La Reine des fo... 的个人资料Chez la reine des folles照片日志列表更多 ![]() | 帮助 |
|
9月29日 LOST, saison 2.Depuis maintenant 48 jours, ils sucent leurs lacets de chaussures, affrontent des animaux incongrus, font les signaux de fumée, cohabitent avec des néanderthaliens cradingues, se balladent en pleine jungle avec des bâtons de dynamite...
Oui, LOST ce n'est pas une synécure, on pourrait même en dire que cela tient plus du sacerdoce. Car tout ici est en fin de compte une affaire de foi.
Après une première saison pleine de surprise, de mystères, de codes, de personnages à découvrir, le moins que l'on puisse dire est que la seconde fournée d'épisodes aura démarré sur un rythme lent voir lénifiant, avec un scénario bégayant faisant découvrir en trois épisodes la même scène sous trois angles différents, sans que le procédé est un intérêt quelconque, à part bien sûr, de délayer encore la sauce.
Bref rappel des faits : après avoir supplié l'autre naufragé involontaire de l'île, la revêche et paranoïaque Danielle Rousseau (vive l'état de nature, monsieur de philosophe...son homonyme féminin mettant un gros plomb dans l'aile du mythe du bon sauvage), de leur donner de la dynamite, Locke, Jack, Kate et Hurley font sauter la trappe que John Locke a découvert dans la jungle. Au même moment, alors que Hurley tente d'empêcher les autres d'ouvrir le battant parce qu'il porte une séquence de chiffres soit disant maudits, Sawyer, Jin, Mickael et son fils Walt voguent sur leur radeau et se font aborder par un bateau piloté par les Autres qui kidnappent Walt et filent sans demander leur reste...
Les poings crispés, le coeur au bord de la tachicardie, la bave aux lèvres, nous avons donc découvert cet été la nouvelle saison, celle qui devait apporter les réponses à nos questions fondamentales : qui y a t'il sous la trappe ? Qui sont les Autres ? Quel est le sens des chiffres ? A quoi ressemble le monstre ?
Passés les premiers épisodes sans grand intérêt, les solutions pointent finalement le bout de leur nez. On découvre un homme dans la trappe, vivant dans un bunker où toutes les 180 minutes, une alarme se déclenche pour avertir d'un danger iminent que l'on évite en entrant dans un ordinateur qui n'a pas d'autre fonction que celle là, un code composé des fameux chiffres...
Mais les surprises ne s'arrêtent pas là. On apprend la survie de passagers de l'arrière de l'avion, qui vont venir grossir les rangs des autres survivants par l'intermédiaire de Jin, Mickael et Sawyer.
Et puis l'on en apprend plus sur les Autres, en découvrant avec Claire ce qui lui est arrivé lorsqu'elle a été enlevée. Et la vérité est bien plus effrayante que tout ce que l'on pouvait imaginer. Loin des Robinson que l'on imaginait, on découvre des scientifiques jouant le jeu du Survivor pour abuser nos disparus, des hommes persuadés d'être du côté des bons, possédant la liste de tous les passagers et des connaissances approfondies de leur passé.
En suivant le principe des vases communicants, à toute réponse succède une nouvelle question. On ignore (officiellement encore) le sens des chiffres, ainsi que la raison de la présence des Autres, enfin incarnés cette saison par divers personnages, à commencer par l'inquiétant pseudo Henry Gale.
Cependant, le scénario n'est pas avare de révélations en cours de route. Ainsi on découvre ce qui se cache derrière l'alarme dans le bunker, à savoir un programme servant à désamorcer une charge électromagnétique surpuissante. Vraisemblablement connectée à cette anomalie, on a enfin la clé de la guérison miraculeuse de Locke. Le mystère de l'avion nigérian est éclaircit, la prédiction du médium de Claire devient une vaste supercherie...
Et surtout, de plus en plus, la synchronicité devient la règle de fonctionnement de la série. Tous sont plus ou mojns connectés : la femme de Jack a été paralysée suite à l'accident de voiture qui a tué le père de Shannon, Locke a vendu une maison à Nadia, l'amie de Saïd, ce dernier a rencontré le père de Kate en Irak et a servi contraint et forcé l'homme qui avait recueilli Desmond dans le bunker. Desmond a rencontré Jack le jour où celui ci opérait sa future femme, mais il a également croisé Libby avec le bateau de laquelle il a fait naufrage sur l'île maudite. Cette même Libby a été internée avec Hurley et au même moment dans un hopital psychiatrique. Ana Lucia a travaillé pour le père de Jack et a brièvement croisé Sawyer à cette occasion...
Bredf, tout le monde a un lien avec tout le monde, tant et si bien que l'on en vient à croire que tous ne sont pas ici par hasard, comme tend à le prouver le fait que les Autres possèdent la liste de tous les passagers.
Mais plus fort que les mystères de l'île et les relations de plus en plus complexes entre les personnages, il y a ce thème de la foi, bien plus exploité dans cette saison que dans la précédente. Cette foi surtout incarnée par Locke croyant dur comme le fer de la trappe que dans le bunker se cachent toutes les réponses, persuadé de l'importance d'entrer le code pour sauver l'humanité, devenant le reflet du spectateur qui comme lui commence à douter de la nécessité de taper les chiffres jusqu'à tenter la folie de laisser le compte à rebours aller à la fin, manquant de provoquer une mini apocalypse. L'arrivée de Eko, vrai faux prêtre vivant le cheminement inverse de Locke renforce encore cette idée de la foi et de son importance. On en retrouve l'écho dans d'autres scènes, comme Bernard croyant qu'un magnétiseur peut guérir le cancer de Rose, Saïd découvrant le pied à quatre orteils d'une étrange statue juste après avoir prié...
LOST semble encore avoir de beaux jours devant elle, tant la richesse de la série est une mine pour les scénaristes parfois en mal d'inspiration qui lorsqu'ils sont lancés sont capables du meilleur. Les rumeurs parlent d'une quatrième et dernière saison, avec peut être un long métrage à la clé, mais rien n'est moins sûr. Reste à espérer que l'on n'ira pas jusqu'à une saison 8, 15, 16, 23 ou 42...Manquerait plus que çà...
Mauvaise nouvelle pourtant, au vu des audiences en baisse de cette saison (pourtant bien meilleure que la première), TF1 songerait à faire basculer la diffusion en seconde partie de soirée, logique de profit oblige. Oui, je sais, c'est injuste, mettre Arthur en prime time plutôt que Naveen Andrews est un honte, un crime, une trahison absolue. Malheureusement, il va falloir nous y faire, puisque TF1 ne reculera devant rien. Je rapelle pour mémoire le dernier épisode de Dawson (je ne suis pas accro mais je pense aux fans, je n'aurais pas aimé qu'on me fasse çà) amputé de 20 minutes pour ne pas rogner sur la tranche horaire, les diffusions anarchiques des Experts et autre New York Section Criminelle, Spéciale, les programmations à minuit passé de 24 heure chrono qui évidemment on été un tel échec que la saison deux n'a jamais été diffusée...
Attendons nous donc au pire. Et pourtant, je rapelle que Jack, Kate et Sawyer sont prisonniers des Autres, que Mickael et Walt se sont enfuis avec le bateau, que Locke et Eko ne sont pas revenus de l'explosion du bunker, qu'un cheval se balade sur l'île, que Sun est enceinte, que Rose est guérie, que les cahiers de la Perle n'ont jamais été ramassés par personne, que les Autres sont des gentils et qu'une vidéo sur internet vient de nous révéler la signification exacte des chiffres, la finalité du projet Dharma et son terrifant plan de secours...
Aller, un petit cadeau, parce que vous êtes sages et que vous avez tout lu jusqu'au bout : www.youtube.com/watch?v=Ubvjj1pfmM8
9月27日 "Indigènes".Tout ou presque a été dit sur le film de Rachid Bouchareb, "Indigènes", évènement du dernier festival de Cannes et plus globalement de l'année cinéma 2006.
Tellement de palabres que l'on en oublirait presque que plus qu'un film militant, "Indigènes" est aussi un bon film de guerre au scénario impeccable et à l'interprétation royale.
En 1943, Abdelkader, Saïd, Yassir et Messaoud s'engagent dans l'armée pour libérer la France du nazisme. Sous la direction du sergent Martinez, ils entament un long périple qui les mènera de l'Italie à l'Alsace, jusqu'au bout d'eux même.
Ma plus grande crainte concernant "Indigènes" portait sur le fameux message que porte ce film à propos du statut des tirailleurs africains à l'époque et aujourd'hui, que je craignais de voir martelé à tout bout de champ entre deux grenades et un drapeau français.
Rien de tout celà dans ce film où tout est parfaitement dosé. Rachid Bouchareb se contente d'exposer des faits et des actes, laissant au spectateur l'appréciation de la situation, sans jamais lui forcer la main. Le scénario fait la part belle aux revendications d'égalité des tirailleurs africains mais aussi à leurs combats, leurs peurs, leur humanité, en ne les peignant jamais comme des victimes absolues mais des êtres pour qui se battre contre l'Allemagne relève de l'acte de foi et du pur patriotisme.
Le réalisateur s'appuye d'ailleurs sans scrupules sur ses acteurs, incarnant des personnages dont la profondeur et la complexité ajoute encore du corps au film.
On aura donc Saïd, incarné par un Jamel Debouzze en état de grâce totalement convaincant, le paysan illétré qui deviendra l'aide de camp du sergent Martinez.
Yassir est un combattant berbère qui a les yeux bleus de Sami Naceri et son visage hiératique, engagé volontaire avec son frère Larbi, dont le rapport à la France est un peu plus ambigu, sa famille ayant été massacrée par l'armée française lors d'une mission de pacification.
Messaoud, joué par le parfait (comme d'habitude) Roschdy Zem est la grande gueule et le bon camarade.
Abdelkader, auquel l'épatant Samy Bouajila prête ses traits, est un caporal, dont le niveau social est nettement au dessus des autres et qui incarne le contestataire, celui qui de part son éducation et sa position se permet de dénoncer les injustices là où les autres restent passifs.
Abdelkader est sans doute le personnage le plus riche et le plus intéressant, avec celui du sergent Martinez, l'un comme l'autre incarnant ce qui fera quelques années plus tard de l'Algérie une poudrière. Abdelkader est celui qui prend conscience des injustices et qui sait gouter et sentir le vent de la liberté et des droits que lui aussi peut prendre. Touché de plein fouet par le statut d'infériorité des tirailleurs africains, il rue dans les brancards, d'autant plus fort qu'il est celui de la bande qui a peut être le sentiment patriotique le plus fort, le drapeau tricolore chevillé au coeur.
A ses côtés le sergent Martinez, pied noir lui aussi considéré par l'état major comme un soldat de seconde zone, mais toujours servi avant ses hommes. Martinez incarne ce paradoxe, cette ambiguité entre les colons et les colonisés, ce mélange de respect, d'amitié et de paternalisme matiné d'un complexe de supériorité. Cet état d'esprit et particulièrement mis en valeur dans son rapport avec Saïd, son aide de camp.
Le final, sans doute un peu prévisible et téléphoné frappe malgré tout par la toute dernière scène ou le regard fixe du vieil homme assis sur son petit lit dans un foyer parle plus que tous les discours.
Au final, il ne manque pas grand chose à "Indigènes" pour être un grand film. L'ensemble, de très grande tenue et d'une qualité remarquable (entre autre, les séquences d'ouvertures où un nuage vient mettre de la couleur sur des panoramas noirs et blancs sont toutes sublimes), sait se mettre à hauteur d'homme, sans exaltation du courage à la "Soldat Ryan" (ici c'est d'ailleurs plus tôt le soldat Rayane...mais que je suis drôle ! ), restant tout simplement au niveau des angoisses et des réactions humaines de chacun, allant chercher leur force dans leurs convictions, dans le dévouement au supérieur ou dans la volonté de faire ce pour quoi ils sont venus, voir pour conquérir des honneurs volés.
Ce qui empêche "Indigènes" de gagner une étoile de plus c'est le classicisme de la réalisation et du traitement, qu'au final on ne peut reprocher à Rachid Bouchareb qui avait déjà énormement à dire ( et qui le fait très bien) et dont le sujet interdisait un peu l'iconoclasme. Sujet qui par ailleurs n'interdit pas que l'on aille voir ce film, bien au contraire, car par la finesse de son argumentaire, il fait figure de must have seen. 9月25日 Je vais bien, ne t'en fais pas.Philippel Lioret est un type doué. "Mademoiselle" était déjà un velours illuminée par l'interpète solaire qu'est Sandrine Bonnaire avec laquelle il récidivait dans "L'Equipier", crêpe dentelle un ton en dessous mais toujours aussi élégante.
"Je vais bien, ne t'en fais pas" est assurement de la même veine, impressionant de sobriété dans la mise en scène et d'intensité au niveau de l'interprétation, aucun rôle ne restant à la traîne, des premiers aux seconds en passant par ceux qui ne sont même pas à l'écran.
Après un mois à Barcelone, Lili rentre à Paris où ses parents lui apprennent que son jumeau, Loïc, a disparu depuis 5 jours, suite à une grave dispute avec son père. Au départ simplement surprise, Lili va peu à peu sombrer dans une attente panique, persuadée que le silence de son frère cache quelque chose de grave. Désespérée et abandonnée, Lili devient anorexique, se laisse mourir à petit feu, refusant même la perfusion de l'hôpital dans lequel ses parents sont forcés de l'interner. Et puis un jour, arrive une carte postale de Loïc.
Outre les qualités citées plus haut, "Je vais bien ne t'en fais pas" séduit aussi par un scénario simple en apparence mais qui sait entretenir un vrai suspens, suspendu au jeu des acteurs principaux. On s'attache et l'on s'identifie à Lili à travers ses souffrances, poussées à l'extrême mais qui ne sombrent jamais dans le pathos écoeurant qui pendait pourtant au nez de toutes les scènes d'hôpital, traitées avec une économie de moyen réduisant le drame à sa plus simple expression (le silence de la voisine de chambre, les lumières pâles, les ellipses...). On s'accroche désespérement au visage impénétrable de Kad Merad, impressionant dans ce rôle tout en retenue et en dissimulation, en y cherchant les réponses que l'on ne cesse de chercher avec Lili. Et peut être plus étonnant encore, on compatit pour l'héroïne aux côtés d'Aïssa Maïga et de Julien Boisselier. On se surprend même à chercher le visage de Loïc que l'on ne connait même pas dans le rues d'une station balnéaire.
L'empathie est totale, absolue, à tel point que le dénouement et la révélation de l'énigme ne nous pousse même pas à juger les comportements des uns et des autres autrement qu'avec compréhension et compassion, de la même façon que le font les personnages.
Révélation du film, Mélanie Laurent dépasse son statut d'espoir du cinéma français pour s'imposer dans la cour des grands. Toute en fragilité, ne puisant sa force que dans son espoir de retrouver son frère, elle livre une composition éblouissante et marquante.
La surprise de "Je vais bien ne t'en fais pas" est assurement Kad Merad que l'on a pas l'habitude de voir dans ce registre dans lequel pourtant, il excelle. Aurait il trouvé son "Tchao Pantin" ? 9月23日 Le diable s'habille en Prada.Jeune, jolie, et motivée, Andrea Sachs une taille 40 bardée de diplômes se rend tout de synthétique vêtue à son entretien d'embauche au poste de seconde assistante de la rédactrice en chef du magazine Runway, Miranda Preistly. Passé le choc culturel et le job décroché, Andrea va tenté de faire son trou et surtout de se faire apprécier de sa boss car il est de notoriété publique qu'un an chez Runway vous ouvre toutes les portes. Le seul problème c'est que un an, cela peut paraitre très long aux côtés de la tyrannique Miranda et son aéropage de tailles 34 à 36 (maximum autorisé à la rédaction).
Sans autre prétention que celle de la comédie, "Le diable d'habille en Prada" fait figure d'oeuvre de très grande classe, non seulement parce que l'interprétation est aussi impeccable que le brushing de Meryl Streep, mais aussi parce qu'il laisse entrevoir sous les jean Armani et les sautoirs Chanel toute la vanité de cet univers de la mode au détour de quelques répliques et tirades pleines de clinquant mais dont le contenu est irrémédiablement creux.
Comme le dit si bien Andy après sa première journée de travail :"ils se donnent tous l'air important comme s'ils étaient en train de combattre le cancer". Tout est là, à la fois la justification de l'effervescence perpétuelle chez Runway, mais aussi le drame que vit dans le fond Miranda, la femme dragon, lauréate de la palme du patron impossible. Femme intelligente, elle a parfaitement conscience de l'inutilité de son travail qui non seulement dans le fond la désole, mais aussi lui bouffe la vie.
Ce qui saute aux yeux c'est à quel point tous ces gens, censés faire un boulot de rêve sont dans le fond malheureux, ou trop superficiels et stupides pour s'en rendre compte. Aucun d'entre eux n'est réellement épanouit dans un travail qui les force à se répéter en boucle "j'adore ce job, j'adore ce job" pour tenir le coup lorsque la dernière requête extravagante de Miranda tombe, laquelle n'a rien trouvé de mieux pour se donner un aspect d'importance.
Le film qui se déroule comme un défilé perpétuel se clôt sur un constat sans appel sur ce monde de la mode, qui broie les âmes et les vide, tout çà pour rien. 9月20日 President.Malgré le casting alléchant (Dupontel, Rich, Doutey, Renier...), malgré une idée de départ intéressante, ce Président là, je n'aurais pas envie de le réelire.
Perdu dans les méandres d'un scénario jamais à la hauteur de son sujet, le film ne repose finalement que sur l'immense qualité de l'interprétation, Albert Dupontel en tête.
Là où l'on attendrait une peinture de la vie quotidienne de premier citoyen de France, on ne fait qu'esquisser des lieux communs ou des réalités sans surprise. L'histoire a de plus tendance à se perdre entre le destin du président, et celui de son gendre, Mathieu, dont les motivations resteront toujours floues et qui ne contribue pas à assurer la cohérence de l'ensemble.
L'attente du spectateur se situant surtout au niveau du personnage principal, on ne peut être que frustré par ce portrait en demi teinte, d'autant plus que le jeu excellent de Dupontel laisse entrevoir toute la solitude du chef d'Etat et ses conflits intérieurs. 9月18日 Orgueil et Préjugés.En soit, le monde de Jane Austen en assez dépaysant. Imaginez, des hordes de filles toutes plus bien élevées les unes que les autres prenant le thé chez des amies en courrant après des invitations au bal où elle espèrent bien y trouver un mari...
L'adaptation 2005 de ce qui est considéré comme le chef d'oeuvre de son auteur, Orgueil et Préjugés, est presque aussi déboussolante que la plongée dans l'univers austénien. Et du coup, deux traumatismes pour le prix d'un, c'est presque trop.
Nourrie d'images et de la version BBC de l'ouvrage, je me figurais donc les aventures de la famille Bennett dans une charmante maison proprette où tout ce qui porte jupon y serait vêtu de taille hautes avec des bouclettes immondes sur le front.
Premier choc : le réalisateur prend le contre pied du livre qu'il adapte et dont la moindre ligne sent l'authentique à plein nez pour en faire une sorte de conte de fée ayant pour cadre des décors oniriques tel la maison de famille des Bennett, vieux manoir du XVème entouré de douves et cerclés d'oies et de canards, ou encore Netherfield, demeure que louent les Bingley dont la froideur des murs n'a d'égal que la sobriété sublime de sa façade colonnée.
Second choc : les Bennett sont ici gens de peu, n'ayant que des lambeaux d'un prestige désormais révolu auxquels se rattacher. Ainsi la maison est sale, les vêtements simples et démodés, les coiffures totalement inexistantes (mais c'est un défaut des films en costume), le style affiché ne correspond en aucun cas à la période "régence" pourtant estampillée "Jane Austen".
Après moults brainstorming afin de résoudre l'épineuse question "mais où sont donc passées les tailles empire? " est apparue la solution : Orgueil et Préjugés 2005 se place non pas à l'époque de parution du roman (1812) mais à l'époque de la rédaction de celui ci (1795), ce qui explique les problèmes de repères temporels cités plus haut.
Ouf, çà y est, on peut enfin avancer.
Orgueil et Préjugés est un pavé que l'on peut qualifier de conséquent (encore qu'il ne soit rien en comparaison d' Emma). Il est donc délicat d'en retranscrire toutes les subtilités, en particulier les caractères évolutifs des personnages, contraints à la caricature ou à l'aimable raccourci. Ainsi Elizabeth est nettement plus romantique dans cette version que dans l'ancienne et que dans le livre en général. Quand à Mrs Bennett, elle bénéficie de toute l'indulgence d'un scénariste qui l'a visiblement prise en affection.
L'histoire a une nette tendance à galoper, empruntant des raccourcis pas toujours heureux (le "coup de la panne" dans le Derbyshire) empêchant un peu l'empathie entre spectateur et personnages.
Etrangement, on se trouve plus émus de voir Jane recevoir sa demande en mariage que d'assister au dénouement entre Lizzie et Darcy.
Darcy, justement, parlons en... Jane Austen ne le savait pas, mais elle a écrit se personnage en pensant à Colin Firth. Parfait interprète dans la version de la BBC, il aurait, et ce n'est rien de le dire, marqué le rôle de son empreinte, tant et si bien que le malheureux Matthew Mac Fadyen ne convinc pas un quart de seconde dans le rôle magnifique du gentleman le plus insupportable de toute Grande Bretagne.
Quand à Kiera Knightley dans le rôle d'Elizabeth, elle aussi peine à arriver à la cheville de Jennifer Ehle qui composait un charmant personnage plein d'intelligence et d'humour dans la version BBC. Ici, miss Collagène nous ressort ses moues et mordillages de lèvres à l'envie, fait le coup des gros yeux à Darcy à tout bout de champ (je n'ai pas parlé des yeux de mérou de Matthew Mac Fadyen, qui nuisent terriblement à la crédibilité de son personnage)... Bref, une nomination aux oscars tout ce qu'il y a d'usurpée ne tenant que sur le postultat "Hep, je joue Lizzie Bennett !"
Restent malgré tout les immenses qualités intrinsèques à l'oeuvre de Jane Austen mais aussi la belle qualité d'image de Joe Wright offrant de magnifiques séquences telles les vues sur Netherfield ou Pemberley (tourné sur les lieux qui inspirèrent Jane Austen à son époque), les intérieurs de Rosings Park où règne une lady Catherine incarnée par Judy Dench tout à fait réjouissante et autres teintes ocres de la demeure des Bennett.
On regrettera un Mr. Collins un peu en dessous de ce que l'on en attendait, une Caroline Bingley trop peu présente, et un appauvrissement de la famille de l'héroïne trop drastique pour être honnête.
Mais peut on reprocher sa vision féérique de l'histoire à un réalisateur qui filme aussi bien la campagne anglaise ? 9月17日 Oyez, oyez !Voici que vient lundi l'évènement de la rentrée, la plus grosse attente jamais générée par une fiction, le retour de votre héros favori, dans de nouvelles aventures au dela de votre imagination.
Oui, lundi revient Kaamelott (ben quoi, vous vous attendiez à quoi ????) avec son livre IV.
Souvenez vous qu'à la fin du livre III Guenièvre, à laquelle Lancelot avait avoué son amour par l'entremise de Bohort, avait surpris Arthur dans les bras de Mevanwi, l'épouse de Karadoc, chevalier de la Table Ronde. Blessée dans son orgueil, elle part rejoindre Lancelot dans la forêt où il vit désormais, depuis qu'il a quitté la cour de Kaamelott suite à de graves problèmes relationels avec le roi, en partie générés par sa passion secrète pour la reine, mais aussi parce qu'il considère Arthur et ses chevaliers comme indignes de la quête du Graal (pas celui du blog, l'autre). Ajoutez à cela que Arthur a surpris l'aveu de Lancelot à la reine par Bohort interposé et que dans une discussion avec la dame du lac à ce sujet, il a appris que son épouse n'était pas non plus indifférente au chevalier solitaire qui n'est le cousin de personne...
Arthur va t'il devoir tuer son ami Karadoc comme la tradition l'exige afin de pouvoir officialiser sa relation avec Mevanwi ? Comment va réagir Karadoc en apprenant la vérité ? Perceval va t'il nous faire découvrir un nouveau jeu gallois ? Lancelot lèvera t'il une armée sépératiste ? L'empire breton vacillera t'il sur ses bases ? Bohort apprendra t'il enfin à se battre ? Le mâitre d'arme mange t'il des graines ? Noblesse bien remisée attendra t'elle l'hiver à sa porte ?
Vous le saurez lundi à 20h40, sur M6...
9月14日 "Le Maître d'Armes".Il était une fois, dans l'Empire du Milieu, un maître de wushu nommé Yuanjia qui avait du mal à passer les portes et à enfiler ses sandales.
Oui, Yuanjia a le melon et un très sérieux complexe de supériorité. Croyant que son rival, maître Chin, a tabassé froidement l'un de ses élèves, Yuanjia pique une crise de nerf et tue son concurrent en combat singulier. Du coup, le revanchard fils de celui ci massacre sa mère et sa fille (à Yuanjia, vous suivez toujours?). Notre maître d'arme le tue (encore oui...) avant de partir se balader en montagne où il est bientôt recueilli par de gentils villageois. Tout en s'aérer les globules en altitude, Yuanjia devient un boddhisatva de la compassion, plante du riz, s'aere les dessous de bras et drague une aveugle.
Redescendant dans de sa montagne sans cheval (tous en choeur), il découvre, effaré, une Chine envahie par l'Occident. Plein de bonnes intentions et de compassion, il accepte de faire un combat contre une montagne de muscles américaine avant de défier dans une arène quatre champions de quatre nations différentes dans un affrontement de légende.
Dans la jungle terrible jungle des acteurs combattants, Jet Li est toujours le meilleur. Elegant, fin, racé, l'oeil vif et le museau brillant, il virevolte dans les décors, tabasse avec classe, joue avec la subtilité du bufle... Mais il ne suffit pas ) maintenir le spectateur éveillé.
Avec une histoire plate et sans grand intérêt, "Le Maître d'Armes" ne secoue en fait que la fibre patriotique chinoise en martelant un message clairement orienté vers la glorification du peuple chinois, à la gloire du Parti. On l'aura compris, la Chine d'avant l'irruption de l'Occident est un paradis changé en enfer lorsque Yuanjia rentre dans sa ville pour y découvrir des hordes de mendiants, des prostituées plein les rues et des Chinois occidentalisés traîtres à leur patrie...Brrrrr...
On échappe du justesse à la caricature du méchant japonais, sauvé par son sens de l'honneur chevillé au corps et parce que, à la différence de son compatriote et mécène, il n'est pas perverti par l'Occident...
Au bout de deux heures de ce rythme, on souffre. Parce que l'on peine à comprendre le message que tente de véhiculer le film, mis à part celui cité plus haut. Voyez plutôt : au début, Yuanjia moulé dans le ressentiment et la fierté, tabasse à tour de bras pour l'honneur de sa famille et de son nom. A la fin, pétri de compassion et de gentillesse, il tabasse à tour de bras pour l'honneur de sa patrie... Ouais...
Pas grand chose à signaler donc dans ce film certes beau visuellement mais pas à la cheville d'un Hero ou d'une Maison des Poignards Volants, sans doute parce qu' écrasé par un message propagandiste trop évident et trop présent, et parce que le scénario ne décolle pas aussi haut que les coups de pieds de Jet Li (quelle souplesse !).
Resteront pour les amatteurs les combats pas désagréables à regarder mais trop abondants et trop longs dans la première partie. 9月13日 Mon cadeau de moi...Il a beau ne pondre que des ressucées d'ouvrages existents, Christopher Paolini goute à 23 ans seulement le bonheur (ou la grande angoisse) d'être adapté.
Si les premières images d'Eragon tardent un peu à arriver, la faute à cette gourde de Saphira un peu longue à pixeliser, les teasers en tout poils, simples compilations d'images chipées ici où là sont légions, mais surtout non officiels. Rassurez vous, les fans (car oui, je n'aime pas Eragon, mais je pense à vous quand même), la première bande annonce devrait débarquer vendredi aux USA (jour des sorties ciné là bas), avec votre dragonne préférée dessus (bon, pour tout vous dire, je l'ai déjà vu, la bande annonce en question. Saphira est bien comme il faut, mais c'est toujours une gourde, je maintiens...Arrive pas à la cheville de Ramoth...).
Pour vous faire patienter, voici, une bande annonce que je trouve très fidèle à l'esprit du roman et qui vous laissera apprécier les qualités interprétatives des acteurs, la beauté des effets spéciaux, et la majesté des dragons
Ah, l'aventure...
Après cette bonne tranche de rire, j'ai bien besoin d'un peu de Mac Caffrey. Ah, au fait, tant que j'y suis, dès que j'aurai fini Le Dragon Blanc, je songerai sérieusement à vous faire une critique de la Ballade de Pern (oui, je sais, je n'ai pas encore lu tous le tomes, mais je n'ai pas encore réussi à mettre la main dessus...Et alors ? C'est un crime ? )
PS : retenez, à la fin de la BA, la technique de drague absolue...Balancer "I ride dragons", çà fait toujours sensation... mdr..........
9月11日 Double anniversaire !Et oui les amis, déjà un an...
Une année complète à vous saouler de mes critiques que vous êtes bien aimables de lire jusqu'au bout quand bien même elles sont souvent très longues, une année à me lire déblatérer des insanités sur films, livres, séries, et autres choses...
Vous en avez du mérite.
Ah ! Que n'avons nous pas fais ensemble ? Nous avons (enfin, j'ai...Un peu toute seule sur ce coup là...) dénoncé la machination jacksonnienne qui n'a de Seigneur des Anneaux que le nom, nous avons (enfin, j'ai...Encore toute seule...)défendu Alexandre d'Oliver Stone jusqu'à la mort, cassé du sucre sur le dos d'Orlando Bloom, étudié la fréquence des injections de collagène dans les lèvres de Kiera Knightley de film en film, porté au nues Terrence Malick (oui, promis, la rétro c'est pour bientôt...Laissez moi le temps de finir mon boulot tout de même !), répandu sur la toile la bonne parole de Glen Cook et de sa fabuleuse, sublime, grandiose, inégalable Compagnie Noire, écouté de la musique de film, tenté de faire fonctionner le lecteur Windows Media....
Oui, çà en fait des choses, mais ne croyez pas que je vais porter seule la responsabilité de tout ce bazar... Nan, çà serait trop facile...
Alors merci à (dans le désordre), Coco l'Asticot qui lit beaucoup mais n'écrit jamais (à bon entendeur...), la Tsarévitch qui lorsqu'elle n'est pas à courrir par monts et par vaux vient faire un coucou et tient qui plus est un blog très sympa, à Graal, mon contradicteur préféré (parce que unique, vive son esprit critique), avec qui j'ai réussi à tomber d'accord une fois en un an grâce à Pirates des Caraïbes 2, à Mallou, ma désormais collègue sur les bancs de la fac, lectrice régulière quand elle n'est pas en rade de MSN et posteuse occasionnelle qui m'a fait découvrir Ewilan, à Sophie, exilée à Bordeaux qui fait toujours un tour par ici pendant ses vacances, complice des pires délires et fraichement convertie, grâce à Ralf Bakshi, à la dénonciation de l'escroquerie jacksonnienne.
Merci donc à vous, qui passez et postez, ou qui passez et ne postez pas (et çà, c'est très, très mal...). N'hésitez pas à me faire part de vos suggestions, à écrire vos propres critiques sur les livres que vous avez lu, les films que vous avez vu, afin de les faire découvrir aux autres.
Pour clore ce billet d'anniversaire quelques annonces sur les nouveautés :
-la rétro Terrence Malick : promis, d'ici le mois de novembre, vous y aurez droit. Au programme, une critique de chacun des films (sauf Le Nouveau Monde, déjà critiqué au mois de février), une bio de réalisateur, et une analyse de sa filmographie.
-Pourquoi la reine des folles s'acharne t'elle contre le Seigneur des Anneaux de Peter Jackson ? Trois ans étant passés comme autant de flèches d'elfes à travers des têtes d'orcs, je ne tenterai pas une "diversion?!?!?!?!?!", aussi vais je essayer de vous expliquer les raisons de ma colère. Je connais un kiwi qui va en perdre son short...
-le retour des Entonnoirs : oui, malgré leur succès mitigé de l'année dernière, ils seront de retour entre janvier et février 2007, avec en prime une nouvelle catégorie consacrée à vos coups de coeur de l'année qui n'auront pas eu le bonheur d'être nominés.
-critiques DVD : oui, les coffrets s'accumulent sur mon étagère, mais jamais un mot ici sur eux. Alors de temps à autres, sans doute une petite critique DVD.
Voilà donc les nouvelles du jour de ce double anniversaire (le mauvais esprit qui me parle de triple anniversaire est prié de prendre la porte illico), celui de ce blog donc, et de ma pomme aussi (ce paragraphe est bourré de messages subliminaux...). Je renouvelle mes remerciements à vous tous et vous dit à bientôt pour de nouvelles aventures ! 9月8日 Fair Play.Le monde de l'entreprise est décidement impitoyable. Si le cinéma s'intéresse souvent au sort des ouvriers, il délaisse dans les grandes largeurs le destin des autres, les cadres, qui s'il n'est pas de bon ton de les plaindre, souffrent eux aussi tout de même à leur façon.
La preuve encore une fois avec "Fair Play", petit film sans prétention ni envergure, échouant souvent à sonner juste, la faute à des personnages caricaturaux, mais qui parvient tout de même à brosser un portrait au vitriol des rapports entre cadres, entre ambitions, harcèlements et coups bas.
"Fair Play" choisit un angle plutôt intéressant, celui de décortiquer les bases manoeuvres et les caractères à travers la pratique du sport. Construit comme une suite de sketches, le film en devient inégal et parfois longuet. Si la sadique et virtuose partie de squatch est sans aucun doute le moment fort du film, les autres séquences, comme la partie de golf ou encore le canyonning se révèlent pleines de bonnes intentions mais au final bancal, la faute à des dialogues trop longs et des personnages outrés.
Cette caricature de l'entreprise vaut surtout par les acteurs, malheureusement aussi inégaux que le scénario. Jérémy Rénier est tour à tour convaincant, et peu convaincu, Marion Cotillard est comme toujours mauvaise (mais çà devient une habitude), Benoit Magimel souffre du pire look de sa vie mais s'en sort plutôt bien, Eric Savin est machiavélique à souhait, quant à Mélanie Doutey, elle assure le service minimum. Reste néanmoins une équipe dynamique qui sait se rendre sympathique, à défaut de scénario inspiré. 9月2日 Nausicaa de la Vallée du Vent.Quelques années après un film de commande qui le fit connaître du grand public (japonais) Hayao Miyazaki réalisait son premier long métrage personnel, "Nausicaa de la Vallée du Vent". Inutile de dire que celui ci est un pur produit de son auteur, exploitant déjà les thèmes qui lui sont et lui seront encore plus tard si chers. Troublant par contre de constater à quel point "Nausicaa" est le prototype de "Princesse Mononoke", chef d'oeuvre absolu de Miyazaki, mais porte aussi les thèmes du "Chateau dans le ciel" ou encore les prémices d'un "Porco Rosso".
Nausicaa est la princesse de la vallée du vent, enclave où survivent des humains à l'abri de la Fukaï, forêt toxique apparut sur Terre mille ans plus tôt à la suite d'une apocalypse. Profondément pacifiste et persuadée que la clé de la survie est dans l'équilibre des forces de la nature, Nausicaa s'oppose aux dangereux Tolmèques, tenants de l'anéantissement de la Fukaï par le feu.
Le graphisme a beau avoir un peu vieilli, "Nausicaa" garde tout de même sa beauté, sa richesse visuelle, des luxuriances, de la Fukaï aux troupeaux d'Ohmus, les insectes géants gardiens de la forêt, en passant par les vols en planeur de l'héroïne.
L'histoire, elle n'a pas prit une ride, les considérations écologiques la traversant étant plus que jamais d'actualité.
Le message est porté à bout de bras par le personnage principal, Nausicaa, sauveur de l'humanité, blanche colombe pacifiste prête à tout pour préserver la concorde, y compris à sacrifier sa vie. Elle trouve son double négatif dans la princesse Kushana, brisée par ses combats incessants contre la nature ou les autres humains, véritable machine de guerre qui ne peut vivre sans son armure.
On retrouve dans cette confrontation féminine beaucoup de duo San/Eboshi de "Princesse Mononoke", à la différence que San est un personnage sans doute moins monolythique, en tout cas moins parfait que Nausicaa, dont la dimension christique apparait dans le final. Du parallèle entre Kushana et Eboshi, on retiendra la mutilation similaire et l'usage d'armes destructrices qu'elles utilisent croyant oeuvrer pour le bien de l'humanité. Encore une fois, les deux protagonistes sont persuadées du bien fondé de leurs opinion, "Nausicaa" se différenciant en affirmant que l'héroïne est celle qui détient la bonne solution, notion beaucoup moins claire dans "Mononoke".
S'il reste un ton nettement en dessous du splendide "Princesse Mononoke", "Nausicaa" est une indéniable réussite, complexe, riche, puissante contenant en germe toutes les perles que dévoilera Miyazaki au fil de sa carrière. C'est précisement ce qui la rend fascinante. 9月1日 Forgotten Silver.Heureusement que Peter Jackson existe.
Oui, ami internaute, tu lis bien. Moi, la reine des folles, grande pourfendeuse de néo-zélandais en short, je remercie le ciel d'avoir un jour créé Peter Jackson.
Car sans lui, qui connaîtrait Colin Mac Kenzie, qui inventa tout ou presque au cinéma ?
Né en Nouvelle Zélande d'un éleveur de moutons (comme c'est original), le petit Colin devient très vite un bricoleur de génie qui réalisera sa première camera à l'âge de 12 ans, la greffant à une bicyclette afin de lui donner l'énergie pour fonctionner. Un coup d'essai qui ne sera que le premier d'une longue série.
Formidable touche à tout, il est le premier à synchroniser le son et l'image, puis le premier inventeur de la pellicule couleur, deux innovations condamnées à demeurer dans l'ombre, la première parce que le premier film parlant de l'histoire fut tourné en chinois non sous titré, ce qui saoula très vite l'anglophone public néo-zélandais, la seconde parce que seules les graines d'une fleur ne poussant qu'à Tahiti permettaient de fixer les pigments sur la pellicule et que les coûts de productions étaient trop élevés.
Malgré ces échecs relatifs, Mac Kenzie ne cesse de tourner, immortalisant le premier vol en avion (images d'archive exceptionnelles prouvant que la Nouvelle Zélande fut également précurseur en matière d'aviation), puis entamant son pharaonique projet d'adaptation de "Salomé", fresque biblique démentielle. Batissant des décors giganstesques en pleine jungle, Mac Kenzie entame puis abandonne de nombreuses fois un tournage mouvementé et perturbé par les différents retraits des producteurs.
Après le décès de son épouse et muse Mabel sur le tournage de "Salomé" dont elle était l'héroïne, Mac Kenzie part pour l'Espagne où il devient reporter pendant la guerre civile. L'ironie du sort voudra que portant secours à un camarade blessé, il posera sa caméra au sol, permettant à celle ci de capturer ses derniers instants, lorsque un tir de mitrailleuse le fauchera brutalement.
Le génie meurt inconnu, ses rouleaux de pellicules rassemblés par sa seconde épouse et stockés dans une caisse où ils attendront qu'un jeune voisin, Peter Jackson, vienne les exhumer et révéler au monde entier qui fut Colin Mac Kenzie.
Formidable ? Fantastique ? Incroyable ? Révolutionnaire ? Mais surtout archi faux. Rien n'est vrai dans Forgotten Silver, du nom de Colin Mac Kenzie aux prises de vue de "Salomé".
Tout sort de l'esprit agité et diablement imaginatif de Peter Jackson. Le récit, habilement construit, ne laisse pas grand place au doute, tant les images "d'époque" sonnent vrai, tant les évènement semblent probables, même lorsque l'histoire paraît incroyable.
Ce vrai faux documentaire est à lui seul un exploit technique, justifiant donc mes applaudissements nourris de début de billet.
Avec un peu de recul, "Forgotten Silver" prend même une saveur particulière. Comme tout artiste qui se respecte, Peter Jackson a sa part d'ego et se projette sans doute un peu dans le personnage de Colin Mac Kenzie, qui avait sa "Salomé", réalisait le plus grand film jamais tourné en Nouvelle Zélande, projet titanesque de longue haleine ayant mobilisé une armada de personnes pour sa réalisation. Difficile de ne pas faire le parallèle avec le tournage du "Seigneur des Anneaux" que Peter Jackson débutera 3 ans après son documentaire.
Si il a depuis prouvé qu'il n'avait aucun génie, Peter Jackson démontre dans ce film drôle, inventif, audacieux et sympathique, à la fois tout son talent et son amour du septième art, que l'on ne saurait contester.
"Forgotten Silver" fait regretter les sentiers rutilants et prétentieux dans lesquels le réalisateur s'est engagé, délaissant ainsi ce qui faisait sa force, à savoir son petit côté potache et son goût pour le bricolage, abandonnés au profit des grosses batteries digitales dont il use et abuse à l'envie.
Peter Jacskon est un sale gosse amusant et turbulent à qui un inconscient a donné les clés du magasin du jouet. Il était tellement plus mignon quand il s'amusait avec des osselets...
note : *** "Des serpents dans l'avion".Autant que je vous prévienne, tout est dans le titre... Oui, des petits malins ont réussi à vendre ce concept improbable sans doute pondu lors d'une soirée bien arrosée à Hollywood, à la suite d'un pari débile. Félicitons tout de suite l'heureux gagnant.
Mais avant de commencer les réjouissances, résumons un peu l'histoire, car histoire il y a (bien obligé, j'expliquera çà plus tard) : Scott, un surfer coooooool, est témoin du meurtre d'un procureur par un parrain de la mafia d'Honolulu (oui oui). Sous l'aile de l'agent Flynn (Samuel Jackson, très cooooool), Scott est escorté en avion jusqu'à Los Angeles pour témoigner contre le dit parrain. Celui ci, plutôt que d'engager des tueurs à gages pour lui coller une balle dans la tête, décide de farcir son avion de centaines de serpents en tout genre...
Oui, rien ne tient debout dans cette histoire, et encore, je vous épargne le détail de la montagne d'incohérences et d'évènements improbables qui aboutissent aux fameux reptiles dans l'aéroplane...Mais le pire reste à venir, puisque le postulat de départ étant tout de même délicat à gérer, le scénario se voit forcé d'accumuler les invraisemblances.
Cela dit, on sent aussi très vite que ce film n'est rien d'autre qu'une bonne grosse potacherie où tout le monde finalement s'amuse, des acteurs (surtout Samuel Jackson, parce qu'il est le seul à savoir que "Des serpents dans l'avion" sur son C.V. çà ne fera pas trop tâche), aux scénaristes et réalisateurs qui ont du se payer de bonnes tranches de rigolades à imaginer toutes ces façons de mourir dans un avion rempli de serpents (quand je vous disais que l'idée de départ était improbable...).
La galerie des personnages, certes un peu convenue mais plutôt bien exploitée vient souvent au secours d'un film qui sans elle se réduirait à la portion congrue...
D'ailleurs, ce n'est pas un hasard si à la fin du film, l'agent Flynn remercie Scott car sans lui "rien n'aurait été possible" (alors que en vrai, pendant le vol, Scott n'en fiche pas une rame...). Tu m'étonnes, sans l'intrigue foireuse du départ, il n'y aurait jamais eu de "Serpents dans l'avion".
Une honnête série B, donc, qui ne peut se prendre qu'au second degré dont elle est imbibée et que l'on ne fera que louer en DVD (çà fait un peu cher pour la séance de ciné, quand même).
Ah si, on croise aussi Julianna Margulies, l'infirmière Hattaway de Urgences, ici en hotesse de l'air. La pauvre a au moins perdu 10 kilos et son visage est figé par le botox...C'est dur de vieillir... |
|
|