brisée quelques années plus tôt.
L'interprétation reste la qualité majeure de ce film où Catherine Frot sait s'effacer devant Deborah François, avec un rôle de femme fragile, vulnérable, peu à peu enferrée dans sa relation avec cette étrange jeune femme qui parle si peu et la regarde tant.
Mélanie ne se contente par de tourner les partitions d'Ariane. Elle est aussi celle qui, après avoir tourné la page du piano dans ses jeunes années, décide d'arracher celles de la vie de son employeuse, par un travail de sape lent mais implacable, bien caché sous sa petite voix et sa candeur apparente.
Dommage que le réalisateur, Denis Dercourt, se soit contenté d'une mise en scène classique, un peu trop parfois, laissant peut être trop la responsabilité à ses acteurs de raconter l'histoire. 8月11日 Cours SerpentAu XIVème siècle, l'archevêque Einar Sokkasson charge l'abbé Montanus de se rendre dans l'évêché de Nouvell Thulé, fondé dans la colonie d'Erik le Rouge, dont on a plus de nouvelles depuis quelques siècles et qui aurait bien besoin d'une piqure de rappel question christianisme. Pour traverser la mer de glace au nord de l'Islande, Montanus fait construire, selon les méthodes ancestrales, un navire capable de braver les mers gelées, le "Cours Serpent".
Après un voyage rude et dangereux, l'abbé et son équipage débarquent en Nouvelle Thulé, découvrant une terre hostile et violente, où survivent péniblement les descendants des Normands.
Avec horreur, Montanus découvre la batardisation de la foi unique avec des pratiques païennes empruntées aux Skraelingar, les mystérieux et agressifs indigènes, avec lesquels les colons ont parfois eut des enfants, réduits dans un état de semi esclavage et que l'on nomme publicains.
La mission de Montanus ? Remettre de l'ordre dans tout celà et assurer la survie de l'évêché. Et tant pis si pour se faire, il faudra massacré tous les déviants. On n'est pas là pour rigoler...
Et çà, on ne rigole pas dans "Cours Serpent". A moins d'avoir un humour très douteux. Le héros, Montanus, est un être abjecte, totalement enferré dans ses convictions religieuses, incapable de flexibilité ni de compassion, dépourvu de la moindre humanité, caractère s'accentuant à mesure que le récit avance.
Obéissant aveuglement aux ordres de son archevêque qu'il révère par dessus tout, il met un zèle tout particulier à faire de la Nouvelle Thulé un endroit délivré de tout paganisme. Quitte à exécuter en masse colons et publicains qui seraient tentés de sortir des clous (de la Vraie Croix, entendons nous bien).
Le récit est rédigé de son point de vue, dans un langage médiéval et très codifié, étant en réalité un compte rendu de sa mission. Le procédé, s'il a l'intérêt d'un exercice de style, souffre néanmoins d'une énorme faiblesse : le manque d'explications.
Scandinavie, Vikings et colonisation du Groenland ne m'étant pas étrangers, j'ai, grâce aux excellents livres de Régis Boyer, réussi à comprendre de quoi il en retournait. Mais il reste qu'une personne n'ayant jamais lu un ouvrage spécialisé sur le sujet peut se retrouver perdue.
Le narrateur, et a fortiori l'auteur, n'explique rien, puisqu'il sait parfaitement de quoi il parle. On ignore ainsi quel est son évêché de départ, sans doute la Norvège, ou la Suède, mais peut être plus vraisemblablement le Danemark. Le seul repère géographique du lecteur devient l'étape islandaise, qui s'efface bien vite devant la description des fjords de Nouvelle Thulé, jamais désignée par le terme de Groenland.
De plus, certaines subtilités, comme le statut des publicains, sont délicates car jamais décrites réellement. Difficile de saisir, même si elle est bien rendue, que l'on est en présence d'une forme d'esclavage particulière, celle des Scandinaves, dont on a que très peu de traces dans les sources.
Déroutante aussi cette peinture des Inuits, jamais nommés autrement que "gnomes" deux ou trois fois, ou "skraelingar" ("tordus", "chétifs" en norrois) et qui ne sont jamais suffisament évoqués ou décrits pour être reconnaissables.
Et pourtant, au delà de ces difficultés, l'horreur dépeinte par le livre est elle même dure à encaisser et se devrait d'occuper déjà le lecteur. Rien, pas même le tragique voyage de l'aller ne prépare Montanus et ses hommes à ce qu'ils vont découvrir. En bons chrétiens prosélytes et persuadés du bien fondé de leur mission, ils se heurtent avec rage à l'anthropophagie, l'inceste, la corruption, la crasse, et surtout à la dégénérescence des colons, désormais si éloignés de leur idéal.
Si l'ensemble est remarquablement bien écrit, plein de sous entendus, de doubles points de vue, à l'image de l'épilogue, offrant une explication par le capitaine du Cours Serpent, radicalement différente de celle de Montanus (et éclairant ainsi sur la propre dégénérescence d'un personnage qui refuse de l'admettre), ce livre souffre donc d'un défaut majeur, celui de l'érudition d'un auteur qui en voulant trop bien faire, c'est à dire créer artificiellement une source historique donnant des réponses à la mystérieuse disparition de la colonie d'Erik le Rouge, aujourd'hui encore interrogeant nombre d'historiens, ne réussit qu'à perdre son lecteur dans des références, une époque et un contexte qui lui est totalement étranger.
L'idéal est, avant de lire Cours Serpent, de se plonger dans un des ouvrages de Régis Boyer. Si cet historien s'intéresse à l'ère viking, qui s'achève 3 siècles avant les évènements du livre, il donne néanmoins les clés nécessaires pour apprécier pleinement l'ouvrage et ses brumes. 8月8日 "Desperate Housewives".Depuis quelques années, la série télé connait un véritable retour en grâce. Les productions se succèdent, chaque rentrée dévoilant son nouveau millésime. Entre les Sex and the City, 24 heures chrono, Lost, Dead Wood, Les Experts, F.B.I. Portés Disparus, et plus récemment Rome, le téléspectateur n'a plus que l'embarras du choix.
Cet été a donc déboulé en clair sur M6 les très attendues Desperate Houseviwes, encensées par la critique outre Atlantique et plébiscitées par les abonnés de Canal+.
Je l'avoue, les premiers soirs, ma déception fut à la hauteur des attentes projetées sur l'évènement. Certes drôles, bien écrits, bien joués, et bien ficelés, les 4 premiers épisodes ne m'avaient pas férocement emballée.
Personnages caricaturaux encore plus outrés que ceux de Sex and the City, situations prévisibles et un rien convenues... Bref, tout cela sentait la belle ouvrage mais surtout la superficialité.
Le pire restant, bien sûr, la fameuse voix de Mary Alice, la gentille voisine qui un beau matin se tire un balle dans la tête et observe ses voisins depuis le monde des morts.
L'artifice était annoncé comme LA grande nouveauté de la série, LE truc super original trouvé par un scénariste génial...
Mouais, pour ceux qui auraient la mémoire courte, le narrateur omniscient est un procédé déjà vu, ou plutôt, déjà entendu. Encore une fois, dans Sex and the City, où Carry Bradshaw commentait les vies de ses trois amies, d'autant plus facilement que chaqué épisode était un de ses articles en cours de rédaction.
Alors mis à part que l'infortunée Mary Alice soit morte, l'effet retombait singulièrement à plat (au contraire des soufflés de Bree, qui eux, ne retombent jamais...C'est bien connu.). D'autant plus que ses commentaires pseudo-philosophiques peinaient (et peinent encore) à décoller.
La force des Desperate Housewives n'était donc pas là, et se révèlerait dans les épisodes suivants. Tout le sel de cette série repose sur le mélange des genres. Potache, romantique, angoissante, drôle, mélancolique, stressante, attachante, détestable, classique, iconoclaste, Desperate Housewives, c'est un peu tout çà à la fois, un cocktail détonant qui prend corps au fur et à mesure que progressent les intrigues.
On se passionne pour le mystère entourant la mort de Mary Alice, on s'interroge sur le plombier, on rit de et avec Susan, on savoure les déboires de Gabrielle, on rêve de baffer les enfants de Lynette, on guette la nouvelle catastrophe prête à tomber sur le coin du museau de Bree...
Ce mélange se retrouve bien sûr dans les personnages principaux, tous très différents et paradoxalement bien assortis, les fameuses femmes au foyer désespérées, vivant toutes dans la très chic banlieue de Fair View, sur Wisteria Lane.
Susan (Teri Hatcher) qui élève seule sa fille Julie, est plus immature que sa gamine et vit dans un vaudeville permanent. Les gaffes semblent attirées par elle, qui se presse pour tomber dans leurs bras. Sa vie a un petit côté séries d'access prime time sur M6, dans le genre Notre belle famille, Touche pas à mes filles ou Une nounou d'enfer, avec ses situations très théatrales et souvent convenues.
Lynette (Felicity Huffman) est l'ex femme d'affaire aux crocs d'aciers, reconvertie dans le pseudo plus beau métier du monde, celui de mère de famille. Malheureusement, celle qui était une femme de fer dans son travail se révèle incapable d'élever correctement ses trois garçons, plus la petite dernière, qui, ouf, ne marche pas encore...
Gabrielle (Eva Longoria), vit dans un épisode perpétuel de Dallas. Mais au lieu de compenser par l'alcool comme Sue Ellen (dont elle a troqué la classe pour un look de pin up limite vulgaire), elle se perd dans le shopping et les bras de son jardinier qui partage entre autre avec elle une intelligence un peu limitée. Mariée à Carlos, un homme d'affaire légèrement verreux, la material girl se croit plus maligne qu'elle ne l'est, tout çà, comme le dit si bien sa femme de ménage, parce qu'elle est jolie. Mais le personnage de Gabrielle est aussi l'occasion d'une concession à l'Amérique puritaine, aussi écoeurante qu'incompréhensible pour une série prétenduement iconoclaste. Enceinte contre son gré, elle ne parle ni ne pense une seule seconde à l'avortement. Une telle aberration, trahissant à la fois l'esprit de Desperate Housewives et celui du personnage est totalement impardonnable.
Bree (Marcia Cross), est le dragon de Wisteria Lane. Sous ses allures de grande bourgeoise se cache une tueuse, un monstre de froideur et de calcul, capable de tout pour venger son honneur et sauver sa famille. Bree est la parfaite électrice républicaine, engoncée dans ses certitudes et bien à l'abri dans son petit monde de "pub pour détergent" qu'elle s'est créée, avant que tout le bel édifice ne vole en éclat sous l'impulsion de son mari, Rex.
Bree est sans doute le personnage le plus intéressant de la série, tant elle subit un vrai bouleversement de son univers. Peu à peu, son monde s'écroule, ses certitudes avec, la fragilisant toujours plus. Pragmatique et caractérisée par un instinct de survie plus fort que tout, Bree se raccroche alors à ses valeurs et à ses rituels, qu'elle pense être sa planche de salut. Mais qu'on se le dise, l'élégante rousse est aussi capable d'adaptation en milieu hostile, comme un reptile (un dragon, je vous dis !). La vie de Bree, c'est en quelque sorte un épisode de Sept à la maison trash, où le ver serait entré dans le fruit.
Desperate Housewives a, c'est bon à savoir, souffert du même handycap que LOST sur sa première saison, à savoir que les créateurs ignoraient qu'elle serait la longévité de leur série après les tout premiers épisodes. Fut donc écrite et tournée la première moitié de la saison contenant les plus grosses intrigues et les plus grands enjeux. Ce qui explique pourquoi, dès le milieu de celle ci, on sent un tassement très net de l'intrigue et la multiplication des historiettes destinées à rallonger la sauce. On voit donc Mamma Solis découvrir le secret de Gabrielle puis se retrouver plongée dans le coma pour maintenir le suspens plus longtemps. Enfin, sa mort vient sauver un personnage qui aurait perdu tout son sel si l'infidélité avec le jardinier avait été révélée plus tôt.
Idem pour Mick, dont l'enquête à Wisteria Lane piétine tellement qu'elle en devient ridicule.
Cela dit, le talent des créateurs de la série réside dans le fait que ce délayement ne nuit pas à l'ensemble, servant davantage à poser les personnages et à creuser leurs psychologie plutôt qu'à faire durer articiellement le plaisir.
Cependant, on peut légitimement s'interroger sur la capacité de cette série à tenir sur la longueur. Beaucoup d'intrigues trouvent leur résolution à la fin de la saison une, et de nombreuses situations ont déjà été exploitées.
Difficile de voir comment pourrait évoluer les relations entre Susan et Eddie Britt, dont on semble avoir déjà fait le tour, délicat d'envisager comment le personnage de Gabrielle va désormais conserver son intérêt...
Seules Bree et de Lynette semblent encore posséder un vrai potentiel, la première pour les épreuves qu'elle va maintenant traverser suite à la mort de Rex et qui vont la forcer à la fois à reconstruire son univers et à affronter sans allié dans la place son fils Andrew (dragon nourrit au sein de la dragonne...), la seconde parce que la reprise de son activité professionelle et la reconversion de son mari en homme au foyer promet beaucoup.
Aux Etats Unis, la seconde saison a vu ses audiences chuter, ainsi que les nominations dans les diverses cérémonies...L'engouement serait parait il, singulièrement retombé, l'effet de surprise passé. La troisième saison y est prévue pour la rentrée. Nul doute qu'elle servira de test pour la série.
Le phénomène était il réellement fait pour durer ?
8月7日 "Sex and the City" de Candace Bushnell.New York, New York...
Fan de la série, il me fallait, à un moment où un autre, faire le grand saut et lire le livre qui avait inspiré les aventures de Carry, Miranda, Charlotte et Samantha.
Et l'expérience fut pour le moins déroutante. Si le côté étude sociologique est bien présent, il faut avouer qu'il est nettement plus drôle à regarder qu'à lire. En toute franchise, la première moitié du livre ennuye un peu. C'est celle où le narrateur, vraisemblablement l'auteur elle même, pose les personnages, en les faisant apparaitre au détour d'une de ses enquêtes. On y croise avec un certains plaisir les prototypes de celles qui seront Charlotte York (ici une jounaliste anglaise), Miranda Hobbes (très peu présente), Samantha Jones (moins tombeuse dans le livre et productrice de cinéma), Carry Bradshaw, Mr. Big (ici appelé le Boss), Stanford (un peu moins homo), et même Smith, l'inoubliable beau gosse de la dernière saison que l'on reconnait dans le personnage de l'acteur du Middle West, Latrique, paradoxalement mégalo et ultra simple.
L'intérêt et l'intrigue naissent donc à mi parcours, lorsque le narrateur s'efface pour laisser Carry au milieu de la scène. C'est désormais elle qui recueille les confidences de ses amies et connaissances, elle qui tient lieu de fil rouge grâce à son histoire avec le Boss...
On suit alors avec plus de facilité les destins de la upper class newyorkaise dans ce portrait grinçant, laissant apparaître, sous le côté clinquant et vie facile, toute la superficialté des personnages, finalement plus malheureux qu'autre chose, incapables de trouver l'âme soeur à force de trop la rechercher et de vouloir la faire rentrer dans leurs critères étriqués. Ce qu'ils recherchent tous devient une quête du Graal, promis aux seuls âmes pures, à celles qui sauront voir au dela des codes sociaux et des préjugés bourgeois. C'est ainsi que Carrie trouve le Boss et le découvre, au dela de cette aisance matérielle qui est au départ tout ce qu'elle recherche et dont elle finira par réaliser toute la vanité. Elle qui croit que la vie à deux se résume à sortir et à évoluer dans un conte de fée sans contraintes ni difficultés déchantera très vite, mais finira, note d'espoir du livre, par comprendre qu'avant tout, elle doit surtout y travailler.
"Sex and the city" n'est pas un must have. Plus grinçant que la série, plus pessimiste aussi, il reste, à mon avis, inférieur à son développement sur petit écran, même si il s'impose souvent par son cynisme et sa critique acérée de la vie dorée de Manhattan. Si vous êtiez fan de la série, la lecture vaut le détour. Pour les autres, sincérement, on peut s'en passer, mais ce livre n'a rien d'inintéressant non plus... Pirates des Caraïbes : le secret du coffre maudit.Cà va, on connait la chanson :"Quinze marins sur le bahut du mort, yop laho, une bouteille de rhum...gnagnagnagna..."
Oui, rien n'a changé au royaume des pirates made in Disney, où le capitaine Jack Sparrow règne en maître. La suite de ses aventures crée tout sauf la surprise, même si, disons le, à aucun moment on a le sentiment d'être volé sur la marchandise.
Alors que Will et Elisabeth sont arrêtés pour complicité avec la piraterie et menacés de la peine capitale, Jack Sparrow, égal à lui même, se fourre dans les ennuis jusqu'au cou. A la recherche d'une mystérieuse clé qui ouvre on ne sait quoi on ne sait où, il se met à dos l'impitoyable et tentaculaire Davy Jones, le capitaine maudit du Hollandais Volant, avec lequel il a une vieille dette.
Qu'est ce qui pourrait mieux caractérisé ce "Pirates des Caraïbes 2" que l'absence de scénario ? Rien. Pas même le prétendu "Sparrow show" pourtant attendu. Certes, Johnny Depp a la bride sur le cou et s'en donne à coeur joie, mais, peut être la faute à l'effet de surprise émoussé et aussi à l'énormité de l'attente, l'anti-pirate n'est pas franchement convaincant.
Quelques passages sont très bien sentis, entre autre la brochette de fruit géante, le combat dans le moulin et sur la roue, sans parler des belles réussites visuelles que sont les pirates du Hollandais Volant, plateau du fruit de mer flottant...
De jolis plans sont à noter, comme les navires anglais à Port Royal, ou encore bon nombre de séquences en mer avec le désormais légendaire Black Pearl.
Mais sorti de celà, pas grand chose à signaler. Johnny Depp sauve encore une fois le film à lui tout seul. Bien obligé, car si l'on considère la performance très moyenne de Keira Collagène Kgnitley (dont les lèvres ont légèrement dégonflé, tant mieux...) et la nullité crasse d'Orlando Bloom (il y est pire que dans son interprétation désastreuse de Legolas...C'est dire...), le casting laisse grandement à désiré.
Côté méchant, on est guère mieux lotis puisque après le truculent capitaine Barbossa du "Pirates des Caraïbes : La Malédiction du Black Pearl", servi par un Goeffrey Rush en grande forme qui tenait la dragée haute à Depp, le nouveau vilain de l'histoire est nettement plus fade, parce que trop classique, et desservi, il faut bien le dire, par son look tentaculaire auquel le film s'arrête.
D'ailleurs, autant le dire tout de suite, le film s'arrête sur beaucoup de chose, laissant la désagréable impression d'un scénario écrit à mesure que le film se tournait. Les intrigues se bousculent, se confondent, changent en cours de route, tant et si bien qu'à la fin, on est plus tout à fait sûr d'avoir compris quelque chose à l'histoire. En gros, l'ensemble est aussi bordélique que l'intérieur de la tête de Jack Sparrow. C'est dire...
Que l'on se rassure, le capitaine Sparrow reviendra, même si, vue la fin du film, on ignore encore comment. Le troisième volet, déjà en boite, sortira au printemps 2007 avec son lot de nouveautés, entre autre, la présence confirmée de Keith Richards (enfin remis de sa chute du cocotier) en père de Jack et le retour de certains anciens (déjà amorcé dans le 2). Reste à espérer qu'on y mette Bloom et Knigtley en retrait, même si le rôle de la demoiselle connait un tour en fin d'épisode qui tend à la complexifier.
Et malgré tout ce que je viens d'écrire et qui laisserait penser que je classe ce film dans la catégorie des mauvais, voir des grosses déceptions, je tiens tout de même à préciser que jamais, pendant 2h30, je ne me suis ennuyée. Certes tout est convenu, par forcement très drôle, mais le spectacle est là, sans autre prétention que d'en mettre plein la vue. De ce point de vue, "Pirates des Caraïbes : Le Secret du Coffre Maudit", est une réussite, visuellement époustouflant, et joliment orchestré.
Simplement à la différence du premier, il fait un peu figure de consommable, sitôt vu, sitôt oublié.
Reste Jack Sparrow, bien sûr, déjà culte ! "Passe moi le celte"...Chose promise, chose due, chronique du Festival Interceltique.
Comme il n'y a pas que des Bretons dans la salle, petit rappel des faits : Le F.I.L., comprenez Festival Interceltique de Lorient, se tient tous les ans entre la fin juillet et le début aout, à Lorient, perle du Morbihan (ceux qui me parlent des bombardements et du béton, dehors... ), et rassemble les nations prétendues celtes, à savoir la Bretagne, l'Irlande, l'Ecosse, le Pays de Galles, la Cornouaille anglaise (je ne sais jamais si il faut lui mettre un S ou pas...), la Galice et les Asturies (pour l'Espagne), et plus récemment, l'Acadie, l'Australie, et parfois le Japon (ils sont fous de Pipe Bands), les USA, et tout ce qui, de près ou de loin, souffle dans un biniou...
Au programme, musiques dans les rues, les bars, concerts dans presque 5 sites différents tous les soirs, village celte où l'on mange, dépense ses sous, se fait marcher sur les pieds, les pavillons des nations, espaces où l'on boit, mange, écoute de la musique et prend des renseignements pour de futurs voyages...
Bref, que du bonheur, pendant 12 jours.
En 12 jours, je suis allée voir deux concerts durant lesquels j'ai vu 6 artistes et groupes différents.
Là, en lisant la ligne précédente, vous vous êtes tapés la tête contre les murs, puis êtes tombés à genoux les bras en croix en miaulant, "Mais comment est-ce possible, ma reeeeiiiiine ?????".
Les plus perspicaces d'entre vous aurez compris que je suis tout simplement allée voir des concerts collégiaux, avec pleins de gens en même temps dedans. Je vous aime bien, vous.
Première soirée, le concert de Dominique Dupuis, violoniste acadienne de 19 ans et déjà virtuose, et de Deborah Henson-Conant, harpiste californienne folle et virtuose aussi. Sur le papier, on avait l'air de lire "rencontre des deux artistes". J'y suis donc allée à avec dans l'idée de les voir jouer ensemble. Loupé. Dupuis assurait la première partie, et Henson-Conant la seconde. Elles n'auront en tout et pour tout joué qu'une seule fois ensembles, à la fin. Mais c'était sympa.
Dominique Dupuis est très sympa, une gentille petit artiste bourrée de talent et d'énergie, qui a d'autant plus de mérite de donner autant sur scène lorsque l'on sait que tout les soirs, elle jouait au pavillon de l'Acadie jusqu'à près de deux heures du matin. Respect...
Debarah Henson-Conant est une artiste, une show-woman à l'américaine, qui se ballade en santiag et mini jupe avec une harpe électrique en banboulière. Son répertoire va de la jig irlandaise à la chanson mexicaine en passant par le blues (elle est d'ailleurs la compositrice du mythique "New Blues" pour harpe celtique. Si vous ne connaissez pas, surtout pas de panique. A moins d'être harpiste ou de s'intéresser de très près à cet instrument, il n'y a aucun risque que vous en ayez entendu parler). Grande professionelle, elle impose sa personnalité au travers de ses interprétations survitaminées, de sa très jolie voix (oui, elle chante aussi...) et de ses blabla entre morceaux toujours très drôles et dans un français charmant car approximatif.
Joli concert donc, malgré le fait que les deux artistes n'ont joué ensemble qu'un morceau à la toute fin. Dommage pour moi qui, les imaginant jouer en duo avait espéré un bête accident où l'Acadienne aurait mit son archet dans l'oeil de l'Américaine qui, pour se venger, l'aurait chargé avec sa harpe...
Second concert, samedi soir (du coup, je dois télécharger LOST maintenant...grrrr), "Chant de femmes", où 4 artistes et groupes se sont succédés. Une chantesse limite lyrique américaine avec une très belle voix mais un répertoire de neurasténique, ouvrait le bal.
Suivait deux Irlandaises du groupe Rua (çà veut dire "cheveux rouges"), rouquines toutes les deux, mais totalement fades, même si la chanteuse se bébrouillait plus que très bien. La violoniste qui l'accompagnait se contentait de chatouiller de temps à autre son crincrin que l'on entendait à peine à cause de la bande son qui passait en même temps, imposant au spectateur des arrangements musicaux pourris.
Ensuite, une chantesse gaélique écossaise des Hébrides, à l'accent aussi rocailleux que l'île de Bara dont elle est originaire, et qui s'accompagnait à la harpe.
Et enfin, l'apothéose finale avec le groupe galicien Leilia, 5 chanteuses a capella dynamiques ayant pour mérite de présenter des chants peu communs, à savoir ceux que leurs grands mères beuglaient (vu le volume sonore dégagé, c'est le mot,même si c'est très joli) au travail. La meneuse faisait l'effort de parler français, comme une vache espagnole, pour expliquer les instruments qu'elles utilisaient, à savoir des poeles et des clés, des bêches et des cailloux, et des boites en fer blanc. Malgré le côté un peu répétitif du répertoire, le groupe dégageait une belle énergie qui a permis de réveiller la salle, un peu bercée par les interventions précédentes.
Voilà donc, comme je le disais, pas grand chose, puisque je n'ai pas joué de bombarde, n'ai pas été à la nuit du port de pêche, ne me suis pas battue contre un kangourou, et n'ai pas bu une seule goutte de bière (mais je n'aime pas çà, alors...). Malgré tout, j'ai vu des moutons avec des yeux de drogués, des tas de mecs en kilt, des steacks de kangourou en train de cuire, un type qui jouait de la gaïta (cornemuse espagnole) sur son ordinateur, des fumeurs de poissons, des militants "Non au hamburger, oui à la crêpe au beurre!", des peintures aborigènes, des aborigènes et des didjeridoo, un monsieur qui sifflait comme un rossignol, une statue qui bouge, un bédouin, un sikh, et des Acadiens déchaînés sous leur pavillon (mais çà, c'est un pléonasme). L'interceltique, c'est chic...Ah, Lorient, éperon farouche dressant ses façades blanches contre les embruns furieux de l'Atlantique... Tu sombres à nouveau dans l'ennui pour un an...
Bon, l'ennui, c'est vite dit, il y a trop de bars dans cette ville pour qu'une telle chose soit possible...
Passons. Comme le dirait l'autre, nous pouvons donc reprendre une activité normale. Le Festival Interceltique étant terminé depuis hier soir, les derniers binious se dégonflent, les vendeurs de kouing aman remballent leurs gateaux, et les organismes des festivaliers éliminent doucement la bière...
Oui, ce matin, Lorient à la gueule de bois. D'autant que l'édition fut sympathique, très différente en tout cas de la précédente, prétenduemment portée par la nation invitée, à savoir la lymphatique Irlande, emmitoufflée dans son sentiment de supériorité estampillée "les plus celtes de celtes", cocasse quand on sait que de celtes, il n'a pas du en avoir bézef à fouler le sol de la verte Erin...Dès fois, les copins, une leçon d'histoire, çà vous remet les idées en place...
Non, cette année était celle de l'Australie, ou devrais je dire de l'Australie et de l'Acadie, puisque les cousins du Nouveau Brunswick ont trouvé le moyen de faire de chaque édition du festival la leur, même quand ils ne sont pas les invités d'honneur.
Les Américains et les Océaniens auront passé leur quinzaine à faire beaucoup de bruit dans leurs pavillons respectifs, histoire de savoir qui était le plus fort. Résultat des courses ? Match nul. Avec un petit plus pour les Australiens, qui servaient des steacks et des saucisses de kangourou, contre lesquels les Acadiens, qui n'avaient pas cette année envoyé de leur délicieux sandwich de homard, ne pouvaient pas rivaliser... Ben oui, dans le festival, il n'y a pas que la musique et la bière...
Alors, en attendant l'année prochaine, qui sera celle de l'Ecosse et de l'Acadie, je peux donc reprendre mon rythme de croisière et vous annoncer solennelement que j'ai vu "Pirates des Caraïbes 2", quel exploit me direz vous (et vous avez raison) mais que j'ai aussi réussi à finir "Sex and the City"...Critiques à venir...
Malheureusement, vu la médiocrité des sorties prochaines, il est fort possible que je n'ai pas grand chose à raconter les jours prochains. "Miami Vice", ce n'est que dans deux semaines...Patience...
En attendant, je vais peut être vous raconter ce que j'ai vu au Festival Interceltique (à savoir pas grand chose, donc rassurez vous, çà ne sera pas long !). 8月2日 Le monde merveilleux des mises à jour MSN...Voilà, vous l'aurez sans doute remarqué, MSN a lancé une nouvelle mise à jour des espaces perso. Et vous l'aurez sans doute constaté aussi, maintenant, çà ne ressemble plus à rien...
Bon, au chapitre des nouvelles, je suis un peu débordée en ce moment et, il est vrai, je n'ai pas mis les pieds dans un cinéma depuis un sacré bout de temps. Avec la sortie de "Pirates des Caraïbes 2" cela devrait changer, mais il faut dire aussi que pour l'instant pas grand chose de bon n'est paru sur les écrans...Faut pas tout me mettre sur le dos non plus...
Question bouquins, j'accumule les trucs à lire mais comme je n'avance pas aussi bien que je le voudrais dans "Sex and the City" (qui est bien plus drôle à regarder qu'à lire, soit dit en passant), je prend un retard fou...Pas grave me direz vous, pendant ce temps, la Terre continue de tourner.
Alors au programme dans les semaines à venir, ce qui est affiché dans la rubrique "A venir sur ce blog", sachant que la rétro Terrence Malick n'est pas pour demain. J'ai maintenant vu au obtenu tous ses films (je sais...quel exploit quand on sait que le gus n'en a tourné que 4...) mais il me reste à trouver le temps de les regarder, de les digérer et de vous pondre une critique digne de ce nom. Et comme, accessoirement, je suis tout de même censée rédiger un mémoire d'une bonne centaine de pages d'ici à la fin du mois de septembre, je ne vous fais pas un dessin, le temps joue contre Malick, et les priorités aussi.
Voilà voilà, c'était la minute "je vous raconte ma vie" du mois. A si, une autre mauvaise nouvelle, "Apocalypto" de Mel Gibson a été repoussé au mois de décembre, du moins pour sa sortie US. Pas demain la veille qu'on l'aura chez nous, en espérant que le film ne fasse pas trop les frais des horreurs que son réalisateur a balancé l'autre jour pendant son arrestation pour conduite en état d'ébriété...(dès fois, l'alcool a bon dos quand même...) |
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